Plutôt que de consacrer d'infimes chroniques à des ouvrages séparés les uns des autres, j'ai décidé de proposer des compilations d'ouvrages lus par saisons. En ce mois d'automne, j'ai tenté de lire un peu chaque soir, pour ne pas perdre une habitude que la consommation excessive d'écrans aurait altérée. Cette discipline a été couronnée d'un succès relatif, qui n'a pas empêché la découverte de belles nouveautés et de quelques livres qui m'ont moins plu.
Aujourd'hui, je reprends le clavier avec une chronique au ton plus léger peut-être. J'aimerais vous parler de ma passion pour les ouvrages de l'écrivain suisse Joël Dicker, dont les romans se vendent comme des petits pains. Une passion que j'analyse aujourd'hui à l'aune d'une quasi décennie de lecture de ses ouvrages, et qui s'est ternie avec la lecture de son dernier opus, Un animal sauvage.
Les pays est un livre sur les passages. D'abord, le passage de l'enfance à l'âge adulte expérimenté par la protagoniste principale de l'ouvrage, Claire. Ensuite, le passage du monde rural de son enfance à un monde citadin au coeur de la capitale où elle étudie les lettres classiques. Enfin, le passage du temps et les bouleversements qui l'accompagnent, un fil directeur pour ce livre en trois parties qui m'a tant touchée et dont j'aimerais vous parler.
Je ne sais pas vraiment comment démarrer cette chronique. Je pourrais commencer par vous raconter que ma marraine m'a offert ce livre un jour et que je l'ai rangé dans ma bibliothèque en me promettant de le lire bientôt. Ou bien vous parler de petite Camille, qui voulait absolument grandir et qui a découvert en le faisant que la vie d'adulte était une chose impressionnante.
L'entrée en matière importe peu, finalement, car ce qui s'ensuit est plus beau encore. Ce livre, je ne l'ai ressorti de mes armoires qu'il y a une semaine, soit plusieurs années après l'avoir reçu. Et il m'a bouleversée et redonné vigueur, au point de dissoudre certaines craintes pourtant solidement ancrées en moi depuis l'adolescence. En parler fait donc sens, car j'aimerais partager avec vous ce petit shoot de courage et d'espoir nécessaire à l'entrée dans la vie adulte, et qui ne saurait être de trop en ces temps douloureux.
Faustine et Sasha ont dix-sept ans. Ils sont jumeaux. Et sans famille… ou presque. Inscrits dans un pensionnat d’élite en pleine montagne par leur tante marginale, ils découvrent un monde de sélection et de compétition, aux règles impitoyables. Charmant et sociable, Sasha devient vite populaire, tandis que Faustine reste à l’écart. Jusqu’à ce qu’elle ait une révélation inattendue, lors du choix d’une option sportive : le corps à corps avec la pierre et les rochers, l’escalade, c’est là qu’elle retrouve la sensation de vivre. Surtout lorsqu’elle est couvée par le regard violet d’Andrea Salvaggi, le mystérieux assistant du professeur. Leur lien est plus puissant qu’un simple coup de foudre, ils sont encordés… vers quel sommet ?
En me tendant un exemplaire du livre, l’adorable Lebonbonaucassis (des blog Jeblo et De la plume à lune) m’avait prévenue : « Ce bouquin a reçu des avis tranchés. Soit tu l’aimes, soit tu le détestes ! Avec lui, pas de demi-mesure. » Sans aller jusque là, je sors assez déçue de cette lecture dont j’attendais beaucoup.
Je vais commencer par vous donner un conseil : pour profiter de ce livre, surtout ne cherchez pas à connaître le mythe de Salmacis. Vraiment ! Férue de mythologie, je savais de quoi il s’agissait, ce qui a annihilé tout suspens… L’auteur mise beaucoup sur ce dernier et je suis donc passée à côté d’une grande partie du récit. Vous voilà prévenus !
Je ne sais trop par où commencer. Le style de l’auteur compte pour beaucoup lors d’une lecture, et Emmanuelle de Jesus a choisi pour les dialogues un registre oral qui ne s’embarrasse pas de convenances et qui correspond tout à fait aux âges et aux pensées des protagonistes. Sans faire de puritanisme, j’aurais préféré un langage un peu plus châtié lors des discussions entre les protagonistes : il n’y a évidemment pas d’injures ou de vulgarités (on est chez Hachette tout de même !) mais c’est tout de même familier sur les bords. Néanmoins, pour ce qui n'est pas du dialogue, l'aisance, la fluidité et les références culturelles de cette plume m’ont vraiment plu.
Parlons à présent de Faustine, héroïne de Salmacis, Faustine, la jumelle de Sasha, Faustine, ce mélange de confiance et de fragilité tellement adolescente... J’ai commencé le livre en me disant qu’elle serait falotte, je le termine en pensant qu’en fait elle a du caractère ! C’est un personnage profondément réel, dans laquelle je me suis retrouvée parfois, vraiment intéressante, mais… je ne m’y suis pas attachée tant que ça. Oui, c'est dommage. Et c’est un peu ce qui s’est passé tout au long du livre : c’était bien mais ça ne m’a pas plu tant que ça. Je ne m’attarderai pas trop sur les personnages, parce que pour être honnête je ne sais pas trop quoi dire, si ce n’est que Faustine se jette vite dans les bras d’Andrea (ou l’inverse ?). Et que, curieusement, ce sont les personnages secondaires les plus intéressants. La grande majorité des protagonistes est nuancée, humaine, et j’ai vraiment retrouvé cette complexité dans les figures du professeur d’escalade ou de la petite amie de Sasha par exemple.
Pour en revenir à Faustine, la jeune fille est assez subjuguée par le séduisant assistant du professeur pour s’inscrire au cours d’escalade, et c’est ma première déception : le sport est une activité noble puisqu’elle ne paye qu’après des efforts, des chutes et des découragements, et qu’il faut donc une forte dose d’abnégation et de persévérance pour continuer malgré les défaites. Je m’attendais à un parallèle entre l’amour de Faustine pour Andrea et l’escalade, avec des hésitations, de franches avancées, des chutes même, ça aurait été vraiment intéressant. Ou alors c’est moi qui pousse un peu trop loin ? Qui suis trop idéaliste dans ma vision du sport ? Quoi qu’il en soit, Faustine se découvre un talent pour la grimpette et voit à peine passer les difficultés. Bon. Après tout, cette jeune fille manque de confiance en elle et si ces succès lui permettent d’en gagner un peu, c’est cohérent avec le livre, mais j’aurais préféré voir de la progression plutôt que du « tout cuit ». Néanmoins, on assiste à l’ « éclosion » de cette jeune fille effacée qui va faire preuve d’un vrai caractère doublé d’une répartie parfois incisive, en se détachant de son frère jumeau Sasha. Ce changement progressif et très bien raconté est un point fort du roman, même si c’est triste quand on y pense… Malgré ça, cette gémellité fusionnelle voire toxique est vraiment intéressante car c’est assez peu traité dans la littérature jeunesse. On en vient à la carte « famille » : le couple des parents des jumeaux avait l’air incroyable, j’aurais aimé en savoir plus sur eux. L’auteur aborde tout de même ces sujets par le biais de la tante des jumeaux, et j’espère que les parents seront plus évoqués dans les tomes suivants.
Toujours dans la même veine, on en vient au secret d’Andrea (que je ne dévoilerai pas !). Je suis assez mitigée concernant sa famille : d’un côté elle est unique, intéressante mais chargée d’un lourd fardeau, et de l’autre elle m’a immédiatement rappelé les Cullen, ces vampires « végétariens » sortis de la saga Twilight. J’avoue avoir eu ma période, mais aujourd’hui ce livre ne me plaît plus, d’où cette déception modérée en les « retrouvant ».
Enfin, l’histoire en elle-même est très originale et c’est bien la première fois qu’elle se retrouve sur les rayons jeunesses. Le cadre du récit est lui aussi magnifique avec ce pensionnat au cœur des montagnes, les évènements sont bien amenés malgré certaines parties assez rapides, on retrouve diverses péripéties, les personnages sont variés et tout en nuances, et l’histoire d’amour juste assez impossible saura toucher les cœurs. En fait, ce livre a beaucoup de choses pour lui. Je m’en rend compte en relisant cette chronique : dans ce cas, d’où vient cette déception au sortir de ma lecture ? J’ai terminé ce bouquin en diagonale, déjà parce que nous n’avons le fin mot de l’histoire que dans les dernières pages et que je le connaissais en ouvrant le livre, mais aussi parce que je n’ai pas été si émue par la relation amoureuse entre Andrea et Faustine.
Pour conclure, je dirais que Salmacis a de très bonnes idées, pleines de potentiel, mais qu’elles n’ont pas assez été exploitées, et la romance est tendre mais prévisible. J’espère que les tomes suivants creuseront un peu plus et sauront me toucher !
J’espère n’avoir pas sapé votre désir immodéré de lire ce livre. Le dernier-né de la collection Black Moon a suscité des chroniques dithyrambiques et a conquis les cœurs de centaines de lecteurs, sans parler des éditeurs eux-même ! Ecrire un roman relève de la confiance entre l’auteur et le lecteur, et même s’il ne m’a pas plu au-delà de mes attentes, c'est du beau boulot et il ne me viendrait pas à l’esprit de critiquer le travail de l’auteur ! Félicitations à Emmanuelle de Jesus qui mérite vraiment sa place au sein de la collection Black Moon.
L’Élue est le premier tome de la saga Salmacis, écrite par Emmanuelle de Jesus, lauréate du tremplin Black Moon 2014, et parue dans la collection Black Moon aux éditions Hachette Jeunesse le 30 Avril 2014. Il fait 396 pages, coûte 16 € et peut être lu à partir de 13 ans selon Hachette.
«Ecrire sera comme un voyage, chaque mot sera un pas qui m’emmènera vers une terre inconnue », commence à écrire Mina dans son journal. Vivant seule avec sa mère depuis la mort de son père, Mina McKee, neuf ans, nous raconte son histoire. Mais comment pourrait-elle savoir où ses phrases vont la mener ? Perchée dans l’arbre où elle aime grimper, elle se pose beaucoup de questions. Trop, aux yeux des autres, qui la trouvent étrange et même un peu folle. De toute façon, Mina n’a pas besoin des autres. Elle préfère jouer avec les mots comme « archéoptéryx », ou « métempsycose ». Elle a aussi ses idées sur la vie, la mort, ce que l’on devrait apprendre à l’école… Mina osera-t-elle sortir de son monde ? Un jour, du haut de son arbre, elle voit arriver une famille…
Merci aux éditions Gallimard Jeunesse !
Certains bouquins sont de véritables bouffées d'air frais. C'est le cas de Je m'appelle Mina, le dernier livre de David Almond. Le qualifier de "jeunesse" me semble assez réducteur puisque ce bijou s'adresse aussi bien aux adultes qu'aux enfants. En l'ouvrant, on rencontre Mina, une petite fille perchée sur un arbre la plupart du temps, qui se demande ce qu'est le monde et quelle est sa place au sein de celui-ci. Isolée de ses camarades de classe, l'enfant préfère jouer avec les mots et se poser des questions qu'elle note sur un petit carnet. Au fil des pages on découvre celui des pensées de Mina, qui nous fait voir le monde avec les yeux d'un enfant. Et en ce moment c'est ce dont j'avais besoin - de la poésie, de l'émerveillement, de la simplicité. Pas de niaiserie, pas de fioritures, pas d'ordre non plus, on suit Mina dans les méandres de son esprit ; et elle se fait Ariane, nous guidant dans le labyrinthe complexe des questionnements enfantins qui ne se soucient pas des convenances.
Le ton est donné, il sera poétique.
Ce livre me paraissait frais et divertissant. Il s'est révélé bien plus que ça ! Et au milieu d'essais complexes et de thriller violents - je pense à Réseau(x) de Vincent Villeminot, le dernier livre lu avant celui d'Almond et dont je ne sais toujours pas dire si je l'ai aimé ou pas. Mon coeur balance plutôt du côté du "Mais qu'est-ce que c'est que c'est ovni dangereusement génial ?" - le point du vue d'un enfant permet de reprendre son souffle et d'avoir un regard neuf et pur. Pour cette chronique, je n'ai pas envie d'établir un plan de mes pensées, je préfère les laisser jaillir et à peine me relire afin de vous faire part de mon ressenti à brut. Néanmoins, on peut structurer cette avis en plusieurs parties.
Il y a les mots. Mina joue avec eux, savoure leur sonorité, leur sens et les utilise comme elle le veut. L'éditeur a rendu ce jeu plus frappant par une typographie particulière : certains mots sont immenses, d'autres écrits noirs sur blanc. Les mots tiennent une place importante dans ce bouquin dont ils forment l'essence : Mina les rend vivants, nous plonge en leur coeur et ce ne sont plus seulement des vecteurs d'émotions ou des tâches d'encre sur la fibre, non ces mots ont une âme. Ils sont la glaise que l'enfant modèle encore et encore et nous montrent la puissance et la diversité de la langue.
On en vient ensuite à la réflexion. C'est l'immense force des paroles d'enfants, pleines de profondeur et de philosophie. Y a t-il plus sage que l'enfant, qui veut découvrir le monde sans filtre, qui pose inlassablement des questions, qui palpe ce qui l'entoure pour mieux découvrir ? Mina s'interroge sur tout. Elle pose les questions qu'on oublie de poser et les questions qu'on ne se pose plus. Par ses interrogations, elle bouleverse nos pensées : sa voix est forte, percutante et pleine de sens, et cette réflexion va de pair avec la poésie inhérente au livre. Voir le monde avec les yeux de Mina implique de s'émerveiller de tout, de vivre plus intensément. Tout ce que dit Mina est plein de poésie, qu'elle parle de la nuit, d'un oiseau ou de la mort de quelqu'un. J'ai l'impression qu'elle voit plus grand, parce qu'elle regarde mieux et différemment, qu'elle ne s'arrête pas sur un a-priori et qu'elle cherche à comprendre le monde qui l'entoure. Mais attention, cette protagoniste n'est pas infaillible. Et le fait qu'un adulte puisse rendre de manière si réelle les pensées d'un enfant dénote une grande sagesse.
Bien sûr, et même si les pensées de Mina sont tout le livre, David Almond a posé un cadre et une trame, et esquissé d'autres personnages. On s'amuse de l'opposition tenace de l'enfant face à son odieuse institutrice qui veut la couler dans un moule. On est au coeur de la tendre complicité mère-fille et de la vie quotidienne de Mina, rendue unique, précieuse et extraordinaire par l'enfant. La vie est belle. Comprenons-nous vraiment ce que ces mots signifient ? Comprenons-nous que la vie c'est aussi l'écorce de l'arbre, les piaillements d'un merle et les spaghettis pomodoro ? Comprenons-nous que la poésie et la merveille se trouvent ici ? Mina saura nous le montrer.
Vous l'aurez compris, ce livre m'a subjuguée presque de bout en bout - oui, j'ai été un peu lassée à un moment. Mais ça n'a pas empêché le coup de coeur parce ce livre est unique. Mina va vous prendre par la main et vous montrer le monde, et croyez-moi, regardez attentivement. Prêtez l'oreille à ce qu'elle vous dit, parce que les enfants ont autant de choses à nous apprendre que les vieillards. Appliquez ses "Activités hors pistes" qui vont donner un nouveau souffle à votre plume et à votre esprit. Vous allez redevenir un enfant qui s'émerveille de tout, et Dieu que ça fait du bien ! Après coup j'ai compris à qui l'enfant me faisait penser : Mina ressemble au Petit Prince de Saint-Ex, ce bouleversant petit bonhomme qui vient nous ouvrir les yeux et nous faire réfléchir. Ce livre vaut le détour : empruntez son chemin, et tant que vous y êtes, « dansez sous un réverbère et étincelez comme l'étoile que vous êtes ». Ce sera votre première activité hors-piste !
Je m'appelle Mina est un livre écrit par David Almond et publié le 2 Septembre 2010 sous le titre original de My name is Mina aux éditions Hodder Children's Books. Il fait 320 pages en langue anglaise et 318 en langue française. Il a été traduit de l'anglais par Diane Ménard et est paru le 12 Janvier 2012 aux éditions Gallimard Jeunesse. Il coûte 14,50 euros en format broché et 7 euros dans la collection Folio Junior.
David Almond a grandi au sein d'une grande famille dans une bourgade escarpée au dessus de la rivière Tyne. Il a fait ses études dans les universités de l'East Anglia et du Newcastle en littératures anglaise et américaine.
Il a été enseignant, postier, portier, a vendu des brosses, a travaillé dans le bâtiment, a été pigiste à la BBC. Dans les années quatre-vingts, il a vécu un an dans une communauté d'artistes et d'écrivains, dans un manoir délabré du Norfolk. C'est là qu'il a rédigé ses premiers récits et qu'il a rencontré sa compagne.
De 1987 à 1993, il s'est occupé du magazine littéraire "Panurge" qui publiait de la fiction. Puis il s'est retiré pour se consacrer à ses propres travaux d'écriture.
Paru en 1998, "Skellig" a depuis été traduit en 15 langues et a obtenu plusieurs prix, Whitbread Children's Novel of the Year Award et Carnegie Medal. Skellig est adapté à la TV en 2009 par Annabel Jankel avec Tim Roth dans le rôle titre.
Depuis 2000, il vit avec sa compagne et leur petite fille, Freya Grace à Newcastle. Il dirige des ateliers d'écriture et il donne des conférences dans les écoles.
Voici l'histoire de Prenna James, une jeune fille de dix-sept ans qui a immigré à New York avec sa mère. Mais Prenna ne vient pas d'un autre pays. Elle vient d'une autre époque. Un futur où la vie est devenue impossible, ravagée par une pandémie tuant des millions de gens et laissant le monde en ruines… Prenna et ceux qui ont fui avec elle jusqu'au temps présent doivent se fondre dans la société actuelle en suivant des règles strictes : ne jamais révéler d'où ils viennent, ne jamais interférer dans le cours de l'Histoire et ne jamais, au grand jamais, développer de relations intimes avec quiconque en dehors de la communauté. Mais tout bascule lorsqu'elle tombe amoureuse d'Ethan Jarves.
Ce résumé ne donne pas très envie. On sent l'histoire maintes fois répétées d'une jeune fille amoureuse d'un garçon qu'il lui est impossible d'aimer sous peine de graves dangers. Mais elle l'aime. Mais ils bravent l'interdit. Point final.
Ce n'est pas ce que j'ai ressenti en commençant le livre. Je rentrais de voyage quand j'ai découvert sur mon bureau un paquet estampillé Gallimard Jeunesse, que je remercie grandement de leur envoi ! Car ces éditions fantastiques m'ont envoyé non seulement les épreuves non corrigées mais aussi le livre final ! Ma valise était pleine, il était dix heures du soir, j'étais crevée mais j'ai quand même commencé le bouquin parce qu'il me disait bien - non, ce n'est pas paradoxal ☺ ! - Je l'avais repéré sur le programme Mai-Juin-Juillet de Gallimard Jeunesse et l'idée d'une pandémie à l'origine de cette fuite contrainte formait une trame originale et notable. J'ai donc entamé ce Brashares avec curiosité. Et j'ai très vite reposé ce bouquin - mais pas pour les raisons que vous croyez ! J'ai flairé tout de suite le roman génial, celui qu'il est impossible de lâcher et qui se dévore jusqu'à trois heures du matin - avec une valise à ranger, je devais remettre ma lecture à plus tard. Plus tard ? Un quart d'heure après je replongeai dedans. Sans surprise, je l'ai reposé à deux heures quarante du matin. Mais il m'a fallu deux lectures pour faire cette chronique et la première m'a plus plu que la seconde.
Mention spéciale pour le livre-objet. Joli packaging, vous ne trouvez pas ?
Une particularité de ce bouquin est qu'Ann Brashares commence par narrer l'histoire du point de vue d'Ethan, oh pas bien longtemps, le temps d'un simple chapitre, avant de donner la parole à Prenna jusqu'à la dernière page. C'est intéressant même si je préfère le point de vue de la jeune fille, qui nous en apprend plus sur la pandémie et l'intégration difficile au monde actuel. La plume de Brashares retranscrit extrêmement bien les pensées adolescentes, comme elle l'avait prouvé dans Quatre filles et un jean. C'est fluide, c'est authentique, c'est tantôt drôle tantôt tragique, et on n'a pas besoin de descriptions minutieuses pour s'imaginer aux côtés des protagonistes ni de longues phrases pour nous faire sourire ou nous émouvoir. C'est vraiment un point fort pour s'immerger dans le récit : une bonne plume, qui se lit avec confiance et plaisir.
Côté personnages j'ai eu l'agréable surprise de ne pas trouver de triangle amoureux : il existe encore des romans sentimentaux où les personnages n'ont pas le coeur qui balance entre vampire et loup-garou entre deux jeunes gens ! Par contre, rien d'original dans le couple Prenna-Ethan, très prévisible. Mais Prenna est intéressante par ses réflexions et ses pensées et Ethan est très touchant par son amour sincère et son côté timide et assuré à la fois. Ces deux jeunes un peu maladroits ne m'ont pas spécialement marquée mais j'ai passé un bon moment avec eux. J'ai un seul regret mais il vous spoilerait un véritable coup de théâtre, alors je me contenterai de paroles sybillines : j'aurais aimé qu'un personnage reste plus longtemps, pour qu'on puisse mieux s'y attacher. Il était très intéressant et j'aurais aimé en apprendre plus sur lui. Voilà, si vous lisez le livre vous saurez de qui je parle !
On entre dans le vif du sujet : le roman gravite autour de deux thèmes, cette romance impossible et une pandémie meurtrière qui a forcé les habitants futurs à fuir leur époque. C'est le point fort du récit, sa note originale. Le fléau ne vient pas directement des hommes, et pourtant, on comprend que si les moustiques transmettent la maladie, c'est l'Homme qui est à l'origine de celle-ci, par son comportement irrespectueux et sa soif intarissable d'énergie.
Et ça, c'est le message du roman - j'ai tendance à en chercher dans toutes mes lectures en ce moment ! - Je l'ai trouvé fort.
Dans son apostrophe aux lecteurs - présente uniquement sur les épreuves non corrigées. Vous voulez que je le recopie ? - , Ann Brashares voulait qu'elle et nous soyons connectés. Et j'ai eu le sentiment fort que dans certains passages, Ann parlait directement. Ce n'était plus ses personnages, c'était vraiment elle qui s'adressait à nous. Ce roman nous fait prendre conscience d'une manière différente que la Terre repose sur un équilibre fragile et que chaque petit geste que nous faisons, chacun de notre côté, a un réel impact. Oui, ça ne change pas beaucoup des discours que nous entendons. Dans ce cas, pourquoi ce message est-il si fort ? Parce que Brashares nous montre l'après.
C'est ça, la force du roman : il nous met en garde en nous montrant comment les choses pourraient évoluer. Vous me direz que c'est déjà le cas de dizaines de chansons, poèmes, livres et communiqués officiels et c'est vrai. Mais ce bouquin fait 314 pages et on a le temps de penser, de passer par toute une gamme d'émotions, de s'attacher aux personnages, d'en apprendre plus sur un hypothétique futur, et ce par les yeux d'une personne qui ne connaît pas notre époque, qui s'émerveille de pouvoir manger une mangue juteuse ou de se promener à l'air frais sans danger, tout en critiquant notre inconscience, notre société de consommation insatiable et notre incapacité à vivre le moment présent. Et tout ceci, on le lit on se le prend vraiment en pleine face dans des lettres de Prenna à son jeune frère Julius. Ce sont ces passages d'une page à peine qui m'ont le plus émue et le plus marquée.
C'est vrai que hors contexte, en les lisant comme ça, ces lettres semblent jouer la carte du mélo. Mais ce n'est pas ce que dégage le livre. Non, on sent plutôt une sorte de joie, d'urgence aussi, et même si j'ai tendance à rendre tout ça très emphatique je pense que ce bouquin a vraiment quelque chose. L'idée d'un personnage extérieur n'est pas nouvelle, on le retrouve déjà dans Micromégas de Voltaire - ça sent encore l'oral de français ! - et pourtant ce thème n'est pas éculé.
Pour finir, je dirais que si les personnages ne sont pas l'élément marquant de Ici et Maintenant, le dernier Brashares est porté par la plume spontanée de son auteur et par un message fort et actuel. Ce livre a frôlé le coup de coeur. Une bonne découverte !
Ici et Maintenant est un roman écrit par Ann Brashares et a été publié le 8 Avril 2014 par les éditions Delacorte Press sous le titre The Here and Now. Il fait 242 pages en langue anglaise et 314 en langue française. Le roman a été traduit en français par Vanessa Rubio-Barreau est est paru aux éditions Gallimard Jeunesse le 4 Juin 2014. Il coûte 16,50 euros.
Ann Brashares a grandi aux côtés de ses trois frères à Chevy Chase, dans le Maryland, avant d'étudier la philosophie au Barnard College, une branche de Columbia University à New York. Avant de continuer ses études de philosophie en école supérieure, Ann pris une année afin de travailler comme éditrice dans le but de mettre de l'argent de côté pour son école. Mais l'amour de son travail pris le dessus et elle n'étudia pas en école supérieure, restant à New York et travaillant de nombreuses années comme éditrice. Ann passa ensuite d'éditrice à auteur à plein temps grâce à sa première saga The Sisterhood of the Traveling Pants (Quatre filles et un jean). Ann et son mari vivent à New York avec leurs trois enfants.
Finn est prisonnier d'Incarceron, un univers pénitentiaire plein de dangers, de trahisons et de menaces. Il tente par tous les moyens de s'évader.
Claudia, la fille du directeur d'Incarceron, vit à l'Extérieur, dans un royaume figé au XVIIIe siècle. Piégée par une existence qu'elle n'a pas choisie, elle cherche à percer les mystères de la Prison.
Un jour Finn et Claudia trouvent une clé, qui permet à chacun de communiquer avec l'autre. Alors surgit un espoir, la possibilité d'échapper à un destin tout tracé dont ils ne veulent pas.
Il y a quelques années, mon oncle m'a offert un livre : j'ai été séduite par sa couverture irisée et son résumé intriguant, mais surtout ce livre était en anglais et je n'avais jamais lu de romans en version originale - une bonne occasion de relever ce défi ! Je m'y suis aussitôt plongée mais la plume raffinée de Catherine Fisher était trop dure pour mon niveau d'alors. J'ai donc reposé ce livre et l'ai laissé de côté quelques années.
C'était sans compter Marinette, qui m'a permis de de sortir Incarceron de l'oubli et de découvrir un livre unique. Merci beaucoup et pardon du retard de cette chronique !
Imaginez un carré de chocolat extra-noir, fin et savoureux, mais tellement intense qu'il faut le manger petit bout par petit bout. Ce carré de cacao, c'est Incarceron.
Catherine Fisher a su créer un univers différent et novateur. Une prison. Mais pas n'importe laquelle : une prison si vaste qu'elle forme un monde, si vaste que les hommes ne croient plus à un Extérieur. Incarceron est leur vie, ils y sont enchaînés et grandissent sous l'oeil rouge et cruel de la Prison. Incarceron voit tout, Incarceron sait tout, Incarceron fait disparaître les prisonniers, les terrifie et les tente. Une Prison séductrice et impitoyable où vivent des hommes qui ont oublié qu'il y a des astres et non la froide lueur de l'Oeil, qui ont oublié qu'il y a des arbres faits de fibres et non de métal, qui ont oublié le sens du mot espoir.
"Sous la terre, les étoiles sont des légendes".
Pourtant, au coeur de la prison, Finn Starseer sait qu'il n'est pas d'ici. Starseer, "Celui qui voit les étoiles" va entamer un long périple à l'issue incertaine. Dans sa quête sur les pas du légendaire Sapphique, "le seul homme qui se serait jamais échappé", l'accompagnent Keiro à qui il est lié par un serment, Attia qu'il a libéré de la servitude et le Sage Gildas qui est persuadé que, "parce qu'il a des rêves et que dans ses rêves, il voit les étoiles", Finn les guidera dehors.
Dehors.
Dehors, il y a le Protocole, cette étiquette stricte qui fige les gens et leur quotidien dans l'Epoque, une ère victorienne reconstituée de toute pièces. "Ils sont enchaînés, pieds et poings liés par le protocole, à un monde vide et immobile où les hommes et les femmes ne peuvent lire, où les avancées scientifiques sont le privilège des riches, où les artistes et les poètes sont condamnés à reproduire indéfiniment et retravailler vainement les chefs-d’œuvres passés. Rien n'est nouveau. Rien n'existe pas. Rien ne change, ne grandit, n'évolue, ne se développe. Le Temps s'est arrêté. le progrès est interdit".
Dehors, il y a Claudia, l'arrogante fille du Directeur d'Incarceron.
Claudia, fiancée à Caspar, héritier du trône.
Claudia, jetée en pâture à une Cour hypocrite et dangereuse, où des complots sont murmurés dans les couloirs sombres.
Claudia, face à une reine cruelle aux ambitions démesurées.
Claudia, prise au piège.
"Je me souviens de l’histoire d’une fille au paradis qui un jour
mangea une pomme. Un Sapient la lui avait donnée. Après l’avoir
croquée, elle vit les choses différemment. Les pièces en or se révélaient
être des feuilles mortes. De beaux habits devenaient des toiles
d’araignées. Et elle vit qu’un mur entourait le monde, dont le Portail était
fermé à clé."
Sur le poignet de Finn quelqu'un a tatoué un aigle aux ailes déployées.
Dans le bureau de son père, Claudia a vu une clef sur laquelle a été ciselé un aigle prêt à l'envol.
Le seul lien entre Dehors et Dedans.
Entre Incarceron et l'Extérieur.
Alors que le mot "sortie" est devenu insignifiant pour les prisonniers, y aurait-il un moyen de s'enfuir ?
Catherine Fisher a doté ses personnages d'une grande complexité en même temps qu'elle leur offrait pour seul foyer un monde dur et violent - tant physiquement que moralement. A Incarceron comme à l'Extérieur, c'est la loi du plus fort qui prévaut : les plus faibles et les ennemis sont éliminés ou asservis sans état d'âme par des criminels qui tiennent les rennes du pouvoir. Et de chaque côté de cet univers nous suivons des personnages épris de liberté : une sorte de parallélisme s'instaure entre Incarceron et l'Extérieur qui sont deux cages bien différentes mais deux cages tout de même.
La trame du roman est faite de plusieurs intrigues parallèles et l'auteur a misé sur l'authenticité de ses héros - qui ne sont ni blancs ni noirs - sur une vraie cohérence et une imagination extraordinaire. J'ai aimé ce souci de réalisme qui se retrouve dans les caractères et les actes des héros - pourtant pas toujours reluisants... Il y a vraiment de tout, des rêveurs, des fous, des naïfs, des sages, des innocents, des criminels, des hypocrites, des vantards, des courageux... Si je n'ai pas forcément éprouvé d'amitié pour les héros, j'ai été proche d'eux pendant tout le livre. Qui ne le serait pas ? Il sont si réels que j'avais l'impression d'être à leurs côtés...
Curieusement, on ne sait rien des événements dont découle cet univers bipolaire et ce silence laisse planer le spectre d'un passé trouble - j'espère que nous en saurons plus dans les tomes suivants !
L'idée d'un retour au mode de vie XVIIIème sous le règne de la reine Victoria - qui d'ailleurs n'est pas présente car le roman n'est pas une uchronie mais une dystopie - est aussi originale qu'intéressante, mais Catherine Fisher n'hésite pas à nous montrer que tout cet univers recréé est artificiel.
On se retrouve donc avec deux héros prisonniers chacun à leur manière d'un système dont il ne peuvent s'échapper. Chacun de leur côté, ils affrontent un ennemi plus fort qu'eux et font face à de nombreux rebondissements, de nouvelles menaces et d'autres questions. Catherine Fisher manie le suspens avec brio jusque dans le final, exceptionnel. (Le passage suivant ne spoile pas mais il donne un élément de ce fameux final... Vous pouvez tout à fait passer au suivant si vous préférez ne rien savoir avant d'avoir lu le livre) J'ai été très surprise et pourtant en y repensant, il était très possible. Je n'irais pas jusqu'à envisageable, non, ça il fallait vraiment y penser. Impensable, on n'est pas loin. Mais très possible. Puisque cette révélation n'est faite qu'à la fin, je suis sûre qu'on en saura plus au prochain volume, et j'ai hâte de lire les explications sur ce coup de théâtre...
Ce premier tome laisse présager une romance entre les deux principaux protagonistes mais il la met au second plan au profit de la quête de Finn et des tourments de Claudia, grâce à des chapitres alternant Prison et Extérieur. C'est une approche intéressante et ça fait du bien de lire enfin un livre où les héros ne se tombent pas dans les bras dès le premier échange... On a également l'impression de vivre au rythme du livre.Je regrette simplement que la narration traîne un peu parfois et que l'auteur n'aie pas plus parlé des prisonniers et de leur vie quotidienne.
Ce livre est aussi porté par une narration exceptionnelle, poétique - et nimbée de cette obscure clarté qui tombe des étoiles... Les mots de Catherine Fisher sont réfléchis, philosophiques parfois et ses idées sombres mais originales. J'ai lu certains passages à voix haute pour mieux savourer la sonorité des mots et leur intensité. Sans l'avoir lu en français, j'espère que la traductrice d'Incarceron a rendu l'élégance qui émane de la plume - d'aigle ? - de Catherine Fisher.
Grâce à une écriture somptueuse et à de bonnes idées, grâce à la noirceur de son univers dystopique et à la complexité de ses personnages, Catherine Fisher dépeint avec justesse et talent une société futuriste divisée, où l'espoir subsiste malgré le doute et la cruauté. Incareron vous emmène là où vous n'avez jamais mis les pieds à un rythme un peu lent sur les bords, mais qui ne gêne pas la lecture - et ce n'est que mon avis, sachant que cette lenteur est en partie due à la langue anglaise, qui a parfois été une barrière. Manque d'habitude ! Et puis ce livre est tout de même riche en rebondissements. Ce livre a frôlé le coup de cœur et je suis persuadée qu'il l'aurait été si la langue anglaise ne m'avait pas rebuté de temps à autres. Quoi qu'il en soit, je vais me mettre plus souvent à la VO afin de découvrir d'autres pépites - bien sombres tout de même - comme celle-ci !
Incarceron is a prison unlike any other: Its inmates live not only in cells, but also in metal forests, dilapidated cities, and unbounded wilderness. The prison has been sealed for centuries, and only one man, legend says, has ever escaped.
Finn, a seventeen-year-old prisoner, can’t remember his childhood and believes he came from Outside Incarceron. He’s going to escape, even though most inmates don’t believe that Outside even exists.
And then Finn finds a crystal key and through it, a girl named Claudia. Claudia claims to live Outside—her father is the Warden of Incarceron and she’s doomed to an arranged marriage. If she helps Finn escape, she will need his help in return.
But they don’t realize that there is more to Incarceron than meets the eye. Escape will take their greatest courage and cost far more than they know.
Because Incarceron is alive.
A few years ago, my uncle offered me a book : I was seduced by its iridescent cover and its intriguing summary, what's more it was in english and I had never read books in their original version - a good opportunity to meet the challenge ! I got absorbed in the book but the refined quill of Catherine Fisher was too hard for my level at that time. Thus I put it back and forgot it a few years before Marinette proposed me a Common Reading which allowed me to pull it from oblivion and to discover a unique book. Thank you really much and please forgive my delay !
Imagine a square of extra-dark chocolate, fine and tasty, but so intense it must be eaten small piece by small piece. This cocoa square is Incarceron.
Catherine Fisher attempted to create a different and novator universe. A prison. But a prison "unlike any others", so vast that it has become a world, so vast that men do not believe anymore that Outside exists. Incarceron is their life, they're chained to it and they grow up under its eye. Incarceron watches everything, Incarceron knows everything, Incarceron makes prisoners disappear, terrifies them and tempts them. A seductive and merciless Prison where live men who have forgotten that celestials exists beyond the cold light of the Eye, who have forgotten that trees made of fibers rather than metal exists, who have forgotten the meaning of the word hope.
“Underground, the stars are legend.”
Nevertheless, at the heart of the prison, Finn Starseer knows he's not from there. Starseer, "The one who see the stars", is about to begin a long trip in an uncertain outcome. In his quest on the steps of the legendary Sapphique, the "only man, legend says, (who) has ever escaped", Finn will be joined by his oathbrother Keiro, by Attia who had been freed by him and by the wise Sapient Keiro who is persuaded that "“Because he has dreams and in those dreams he sees the stars”, Finn will guide them outside.
Outside.
Outside is Protocol, this strict Etiquette which freezes people and their everyday life in the Era, a entirely reconstituted victorian Period.
“We are chained hand and foot by protocol, enslaved to a static, empty world where men and women can’t read, where the scientific advances of the ages are the preserve of the rich, where artists and poets are doomed to endless repetitions and sterile reworking of past masterpieces. Nothing is new. New does not exist. Nothing changes, nothing grows, evolves, develops. Time has stopped. Progress is forbidden”
Outside is Claudia, the proud daughter of Incarceron's Warden.
Claudia, bethroted to Caspar, the heir of the crown.
Claudia, headlong into the tulmut of a hypocrite and dangerous Royal Cour, where plots are murmured in dark lanes.
Claudia, facing a cruel queen and her disproportionate ambitions.
Claudia, trapped.
“I remember a story of a girl in Paradise who ate an apple once. Some wise Sapient gave it to her. Because of it she saw things differently. What had seemed gold coins were dead leaves. Rich clothes were rags of cobweb. And she saw there was a wall around the world, with a locked gate.”
On Finn's wrist someone has tatooed a displayed-winged eagle.
In her father's office, Claudia has found a key on which was chiselled a eagle, ready to take off.
The only link between Inside and Outside.
Between Incarceron and the Outside.
Even if the word "exit" has no more meaning to the prisoners, could there be a way out ?
Catherine Fisher has endowed her characters of a great complexity while she offered them, by way of a home, a hard and violent world - both physically and morally. In Incarceron as in Outside, the law of the strongest prevail : the weakest and the enemies are killed or enslaved without mood by criminals who hold the reins of power. And on either side of this universe we follow characters smitten with freedom : a sort of parallelism is established between Incarceron and the Outside, which are different cages but still cages.
The book's weft is made of differents parallel intrigues and the author has bet on the authenticity of her characters - who aren't neither white nor black -, on a real coherence and on an extraordinary imagination. I have loved this concern of realism which can be found in the personnality and the acts of the protagonists - nevertheless not always shiny... There is of everything, dreamers, mad men, innocents, wise men, criminals, hypocrites, boasters, brave men... Even if I have not particularely experienced friendship for the heroes, I had felt close to them during the whole book. Who wouln't have ? They're so real I could have almost touched them...
Curiosly, we know nothing about the past events from which ensues this bipolar world. This silence lets guess the specter of a shady past - I hope we'll know more of it the the sequel !
The idea of a return to the way of life under Queen Victoria's - which is not alive in the story, for the book is not an uchrony but a dystopy - is as original as interesting, but Catherine Fisher does not hesitate to show us the artificiality of this re-created world.
Thus we find ourselves with two imprisoned heroes, each one in its own way, of a system they can't escape to. Each of them must face an ennemy more powerful than them et fronts many new developments, news threats and new questions. Catherine Fisher handle the suspense brilliantly to the unbelivable final. (careful, the next passage does not spoil the end but it gives an element of that incredible final .. If you don't want to know anything before you read the book, I suggest you to surrender in the next passage)I have been very surprised by it but when I have thought about it after blow it was really credible. I would not say probable, no, it was too... unimaginable (sorry for the paradox !). Unimaginable, but conceivable. And because we discover it at the very end, I'm looking forward to discovering the next book and to reading the explanations on that awesome twist !
This first volume lead to predict a romance between the two major characters but it assigns secondary importance to it and focuses on Finn's quest and Claudia's tortments, thanks to chapters alternating Prison and Outside. It's so good to read a book in which the two heroes don't fall in love immediatly ! Morevoer, we have the impression to live at te rate of the book. I just regret the slowness of the story from times to times and the fact that the author has not deepen the prisoners and their everyday life in Incarceron.
This books is enhanced by an extraordinairy and poetic quill - and halo with that dark brightness which falls from the stars... Catherine Fisher's words are reflexive and her ideas are dark but original.
I have read some verses out loud to savor better the tone and the intensity of the words. Without reading it in french, I do hope the translator of Incarceron has passed on the elegance which emanate from Fisher's -eagle's ? - quill.
Thanks to a luxurious writing and to good ideas, thanks to the darkness of her dystopic universe and to the complexity of her characters, Catherine Fisher depicts with correctness and talent a furturistic and divided society where hope remains despite the doubt and the cruelty. Incarceron brings you to a place where you have never set foot in a slow rhythm around the edges, but which does not disrupt the reading - and it's only my opinion, for the english language has been a barrier from times to times. Lack of custom ! What's more, they're a lot of new develoments.This book has brushed against the favourite and I'm sure it would have been it if I had understood english better .
Be that as it may, I'm going to read more in OV in order to discover new nuggets - dark ones all the same... - like this one !
Le premier tome d'Incarceron, écrit par Catherine Fisher a été publié en langue anglaise le 3 Mai 2007 chez Hodder Children's Books. Il fait 458 pages en anglais, coûte $17.99 et a été récompensé par de très nombreux prix.
Il est paru en France sous le titre Incarceron le 3 Juin 2010 aux éditions Pocket Jeunesse et a été traduit par Cécile Chartres. Il fait 504 pages et coûte 14,50 €. PKJ conseille de le lire à partir de 13 ans.
Catherine Fisher is the New York Times bestselling author of Incarceron. She is “one of today’s best fantasy writers” according to the London Independent. An acclaimed novelist and poet, she has written many fantasy books for young people, including The Oracle Prophecy series. Incarceron was named by the London Times as the Best Children’s Book of the Year, and has received five starred reviews in the United States. Ms. Fisher lives in Wales.
Catherine Fisher est l'auteur d'Incarceron, bestseller du New York Times.. Elle est l'"une des meilleures auteurs de fantasy actuels" selon le London Independent. Nouvelliste et poète reconnue, elle a écrit de nombres livres de fantasy pour la jeunesse, dont la saga La Prophétie de l'Oracle. Incarceron a été nommé par le London Times dans la catégorie Meilleur Livre Jeunesse de l'Année et a été acclamée par cinq critiques étoilées, parmi les autres critiques dithyrambiques reçues aux Etats-Unis. Mme Fisher vit à Wales.
Catherine Fisher parle de sa saga
La vidéo de présentation d'Incarceron
○ Le site Internet d'Incarceron, un vrai bijou artistique qui nous en apprends plus sur l'univers d'Incarceron (en anglais)
○ Incarceron est le premier tome d'un diptyque composé de Incarceron, Sapphique (en France : Le cygne noir). Cette pourrait être conclue par un troisième volume pas encore parut, mais c'est assez flou.
○ Une adaptation du livre est prévue, avec Taylor Launter (Twilight, Identité Secrète) et Emma Watson (Harry Potter, Le Monde de Charlie, The Bling Ring, Noé) dans les rôles de Finn et Claudia.
Bien qu'on ne sache presque rien de ce film, les données circulant sur la Toile parlent d'une adaptation par John Palermo (X-Men: The Last Stand, Drive, Wolverine) pour le compte des 20th Century Fox. Quant à la date de sortie, elle était prévue pour... 2013. Affaire à suivre. Pour ma part, je rêve d'une adaptation par Christopher Nolan, réalisteur d'Inception notamment. Les labyrinthes, il connaît bien ! Quant à Taylor Launter, j'avoue ne pas le voir du tout en Finn. Pas du tout. Emma Watson encore, mais Finn ne me paraissait pas comme ça...
Jess et Fred vont donner un gala au profit d'une œuvre de charité. Ils viennent de recevoir les tickets, conçus par Jess. Mais tout reste à faire ! Pas de panique, ils n'ont plus qu'à... trouver un groupe de musique qui accepterait de se produire le soir de la Saint-Valentin, avoir de quoi nourrir cent personnes, et accorder leurs violons pour leur numéro de présentation – la spécialité des deux comiques en herbe. Mais Fred ne cesse de se défiler et ne semble pas s'investir dans l'organisation de la soirée. Et quand Flora leur propose un week-end au bord de la mer dans la maison de son copain, voilà qu'il fait la fine bouche ! Jess ne comprend décidément plus rien à l'attitude de Fred..
Merci aux éditions Gallimard Jeunesse pour l'envoi surprise du cinquième tome de la saga Jess Jordan ! N'ayant pas lu les quatre premiers, je craignais d'être perdue dans ma lecture : ça n'a pas été le cas et je ressors convaincue de ce sympathique bouquin.
Jess Jordan est une adolescente de 16 ans - je ne vous apprends rien - dotée d'une incroyable capacité à s'attirer des ennuis. Distraite, un peu perdue parfois mais aussi très débrouillarde, l'héroïne de Sue Limb m'a vite conquise par son caractère et je me suis très souvent retrouvée en elle. Cette année, elle doit mener plusieurs batailles de front : d'une part, il faut qu'elle organise entièrement ce "Bal du Chaos" pour la St-Valentin, de l'autre elle doit gérer la tournure compliquée de ses sentiments pour le très lunatique Fred, et enfin il est urgent qu'elle s'y retrouve au milieu des nombres histoires amoureuses de sa mère - elle-même très gaffeuse. Telle mère telle fille !
Je ne suis pas très chick-lit en général, et même si c'est un genre sympa qui permet de se détendre, le ridicule de certaines situations dans les romans girly m'avait ennuyé : j'avais donc peur de retrouver ce schéma dans Total fiasco. Malgré ces a-prioris, j'ai commencé ma lecture avec enthousiasme - comme quoi, il ne faut pas juger un livre sur sa couverture ! Je devrais le savoir depuis le temps...
Je n'ai pas décollé tout de suite et le début m'a paru un peu ennuyeux. Mais il est vrai que Sue Limb est très claire à propos de ses personnages et que je n'ai jamais été perdue au milieu d'eux. Les relations entre les protagonistes sont évidentes, très bien expliquées sans que cela soit lourd ou répétitif et c'est vraiment agréable à lire. Le style de l'auteur est fluide, frais et très adapté aux pensées d'une jeune fille : la traductrice a réussi à rendre ce ton authentique et je la félicite pour son travail !
Au fil des pages je me suis attachée à Jess et j'ai suivi avec intérêt ses déboires avec une question en tête : comment s'en sortirait-elle ? En fait, je suis rentrée dans l'esprit de la jeune fille et j'ai eu les même craintes qu'elles, les même réactions parfois, j'ai retrouvé des dizaines de situations vécues auparavant - des délais non respectés, des contraintes de dernière minute ou des pertes embêtantes. Contrairement aux apparences, Jess n'est pas une fille passive qui subit sans rien dire : elle se démène pour trouver des solutions même si ça n'est pas si simple ! Sans parler de son copain Fred, image même de l'inutilité - c'est incroyable. Pourtant, on ne tombe jamais dans le cliché ni le fade et ce bouquin nous tire de grands sourires - et même de francs éclats de rire - par ses personnages terriblement réels. Toutes les situations décrites sont plausibles, amenées avec cohérence et achevées avec style. L'auteur regorge d'imagination et n'hésite pas à malmener ses personnages en inventant sans cesse de nouveaux ennuis et des rebondissements inattendus.
Sue Limb offre un roman aussi drôle que savoureux sur les situations hilarantes et compliquées de l'adolescence, qui m'a fait renouer avec la chick-lit et qui saura faire rire les ados - et leurs parents ! On s'y retrouve, on est embarqué dans l'histoire aux côtés des personnages et on ne lâche pas le livre, c'est un petit mo(nu)ment de bon humeur !
16 ans, total fiasco est un roman de Sue Limb publié en Juin 2010 chez Bloomsbury sous le titre original Five-Star Fiasco. Il est paru en France chez Gallimard Jeunesse le 10 Avril 2014 dans la collection Scripto. Traduit par Emmanuelle Casse-Castric, il fait 352 pages et coûte 13,50 €.
Traduction (réalisée par mes soins : pas de copier-coller sur Google traduction, promis !) de la biographie tirée du (sympathique) site officiel de Sue Limb.
La première chose que Sue a écrite a été la lettre S, et celle-ci est restée sa préférée.
Petite fille, elle écrivait sur les murs, mais à l'école elle reçut des cahiers d'exercices sur lesquels elle inventait des histoires d'enfants habitant sur des îles désertes et vivant d'incroyables aventures avec des chiens et des bateaux. Bien qu'elle est été un vrai garçon manqué, Sue était peureuse et découvrit qu'écrire permettait de vivre d'autres vies en ayant les pieds au sec.
Adolescente, elle compris que faire rire les gens leur fait oublier combien on est ringard. La comédie fut un bon moyen pour elle de détourner les tuiles envoyées par la vie, comme les embarras ou l'anxiété. Elle s'essaya quelques temps à être professeur, mais ayant horreur d'imposer sa volonté aux autres (même son chien a du apprendre seul à s'asseoir et à rapporter des choses), ses jours en tant qu'institutrice furent peu nombreux.
Dès qu'elle se fut enfuie de l'Education Nationale, Sue publia un livre appelé Up the garden's path - l'histoire d'une professeure dont la vie est affreusement compliquée. Ce roman fut adapté à la radio et à la télévision dans une version où Imelda Staunton campait le rôle du personnage principal. Plus tard, Sue écrivit pour le journal The Guardian un feuilleton, Dulcie Domum’s Bad Housekeeping, traitant du même sujet - à la différence près que le personnage central est un écrivain. Mais pour se prouver qu'elle était capable d'écrire sur d'autres thèmes, Sue participa à la rédaction d'une biographie du Capitaine Oates, un héros de l'Antarctique.
Ecrire pour les jeunes a toujours représenté une part importante du travail de Sue, simplement parce que celle-ci considère qu'elle n'a pas encore grandi. Ces dernières années, elle a écrit la saga Jess Jordan et s'est replongée dans sa jeune enfance lors de la rédaction de la série Ruby Rogers. Parfois, Sue s'inspire des classiques littéraires en produisant de respectueuses et sympathiques parodies d'auteurs qu'elle admire.
Elle réside actuellement dans une ferme située dans un coin sauvage, rocheux et isolé du Gloucestershire. Et lorsqu'elle n'écrit pas, Sue aime sortir et s'occuper des plantes et de ses animaux.
Les deux plus puissantes familles de la ville, les Montague et les Capulet, se vouent une haine implacable. Mais lors d’un bal, Roméo Montague croise le regard de Juliette Capulet. Malgré la guerre qui déchire les deux clans, les adolescents tombent éperdument amoureux l’un de l’autre, et décident de vivre cet amour, quoi qu’il advienne… (Lecture Academy)
En proposant cette LC à Marie, je voulais remonter aux sources, découvrir enfin l'histoire de cet amour impossible, de cette passion qui est folie entre Roméo et Juliette. Je voulais lire cette tragédie qui a inspiré les dramaturges, les poètes, les auteurs, les artistes et les musiciens. Je m'attendais à un amour intense, poignant, transcendant, à une paire de claques dans la figure et à une empathie immense pour ces deux amants sur lequel le sort s'acharne.
Point de tout cela. Je crois que ma déception est à la hauteur de mes attentes.
J'ai eu beaucoup de mal à rentrer et de l'histoire, et beaucoup moins à en sortir ! Malheureusement, j'ai été déçue par ce roman : pourtant, j'aime bien Shakespeare en général. J'avais globalement apprécié Othello, qui s'était laissé lire plus facilement que Roméo et Juliette.
En effet, j'ai retrouvé dans ce dernier les tournures sophistiquées si chères à Shakespeare : des phrases pleines de méandres, qui me perdent sur leurs chemins sinueux. Nuançons : ce dramaturge anglais a un talent remarquable pour écrire en vers tout au long du livre, sans répéter à tout bout de champ les mêmes rimes usées ; il ose des comparaisons audacieuses et pleines de lyrisme. Mais je n’ai apprécié sa plume qu’en la lisant à haute voix : enfin, les mots prenaient un sens !
En m’amusant à prendre les intonations des personnages et en me glissant dans leur corps, j’ai vraiment savouré certains passages. Les différents habitants de Vérone devenaient plus intéressants et sortaient de cette fadeur qui les caractérisaient presque tous. En fait, les personnages manquaient de charisme, de cette petite étincelle qui les distingue les uns des autres : un trait particulier, quelque chose qui m'empêche de retourner chaque fois à la page d'ouverture afin de voir à quel clan se rattachait tel personnage ! Mercutio, Benvolio, Tybalt étaient pour moi sources de confusion et cela a rendu ma lecture d'autant plus hachée.
Les péripéties m'ont empêchées de refermer cette pièce : je dois admettre que Shakespeare manie plutôt bien l'art du rebondissement, un peu moins celui de la chute. Mais ce n'est que mon avis, et je n'ai pas assez de connaissances pour trop m'avancer. Simplement, je rejoint Molière qui disait que 'le théâtre n'est fait que pour être vu', du moins chez Shakespeare.
Je rouvrirai Roméo et Juliette dans un an ou deux, le temps de mûrir un peu et d'avoir une meilleure connaissance de la littérature anglaise. Parce qu'il ne faut jamais s'arrêter sur une déception !
Roméo et Juliette est une piècecomposée par William Shakespeare vers 1595 et publiée vers 1597, sous le titre original 'Romeo and Juliet '. Elle est parue aux éditions Livre de Poche Jeunesse le 08 Septembre 2010, fait 224 pages et coûte 5.5 €.
Attention, la version Livre de Poche Jeunesse est abrégée ! Cependant, la couverture est plus belle et c'est pour ça qu'elle illustre cette chronique. Mais pour lire le texte en entier je vous conseille de vous tourner vers l'excellente collection Larousse, ou encore vers Librio.
William Shakespeare est un dramaturge anglais né aux environs du 23 Avril 1564 à Stratford on Avon, dans le comté de Warwickshire (Angleterre). Il étudie à l'upper school de Stratford avant de se tourner vers l'écriture : comédien, poète et dramaturge, ses oeuvres les plus célèbres sont Le Songe d'une nuit d'été (1592-1595), Hamlet (1595-1600), Macbeth et Le Roi Lear (1605-1607) et Roméo et Juliette (1592-1595). Il a écrit en tout une quarantaine de pièces, dont des comédies et des tragédies. Shakespeare s'éteint le 23 Avril 1616, à l'âge de 52 ans, et est enterré dans l'église de sa ville natale. (Inspiré par Larousse)