DERNIERES CHRONIQUES

         


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28 août 2015

Derniers baisers

Mes chers Bookineurs et Bookineuses,

il y a bientôt trois ans, un soir de Septembre, j'ai décidé d'ouvrir un blog. Les chroniques se sont succédées, courtes, malhabiles, débutantes. Mes mots se sont affirmés progressivement, mais il s'agissait toujours d'apprendre. Apprendre de bloggeurs confirmés qui m'ont accueillie avec bienveillance parmi eux. Apprendre des maisons d'éditions les mots "ponctualité", "professionnalisme", "confiance". Apprendre des multiples tutoriels la manipulation des codes HTML et CSS, un peu de Java pour rire et les bases de l'assemblage photographique. Apprendre des auteurs qui ont confié leurs mots, partagé leurs pensées et offert leurs écrits. Apprendre, encore et surtout, de vous. Vos mots. Vos sourires. Vos personnalités, toutes si précieuses. Laissez-moi vous dire que vous êtes merveilleux. 

Aujourd'hui, Coffee & Books publie son dernier article. Cela fait depuis Novembre dernier, un an presque ! Que je n'avais pas écrit. J'ai modéré, toujours avec plaisir, sans grande régularité tout de même. Ai répondu aux mails, le plus possible. Chacun de vos écrits aura sa réponse, je m'y engage. Pardon simplement pour le retard. 

Pourquoi laisser s'éteindre le blog ? Par manque de temps, et surtout d'envie. Tant de choses se sont passées en un an, et le blog, bien que toujours présent et source de joie, n'a plus fait partie de mes priorités. Bien sûr, j'avais toujours une pensée pour lui, et d'autres, plus nombreuses, pour vous. Mais après moult tergiversations, des heures de réflexions et tant d'essais avortés de chroniques, de tentatives de retour... J'ai décidé de prendre la plume une dernière fois ici, officiellement, pour vous prévenir et vous remercier. Surtout vous remercier.

Je vous offre des mots en vrac, des éclats de pensées, des sourires et tant d'amour. Merci. Merci mille fois pour votre accueil, votre chaleur, votre soutien, vos messages, vos encouragements, votre patience, votre confiance. Merci à vous, lecteurs chéris. Merci aux partenaires, les grands frères et soeurs, les plus jeunes aussi, qui m'ont pris par la main, m'ont appris tant et m'ont emmenée sur les chemins de la blogosphère, avec bienveillance. Merci aux maisons d'édition qui m'ont honorée de leur confiance. Merci pour les colis surprises dans leur emballage de carton brun, les nouveautés et les si belles découvertes. Merci pour les invitations toujours variées, pour les fidèles envois de catalogues. Vous faites un travail merveilleux et la presse jeunesse vous doit autant qu'aux auteurs. 

Le blog est-il complètement fini ? Coffee and Books sous sa forme actuelle l'est. J'ai changé le design une dernière fois, dans une nouvelle tentative de mise à jour. Mais voilà. Je n'ai pas perdu ce plaisir d'écrire, bien au contraire. Et, si chers lecteurs... vous allez me manquer. C'est pourquoi je décide de ne pas supprimer totalement le blog d'Internet. Coffee & Books restera en ligne. Les commentaires... J'avoue beaucoup hésiter. Mais je pense qu'il ne sera plus possible d'en publier. Toutefois, ma boîte mail reste grande ouverte et je continuerai de répondre à vos mails du mieux que je peux, et à vous conseiller si vous le souhaitez. Mes messages ne seront pas aussi longs que certaines chroniques, ni aussi fréquents qu'elles ont pu l'être, mais j'ouvrirai fidèlement ma boîte aux lettres le Samedi pour vous répondre. Vous méritez au moins cela. 

Mais j'élude un peu la question. Je ne poserai pas ma plume. Simplement, je ne sais pas sous quelle forme elle sera reprise. Griffonnages, esquisses, chansons. Sites, galeries photos, blogs. Cuisine, musique, écrits... Je signerai Safran. Oh, il y en a sûrement d'autres ! Mais si un jour vous tombez sur un site dont vous trouvez qu'il vous rappelle quelqu'un, et si l'article est signé ainsi, peut-être qu'il sera de moi. Et pour ceux qui le désirent, je vous tiendrai au courant, par mail, à l'occasion, de l'avancée ou de la naissance d'un projet. 

Je suppose que vous avez de légitimes questions. Il sera possible de commenter jusqu'au premier Septembre, mais après cette date je ne répondrai plus qu'aux mails. Posez autant que vous voulez, sans oublier les règles du blog, qui riment avec "prudence" et "respect". Et je vous répondrai.

C'est dur d'écrire ces derniers mots. Mais je veux que cet article se termine sur un éclat de joie. 
Soyez heureux, lecteurs chéris. Rendez les autres heureux aussi. Faites un tour sur le site Humans of New York. Lisez Le Petit Prince de Saint-Ex. N'ayez pas peur de vous émerveiller. Ne cherchez pas à être parfaits, cherchez à rester vous-même. Et gardez en tête qu'à chaque instant, chaque, instant. Que vous soyez tristes, fatigués, heureux, euphoriques, incertains, dans l'expectative ou face à un choix... Vous êtes une merveille. Toi qui lit ces mots, tu es une merveille. Une merveille. Il n'existe qu'un seul toi, un seul, et Dieu sait qu'il est précieux, unique, indispensable. Je n'ai pas l'habitude de dévoiler ma vie privée, mais pour un dernier article, je vous offre cette confidence : je crois en Dieu. Et je prierai pour vous, si vous le voulez. 
Merci de tout mon coeur pour ces deux ans, onze mois et vingt-huit jours.

Votre Safran,
Camille Durance


"Il est grand tant de rallumer les étoiles." Guillaume Apollinaire

20 février 2014

Le miroir brisé - "Un éclair de lumière jaillit en haut du tas d'immondices..."

Claire, une jeune fille solitaire et souvent livrée à elle-même, se glisse un jour dans une décharge laissées à l'abandon au fond de son jardin. Soudain, au milieu de toutes sortes de vieux objets hétéroclites, un vif éclat de lumière l'éblouit. Il provient d'un miroir brisé en forme d'étoile irrégulière. Le miroir est magique et le monde qu'il reflète tellement plus beau que celui dans lequel elle vit. Et si les rêves avaient le pouvoir de changer le monde ?


Merci aux éditions Gallimard Jeunesse pour cette découverte, malgré une lecture assez décevante.

A huit ans, Claire découvre un fragment de miroir sur une pile de déchets près de chez elle. L’enfant se rend vite compte que le miroir reflète une réalité onirique bien différente de ce qu’elle connaît: la grisaille du ciel se teinte de bleu vif, sa maison banale se transforme en château biscornu orné de coquillages, son tigre en peluche devient un fauve ronronnant, des dragons colorés se cachent derrière les cheminées des immeubles et son quotidien morose est complètement transformé. 
Les années passent et les images émanant du miroir changent, très lentement, presqu’imperceptibles. Pour Claire, c’est le temps de l’adolescence, des désillusions et des injustices. Et le lecteur se rend compte que ce fragment de verre reflète un monde rêvé par la jeune Claire : celle-ci pose désormais un regard nostalgique sur son miroir –son enfance, ou son imaginaire– et commence à grandir avec difficulté. Elle se heurte à beaucoup d’écueils, fait des rencontres et vit des séparations, découvre progressivement un monde parfois froid et injuste, tandis que de l’autre côté du miroir, les choses sont plus heureuses. Mais les regarder ne la satisfait pas vraiment, puisque ces belles visions sont des aperçus inaccessibles, et bien frustrantes. Et plus elle grandit, plus les reflets deviennent fugitifs. 

Je n'ai pas tellement apprécié le livre, qui me paraissait pourtant intéressant. On fait la connaissance de Claire, une jeune fille effacée et mal dans sa peau, qui a du mal à grandir et à trouver une place. C'est un personnage auquel je ne me suis pas attachée : même si Jonathan Coe se glisse avec réalisme dans la tête de la jeune fille - avec toutes les pensées qu'elle a aux différentes périodes de sa vie - j'ai trouvé la narration impersonnelle, presque froide. Pourtant, les descriptions du monde fantastique projeté par le miroir était superbes, pleines de couleurs et de sensations, et respectait une sorte d'harmonie dans les sons et la longueur des phrases. Ces passages sont vraiment agréables à lire, et le vocabulaire riche de l'auteur est un vrai bonheur pour le lecteur.

Ce monde chamarré et merveilleux nous est aussi représenté sous la forme de montages photo qui émaillent les pages : l'art est quelque chose de subjectif mais je dois dire que je n'ai pas aimé ces illustrations, assez particulières et trop chargées à mon goût. L'illustratrice mélange peinture, collage et photo dans ses images et le résultat m'a paru vraiment étonnant. Cette image en-dessous est un exemple de son travail, qui n'appartient pas au livre. 


Enfin, j'ai eu l'impression tout au long du livre de lire des ébauches d'histoire, comme si l'auteur ne terminait pas ces idées qu'il lance. C'est assez déroutant, et j'ai terminé cette lecture presque par principe. La scène finale a conforté mes doutes, et j'ai été très déçue par la façon brusque dont on quitte le livre. 

Il est très possible que je n'ai pas compris le message du "Miroir Brisé", d'autant que Jonathan Coe qualifie son livre de "politique (... sous) la forme d'un conte de fées. Il est intéressant mais ne m'a vraiment pas convaincue.

                                                       

Ce livre est paru sous le titre "Lo specchio dei desideri" ("Le miroir des désirs") en Septembre 2012 aux éditions Giangiacomo Feltrinelli Editore à Milan en Italie. Il a été écrit par Jonathan Coe et été illustré par Chiara Coccorese. 
Il a été traduit par Josée Kamoun et publié en France aux éditions Gallimard Jeunesse le 13 Février 2014. Il compte 112 pages et coûte 12, 50 euros.


Jonathan Coe est né en 1961 a Birmingham. Après des études à Trinity College (Cambridge) et un doctorat à l'université de Warwick, il devient professeur de littérature. Son roman Testament à l'anglaise le propulse sur la scène internationale. En 1998, Jonathan Coe reçoit le prix Médicis étranger pour La maison du sommeil. Le miroir brisé est son premier ouvrage pour la jeunesse. C'est, confesse-t-il, "l'un de mes livres les plus politiques même si je lui ai donné la forme d'un conte de fées."

2 janvier 2013

Dossier : quelle est la différence entre la fantasy, le merveilleux et le fantastique ?

Vous me connaissez, malgré le retard habituel de mes post, ils apparaissent toujours à un moment ou à un autre sur le blog :D.Voilà donc le dossier sur la différence entre trois genres littéraires que vous connaissez bien ! Je parle du...

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MERVEILLEUX
Des événements qui seraient impossibles dans notre monde se produisent dans un livre, sans qu'aucune explication ne soit donnée. Le merveilleux qui fait appel au surnaturel mais dans lequel, une fois acceptés les présupposés d'un monde magique, les choses se déroulent de manière presque normale et familière.  - exemple le plus courant : les contes.

FANTASTIQUE
Le fantastique est un registre littéraire que l'on peut décrire comme l’intrusion du surnaturel dans le cadre réaliste d’un récit. Il se distingue du merveilleux par une hésitation entre le surnaturel et le naturel, le possible ou l'impossible et parfois entre le logique et l'illogique. En effet le fantastique défie parfois la logique comme dans un rêve. Dans le fantastique au contraire, cette hésitation produit un récit étrange et inquiétant où les règles ne sont jamais posées une fois pour toutes, ce qui lui donne sa saveur onirique ou déroutante.
Des événements qui seraient impossibles dans notre monde se produisent dans un livre, mais le livre les reconnaît comme tels et tente donc de les expliquer au lecteur.
Il crée une illusion, un phénomène inexplicable dans le monde réel. Son univers est donc très vaste. C’est le genre de l’incertitude, de l’ambiguïté. Certains chercheurs font remonter son origine aux récits mythologiques. A la différence de la fantasy, ses récits relèvent plutôt du fantasme de ses personnages qui naviguent entre le doute et la folie - exemple : Le Horla de Maupassant.

FANTASY (de l’anglais fantasy)
Ce genre littéraire est au départ typiquement anglo-saxon et intraduisible en français (fantasy n'est pas une traduction de fantastique ! :) )
"La fantasy est une littérature fantastique incorporant dans son récit un élément d'irrationnel qui n’est pas traité seulement de manière horrifique, présente généralement un aspect mythique et est souvent incarné par l’irruption ou l’utilisation de la magie."(André-François Ruaud, Cartographie du merveilleux)
L'imagination est un genre littéraire présentant dans son récit un élément irrationnel qui montre généralement un aspect mythique et est souvent incarné par l’irruption ou l’utilisation de magie.
Le point commun des romans de fantasy est l'existence de mondes parallèles, avec leurs créatures imaginaires, leurs mythes, leurs épopées et leur magie. Il est donc plus spécifique que le genre du fantastique, qui se traduit par l'irruption du surnaturel dans un monde familier - exemple : Le Seigneur des Anneaux de J.R.R Tolkien (la chronique est ici)
Et je ne parle même pas des sous-genres de ces genres littéraires ! Il existe donc des nuances bien définies. Pour finir, sans que cet article se transforme en devoir de vacances (^^), je vous lance un défi : il faut classer ces oeuvres (connues) dans un de ces trois genres : fantastique, fantasy, merveilleux (il y a un piège :) )
- Le chat botté de Charles Perraut
- Percy Jackson de Rick Rioridan
- Harry Potter de J.K. Rowling
- Les chevaliers d'émeraude d'Anne Robillard
- Blanche-Neige des frères Grimm
- Les quêtes d'Ewilan de Pierre Bottero
- Terrienne de J-C Mourlevat

Bonne chance !