Le roman dystopique de Christina Dalcher, Vox, met en lumière une société américaine proche de notre temps où les femmes sont contraintes de porter au poignet un compteur de mots limité à cent par jour, et dont la transgression entraîne une décharge électrique d'une puissance proportionnelle au nombre de mots dépassés. La société, progressivement tombée dans une misogynie radicale, se structure sur le clivage homme / femme et assigne à chacun des rôles bien définis : l'homme est celui qui travaille, qui donne son avis, qui peut récupérer le courrier et qui reçoit exclusivement les données de santé de son épouse. La femme est celle qui tient son logis en ordre, fait les courses, éduque les enfants, et se tait, merci pour elle. Le parfum des années 1950 est étouffant tant il est fort, surtout pour Jean McClellan dont les compétences élevées en neurosciences ne sont plus d'aucune utilité dans cette nouvelle vie qui s'est imposée à elle.
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3 novembre 2020
Vox, le silence des femmes
Bonjour à tous, et par avance courage en cette période compliquée.
Je vous prie d'excuser le retard de publication de cette chronique, mais j'avais besoin de trouver un meilleur rythme de croisière que celui, très dense, qui avait accompagné mon retour en Avril. C'est pourquoi désormais mes chroniques seront irrégulières, et se plieront à mon emploi du temps, aux découvertes que je ferai et au gré de mes envies.
Thèmes :
Anticipation,
Courage,
Dystopie,
Fiction,
Politique,
Prose,
Souffrance,
Vie,
Violence
1 mai 2014
Incarceron - Only the man who has known freedom / Can define his prison." [chronique bilingue]
Incarceron, une prison
à nulle autre pareille :
elle décide qui doit vivre...
et qui doit mourir.
Rien ne peut lui échapper.
Finn est prisonnier d'Incarceron, un univers pénitentiaire plein de dangers, de trahisons et de menaces. Il tente par tous les moyens de s'évader.
Claudia, la fille du directeur d'Incarceron, vit à l'Extérieur, dans un royaume figé au XVIIIe siècle. Piégée par une existence qu'elle n'a pas choisie, elle cherche à percer les mystères de la Prison.
Un jour Finn et Claudia trouvent une clé, qui permet à chacun de communiquer avec l'autre. Alors surgit un espoir, la possibilité d'échapper à un destin tout tracé dont ils ne veulent pas.
Il y a quelques années, mon oncle m'a offert un livre : j'ai été séduite par sa couverture irisée et son résumé intriguant, mais surtout ce livre était en anglais et je n'avais jamais lu de romans en version originale - une bonne occasion de relever ce défi ! Je m'y suis aussitôt plongée mais la plume raffinée de Catherine Fisher était trop dure pour mon niveau d'alors. J'ai donc reposé ce livre et l'ai laissé de côté quelques années.
C'était sans compter Marinette, qui m'a permis de de sortir Incarceron de l'oubli et de découvrir un livre unique. Merci beaucoup et pardon du retard de cette chronique !
Imaginez un carré de chocolat extra-noir, fin et savoureux, mais tellement intense qu'il faut le manger petit bout par petit bout. Ce carré de cacao, c'est Incarceron.
Catherine Fisher a su créer un univers différent et novateur. Une prison. Mais pas n'importe laquelle : une prison si vaste qu'elle forme un monde, si vaste que les hommes ne croient plus à un Extérieur. Incarceron est leur vie, ils y sont enchaînés et grandissent sous l'oeil rouge et cruel de la Prison. Incarceron voit tout, Incarceron sait tout, Incarceron fait disparaître les prisonniers, les terrifie et les tente. Une Prison séductrice et impitoyable où vivent des hommes qui ont oublié qu'il y a des astres et non la froide lueur de l'Oeil, qui ont oublié qu'il y a des arbres faits de fibres et non de métal, qui ont oublié le sens du mot espoir.
"Sous la terre, les étoiles sont des légendes".
Pourtant, au coeur de la prison, Finn Starseer sait qu'il n'est pas d'ici. Starseer, "Celui qui voit les étoiles" va entamer un long périple à l'issue incertaine. Dans sa quête sur les pas du légendaire Sapphique, "le seul homme qui se serait jamais échappé", l'accompagnent Keiro à qui il est lié par un serment, Attia qu'il a libéré de la servitude et le Sage Gildas qui est persuadé que, "parce qu'il a des rêves et que dans ses rêves, il voit les étoiles", Finn les guidera dehors.
Dehors.
Dehors, il y a le Protocole, cette étiquette stricte qui fige les gens et leur quotidien dans l'Epoque, une ère victorienne reconstituée de toute pièces. "Ils sont enchaînés, pieds et poings liés par le protocole, à un monde vide et immobile où les hommes et les femmes ne peuvent lire, où les avancées scientifiques sont le privilège des riches, où les artistes et les poètes sont condamnés à reproduire indéfiniment et retravailler vainement les chefs-d’œuvres passés. Rien n'est nouveau. Rien n'existe pas. Rien ne change, ne grandit, n'évolue, ne se développe. Le Temps s'est arrêté. le progrès est interdit".
Dehors, il y a Claudia, l'arrogante fille du Directeur d'Incarceron.
Claudia, fiancée à Caspar, héritier du trône.
Claudia, jetée en pâture à une Cour hypocrite et dangereuse, où des complots sont murmurés dans les couloirs sombres.
Claudia, face à une reine cruelle aux ambitions démesurées.
Claudia, prise au piège.
"Je me souviens de l’histoire d’une fille au paradis qui un jour
mangea une pomme. Un Sapient la lui avait donnée. Après l’avoir
croquée, elle vit les choses différemment. Les pièces en or se révélaient
être des feuilles mortes. De beaux habits devenaient des toiles
d’araignées. Et elle vit qu’un mur entourait le monde, dont le Portail était
fermé à clé."
Sur le poignet de Finn quelqu'un a tatoué un aigle aux ailes déployées.
Dans le bureau de son père, Claudia a vu une clef sur laquelle a été ciselé un aigle prêt à l'envol.
Le seul lien entre Dehors et Dedans.
Entre Incarceron et l'Extérieur.
Alors que le mot "sortie" est devenu insignifiant pour les prisonniers, y aurait-il un moyen de s'enfuir ?
Catherine Fisher a doté ses personnages d'une grande complexité en même temps qu'elle leur offrait pour seul foyer un monde dur et violent - tant physiquement que moralement. A Incarceron comme à l'Extérieur, c'est la loi du plus fort qui prévaut : les plus faibles et les ennemis sont éliminés ou asservis sans état d'âme par des criminels qui tiennent les rennes du pouvoir. Et de chaque côté de cet univers nous suivons des personnages épris de liberté : une sorte de parallélisme s'instaure entre Incarceron et l'Extérieur qui sont deux cages bien différentes mais deux cages tout de même.
La trame du roman est faite de plusieurs intrigues parallèles et l'auteur a misé sur l'authenticité de ses héros - qui ne sont ni blancs ni noirs - sur une vraie cohérence et une imagination extraordinaire. J'ai aimé ce souci de réalisme qui se retrouve dans les caractères et les actes des héros - pourtant pas toujours reluisants... Il y a vraiment de tout, des rêveurs, des fous, des naïfs, des sages, des innocents, des criminels, des hypocrites, des vantards, des courageux... Si je n'ai pas forcément éprouvé d'amitié pour les héros, j'ai été proche d'eux pendant tout le livre. Qui ne le serait pas ? Il sont si réels que j'avais l'impression d'être à leurs côtés...
Curieusement, on ne sait rien des événements dont découle cet univers bipolaire et ce silence laisse planer le spectre d'un passé trouble - j'espère que nous en saurons plus dans les tomes suivants !
L'idée d'un retour au mode de vie XVIIIème sous le règne de la reine Victoria - qui d'ailleurs n'est pas présente car le roman n'est pas une uchronie mais une dystopie - est aussi originale qu'intéressante, mais Catherine Fisher n'hésite pas à nous montrer que tout cet univers recréé est artificiel.
On se retrouve donc avec deux héros prisonniers chacun à leur manière d'un système dont il ne peuvent s'échapper. Chacun de leur côté, ils affrontent un ennemi plus fort qu'eux et font face à de nombreux rebondissements, de nouvelles menaces et d'autres questions. Catherine Fisher manie le suspens avec brio jusque dans le final, exceptionnel. (Le passage suivant ne spoile pas mais il donne un élément de ce fameux final... Vous pouvez tout à fait passer au suivant si vous préférez ne rien savoir avant d'avoir lu le livre) J'ai été très surprise et pourtant en y repensant, il était très possible. Je n'irais pas jusqu'à envisageable, non, ça il fallait vraiment y penser. Impensable, on n'est pas loin. Mais très possible. Puisque cette révélation n'est faite qu'à la fin, je suis sûre qu'on en saura plus au prochain volume, et j'ai hâte de lire les explications sur ce coup de théâtre...
Ce premier tome laisse présager une romance entre les deux principaux protagonistes mais il la met au second plan au profit de la quête de Finn et des tourments de Claudia, grâce à des chapitres alternant Prison et Extérieur. C'est une approche intéressante et ça fait du bien de lire enfin un livre où les héros ne se tombent pas dans les bras dès le premier échange... On a également l'impression de vivre au rythme du livre. Je regrette simplement que la narration traîne un peu parfois et que l'auteur n'aie pas plus parlé des prisonniers et de leur vie quotidienne.
Ce livre est aussi porté par une narration exceptionnelle, poétique - et nimbée de cette obscure clarté qui tombe des étoiles... Les mots de Catherine Fisher sont réfléchis, philosophiques parfois et ses idées sombres mais originales. J'ai lu certains passages à voix haute pour mieux savourer la sonorité des mots et leur intensité. Sans l'avoir lu en français, j'espère que la traductrice d'Incarceron a rendu l'élégance qui émane de la plume - d'aigle ? - de Catherine Fisher.
Grâce à une écriture somptueuse et à de bonnes idées, grâce à la noirceur de son univers dystopique et à la complexité de ses personnages, Catherine Fisher dépeint avec justesse et talent une société futuriste divisée, où l'espoir subsiste malgré le doute et la cruauté. Incareron vous emmène là où vous n'avez jamais mis les pieds à un rythme un peu lent sur les bords, mais qui ne gêne pas la lecture - et ce n'est que mon avis, sachant que cette lenteur est en partie due à la langue anglaise, qui a parfois été une barrière. Manque d'habitude ! Et puis ce livre est tout de même riche en rebondissements. Ce livre a frôlé le coup de cœur et je suis persuadée qu'il l'aurait été si la langue anglaise ne m'avait pas rebuté de temps à autres. Quoi qu'il en soit, je vais me mettre plus souvent à la VO afin de découvrir d'autres pépites - bien sombres tout de même - comme celle-ci !
Incarceron is a prison unlike any other: Its inmates live not only in cells, but also in metal forests, dilapidated cities, and unbounded wilderness. The prison has been sealed for centuries, and only one man, legend says, has ever escaped.
Finn, a seventeen-year-old prisoner, can’t remember his childhood and believes he came from Outside Incarceron. He’s going to escape, even though most inmates don’t believe that Outside even exists.
And then Finn finds a crystal key and through it, a girl named Claudia. Claudia claims to live Outside—her father is the Warden of Incarceron and she’s doomed to an arranged marriage. If she helps Finn escape, she will need his help in return.
But they don’t realize that there is more to Incarceron than meets the eye. Escape will take their greatest courage and cost far more than they know.
Because Incarceron is alive.
A few years ago, my uncle offered me a book : I was seduced by its iridescent cover and its intriguing summary, what's more it was in english and I had never read books in their original version - a good opportunity to meet the challenge ! I got absorbed in the book but the refined quill of Catherine Fisher was too hard for my level at that time. Thus I put it back and forgot it a few years before Marinette proposed me a Common Reading which allowed me to pull it from oblivion and to discover a unique book. Thank you really much and please forgive my delay !
Imagine a square of extra-dark chocolate, fine and tasty, but so intense it must be eaten small piece by small piece. This cocoa square is Incarceron.
Catherine Fisher attempted to create a different and novator universe. A prison. But a prison "unlike any others", so vast that it has become a world, so vast that men do not believe anymore that Outside exists. Incarceron is their life, they're chained to it and they grow up under its eye. Incarceron watches everything, Incarceron knows everything, Incarceron makes prisoners disappear, terrifies them and tempts them. A seductive and merciless Prison where live men who have forgotten that celestials exists beyond the cold light of the Eye, who have forgotten that trees made of fibers rather than metal exists, who have forgotten the meaning of the word hope.
“Underground, the stars are legend.”
Nevertheless, at the heart of the prison, Finn Starseer knows he's not from there. Starseer, "The one who see the stars", is about to begin a long trip in an uncertain outcome. In his quest on the steps of the legendary Sapphique, the "only man, legend says, (who) has ever escaped", Finn will be joined by his oathbrother Keiro, by Attia who had been freed by him and by the wise Sapient Keiro who is persuaded that "“Because he has dreams and in those dreams he sees the stars”, Finn will guide them outside.
Outside.
Outside is Protocol, this strict Etiquette which freezes people and their everyday life in the Era, a entirely reconstituted victorian Period.
“We are chained hand and foot by protocol, enslaved to a static, empty world where men and women can’t read, where the scientific advances of the ages are the preserve of the rich, where artists and poets are doomed to endless repetitions and sterile reworking of past masterpieces. Nothing is new. New does not exist. Nothing changes, nothing grows, evolves, develops. Time has stopped. Progress is forbidden”
Outside is Claudia, the proud daughter of Incarceron's Warden.
Claudia, bethroted to Caspar, the heir of the crown.
Claudia, headlong into the tulmut of a hypocrite and dangerous Royal Cour, where plots are murmured in dark lanes.
Claudia, facing a cruel queen and her disproportionate ambitions.
Claudia, trapped.
“I remember a story of a girl in Paradise who ate an apple once. Some wise Sapient gave it to her. Because of it she saw things differently. What had seemed gold coins were dead leaves. Rich clothes were rags of cobweb. And she saw there was a wall around the world, with a locked gate.”
On Finn's wrist someone has tatooed a displayed-winged eagle.
In her father's office, Claudia has found a key on which was chiselled a eagle, ready to take off.
The only link between Inside and Outside.
Between Incarceron and the Outside.
Even if the word "exit" has no more meaning to the prisoners, could there be a way out ?
Catherine Fisher has endowed her characters of a great complexity while she offered them, by way of a home, a hard and violent world - both physically and morally. In Incarceron as in Outside, the law of the strongest prevail : the weakest and the enemies are killed or enslaved without mood by criminals who hold the reins of power. And on either side of this universe we follow characters smitten with freedom : a sort of parallelism is established between Incarceron and the Outside, which are different cages but still cages.
The book's weft is made of differents parallel intrigues and the author has bet on the authenticity of her characters - who aren't neither white nor black -, on a real coherence and on an extraordinary imagination. I have loved this concern of realism which can be found in the personnality and the acts of the protagonists - nevertheless not always shiny... There is of everything, dreamers, mad men, innocents, wise men, criminals, hypocrites, boasters, brave men... Even if I have not particularely experienced friendship for the heroes, I had felt close to them during the whole book. Who wouln't have ? They're so real I could have almost touched them...
Curiosly, we know nothing about the past events from which ensues this bipolar world. This silence lets guess the specter of a shady past - I hope we'll know more of it the the sequel !
The idea of a return to the way of life under Queen Victoria's - which is not alive in the story, for the book is not an uchrony but a dystopy - is as original as interesting, but Catherine Fisher does not hesitate to show us the artificiality of this re-created world.
Thus we find ourselves with two imprisoned heroes, each one in its own way, of a system they can't escape to. Each of them must face an ennemy more powerful than them et fronts many new developments, news threats and new questions. Catherine Fisher handle the suspense brilliantly to the unbelivable final. (careful, the next passage does not spoil the end but it gives an element of that incredible final .. If you don't want to know anything before you read the book, I suggest you to surrender in the next passage) I have been very surprised by it but when I have thought about it after blow it was really credible. I would not say probable, no, it was too... unimaginable (sorry for the paradox !). Unimaginable, but conceivable. And because we discover it at the very end, I'm looking forward to discovering the next book and to reading the explanations on that awesome twist !
This first volume lead to predict a romance between the two major characters but it assigns secondary importance to it and focuses on Finn's quest and Claudia's tortments, thanks to chapters alternating Prison and Outside. It's so good to read a book in which the two heroes don't fall in love immediatly ! Morevoer, we have the impression to live at te rate of the book. I just regret the slowness of the story from times to times and the fact that the author has not deepen the prisoners and their everyday life in Incarceron.
This books is enhanced by an extraordinairy and poetic quill - and halo with that dark brightness which falls from the stars... Catherine Fisher's words are reflexive and her ideas are dark but original.
I have read some verses out loud to savor better the tone and the intensity of the words. Without reading it in french, I do hope the translator of Incarceron has passed on the elegance which emanate from Fisher's -eagle's ? - quill.
Thanks to a luxurious writing and to good ideas, thanks to the darkness of her dystopic universe and to the complexity of her characters, Catherine Fisher depicts with correctness and talent a furturistic and divided society where hope remains despite the doubt and the cruelty. Incarceron brings you to a place where you have never set foot in a slow rhythm around the edges, but which does not disrupt the reading - and it's only my opinion, for the english language has been a barrier from times to times. Lack of custom ! What's more, they're a lot of new develoments.This book has brushed against the favourite and I'm sure it would have been it if I had understood english better .
Be that as it may, I'm going to read more in OV in order to discover new nuggets - dark ones all the same... - like this one !
Le premier tome d'Incarceron, écrit par Catherine Fisher a été publié en langue anglaise le 3 Mai 2007 chez Hodder Children's Books. Il fait 458 pages en anglais, coûte $17.99 et a été récompensé par de très nombreux prix.
Il est paru en France sous le titre Incarceron le 3 Juin 2010 aux éditions Pocket Jeunesse et a été traduit par Cécile Chartres. Il fait 504 pages et coûte 14,50 €. PKJ conseille de le lire à partir de 13 ans.
| Tiré et traduit du site officiel de la saga |
Catherine Fisher is the New York Times bestselling author of Incarceron. She is “one of today’s best fantasy writers” according to the London Independent. An acclaimed novelist and poet, she has written many fantasy books for young people, including The Oracle Prophecy series. Incarceron was named by the London Times as the Best Children’s Book of the Year, and has received five starred reviews in the United States. Ms. Fisher lives in Wales.
Catherine Fisher est l'auteur d'Incarceron, bestseller du New York Times.. Elle est l'"une des meilleures auteurs de fantasy actuels" selon le London Independent. Nouvelliste et poète reconnue, elle a écrit de nombres livres de fantasy pour la jeunesse, dont la saga La Prophétie de l'Oracle. Incarceron a été nommé par le London Times dans la catégorie Meilleur Livre Jeunesse de l'Année et a été acclamée par cinq critiques étoilées, parmi les autres critiques dithyrambiques reçues aux Etats-Unis. Mme Fisher vit à Wales.
Catherine Fisher parle de sa saga
La vidéo de présentation d'Incarceron
○ Le site Internet d'Incarceron, un vrai bijou artistique qui nous en apprends plus sur l'univers d'Incarceron (en anglais)
○ Incarceron est le premier tome d'un diptyque composé de Incarceron, Sapphique (en France : Le cygne noir). Cette pourrait être conclue par un troisième volume pas encore parut, mais c'est assez flou.
○ Une adaptation du livre est prévue, avec Taylor Launter (Twilight, Identité Secrète) et Emma Watson (Harry Potter, Le Monde de Charlie, The Bling Ring, Noé) dans les rôles de Finn et Claudia.
Bien qu'on ne sache presque rien de ce film, les données circulant sur la Toile parlent d'une adaptation par John Palermo (X-Men: The Last Stand, Drive, Wolverine) pour le compte des 20th Century Fox. Quant à la date de sortie, elle était prévue pour... 2013. Affaire à suivre.
Pour ma part, je rêve d'une adaptation par Christopher Nolan, réalisteur d'Inception notamment. Les labyrinthes, il connaît bien ! Quant à Taylor Launter, j'avoue ne pas le voir du tout en Finn. Pas du tout. Emma Watson encore, mais Finn ne me paraissait pas comme ça...
Livre lu en tandem
Découvrez ici la chronique de Marinette, du blog Les lectures de Marinette
Que pensez-vous de ma première chronique bilingue ?
○ Incarceron est le premier tome d'un diptyque composé de Incarceron, Sapphique (en France : Le cygne noir). Cette pourrait être conclue par un troisième volume pas encore parut, mais c'est assez flou.
○ Une adaptation du livre est prévue, avec Taylor Launter (Twilight, Identité Secrète) et Emma Watson (Harry Potter, Le Monde de Charlie, The Bling Ring, Noé) dans les rôles de Finn et Claudia.
Bien qu'on ne sache presque rien de ce film, les données circulant sur la Toile parlent d'une adaptation par John Palermo (X-Men: The Last Stand, Drive, Wolverine) pour le compte des 20th Century Fox. Quant à la date de sortie, elle était prévue pour... 2013. Affaire à suivre.
Pour ma part, je rêve d'une adaptation par Christopher Nolan, réalisteur d'Inception notamment. Les labyrinthes, il connaît bien ! Quant à Taylor Launter, j'avoue ne pas le voir du tout en Finn. Pas du tout. Emma Watson encore, mais Finn ne me paraissait pas comme ça...
Livre lu en tandem
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Que pensez-vous de ma première chronique bilingue ?
24 mars 2014
Roméo et Juliette - « Amour, donne-moi ta force, et cette force me sauvera. »
Vérone , XVIe siècle.
Les deux plus puissantes familles de la ville, les Montague et les Capulet, se vouent une haine implacable. Mais lors d’un bal, Roméo Montague croise le regard de Juliette Capulet. Malgré la guerre qui déchire les deux clans, les adolescents tombent éperdument amoureux l’un de l’autre, et décident de vivre cet amour, quoi qu’il advienne… (Lecture Academy)
En proposant cette LC à Marie, je voulais remonter aux sources, découvrir enfin l'histoire de cet amour impossible, de cette passion qui est folie entre Roméo et Juliette. Je voulais lire cette tragédie qui a inspiré les dramaturges, les poètes, les auteurs, les artistes et les musiciens. Je m'attendais à un amour intense, poignant, transcendant, à une paire de claques dans la figure et à une empathie immense pour ces deux amants sur lequel le sort s'acharne.
Point de tout cela. Je crois que ma déception est à la hauteur de mes attentes.
J'ai eu beaucoup de mal à rentrer et de l'histoire, et beaucoup moins à en sortir ! Malheureusement, j'ai été déçue par ce roman : pourtant, j'aime bien Shakespeare en général. J'avais globalement apprécié Othello, qui s'était laissé lire plus facilement que Roméo et Juliette.
En effet, j'ai retrouvé dans ce dernier les tournures sophistiquées si chères à Shakespeare : des phrases pleines de méandres, qui me perdent sur leurs chemins sinueux. Nuançons : ce dramaturge anglais a un talent remarquable pour écrire en vers tout au long du livre, sans répéter à tout bout de champ les mêmes rimes usées ; il ose des comparaisons audacieuses et pleines de lyrisme. Mais je n’ai apprécié sa plume qu’en la lisant à haute voix : enfin, les mots prenaient un sens !
En m’amusant à prendre les intonations des personnages et en me glissant dans leur corps, j’ai vraiment savouré certains passages. Les différents habitants de Vérone devenaient plus intéressants et sortaient de cette fadeur qui les caractérisaient presque tous. En fait, les personnages manquaient de charisme, de cette petite étincelle qui les distingue les uns des autres : un trait particulier, quelque chose qui m'empêche de retourner chaque fois à la page d'ouverture afin de voir à quel clan se rattachait tel personnage ! Mercutio, Benvolio, Tybalt étaient pour moi sources de confusion et cela a rendu ma lecture d'autant plus hachée.
En effet, j'ai retrouvé dans ce dernier les tournures sophistiquées si chères à Shakespeare : des phrases pleines de méandres, qui me perdent sur leurs chemins sinueux. Nuançons : ce dramaturge anglais a un talent remarquable pour écrire en vers tout au long du livre, sans répéter à tout bout de champ les mêmes rimes usées ; il ose des comparaisons audacieuses et pleines de lyrisme. Mais je n’ai apprécié sa plume qu’en la lisant à haute voix : enfin, les mots prenaient un sens !
En m’amusant à prendre les intonations des personnages et en me glissant dans leur corps, j’ai vraiment savouré certains passages. Les différents habitants de Vérone devenaient plus intéressants et sortaient de cette fadeur qui les caractérisaient presque tous. En fait, les personnages manquaient de charisme, de cette petite étincelle qui les distingue les uns des autres : un trait particulier, quelque chose qui m'empêche de retourner chaque fois à la page d'ouverture afin de voir à quel clan se rattachait tel personnage ! Mercutio, Benvolio, Tybalt étaient pour moi sources de confusion et cela a rendu ma lecture d'autant plus hachée.
Les péripéties m'ont empêchées de refermer cette pièce : je dois admettre que Shakespeare manie plutôt bien l'art du rebondissement, un peu moins celui de la chute. Mais ce n'est que mon avis, et je n'ai pas assez de connaissances pour trop m'avancer. Simplement, je rejoint Molière qui disait que 'le théâtre n'est fait que pour être vu', du moins chez Shakespeare.
Je rouvrirai Roméo et Juliette dans un an ou deux, le temps de mûrir un peu et d'avoir une meilleure connaissance de la littérature anglaise. Parce qu'il ne faut jamais s'arrêter sur une déception !
Je rouvrirai Roméo et Juliette dans un an ou deux, le temps de mûrir un peu et d'avoir une meilleure connaissance de la littérature anglaise. Parce qu'il ne faut jamais s'arrêter sur une déception !
Retrouvez ici l'avis de Marie☺
Roméo et Juliette est une pièce composée par William Shakespeare vers 1595 et publiée vers 1597, sous le titre original 'Romeo and Juliet '. Elle est parue aux éditions Livre de Poche Jeunesse le 08 Septembre 2010, fait 224 pages et coûte 5.5 €.
Attention, la version Livre de Poche Jeunesse est abrégée ! Cependant, la couverture est plus belle et c'est pour ça qu'elle illustre cette chronique. Mais pour lire le texte en entier je vous conseille de vous tourner vers l'excellente collection Larousse, ou encore vers Librio.
Thèmes :
Adolescence,
Amour,
Bonte,
Deuil,
Drame,
Famille,
Histoire-20e siecle,
Poesie,
Souffrance,
Theatre,
Vie,
Violence
20 février 2014
Sujet : Tragédie - "Il est parfois difficile – voire impossible – de connaître la portée d’un choix avant que tout soit terminé"
Merci aux éditions Gallimard Jeunesse, qui ont accepté de m’envoyer les épreuves de « Sujet : Tragédie », le premier roman jeunesse de l’américaine Elizabeth LaBan. Mention spéciale pour la couverture, vraiment superbe et très représentative du livre : la blancheur de la neige, la silhouette qui court, ses teintes bleutées et ses moindres détails rappellent tous un élément du récit. Seule la phrase d’accroche me paraît sans rapport avec l’intrigue, mais elle est efficace et remplit bien sa fonction. Sans l’avoir ouvert, c’est la couverture qui m’a fait choisir ce roman parmi tous ceux du catalogue Janvier/Février, et je ressors assez satisfaite de cette lecture.
« Cher Duncan,
Quand j’ai appris que tu allais me remplacer, je n’y ai pas cru, à dire vrai. Peut-être devines-tu ce que je m’apprête à te révéler, mais je le ferai quand même. Il est important que tu saches pourquoi et comment les choses se sont passées. Il faut que quelqu’un sache – quelqu’un susceptible de se servir de mon expérience pour ne pas refaire les mêmes erreurs que les miennes. Sans doute. Je ne sais pas. En fait, je t’offre le meilleur des cadeaux, le meilleur des trésors dont tu puisses rêver. Je te donne la matière de ta disserte sur la tragédie.
Amicalement,
Tim »
Tim »
Tim, c’est cet adolescent seul qui se cache des autres à cause de son albinisme : admis au pensionnat Irving à New York, il doit passer par la case « aéroport », où il fait une rencontre décisive. Nouvelle. Une rencontre qui tient en un mot : Vanessa. De long cheveux blonds. Des tenues colorées. Un curieux mélange d’innocence et de séduction, qui ne m’a pas vraiment plu. Mais c’est très subjectif cette affinité qu’on crée avec les personnages, et je regrette de ne pas m’être mieux entendue avec ceux côtoyés pendant quatre heures ! Tim s’écrase tellement parfois devant des brutes qui, elles, savent exactement ce qu’elles font ! C’est agaçant et ça me fait de la peine pour lui. Mais une chose est sûre, ce livre est plutôt réaliste et dépeint parfaitement l’ambiance d’un lycée privé, avec ses traditions insolites, ses élèves et ses professeurs tellement proches de ceux qu’on croise tous les jours (tiens, à propos, les professeurs m'ont assez plu. Ils sont franchement originaux, et l'auteur a de bonnes idées les concernant) !
Ce "plutôt" que j'ai ajouté après-coup est dû à deux-trois situations complètement surréalistes. C'était franchement surprenant, trop rapide, trop irréel. Presque magique pour certaines. Un peu de poussière brillante qui se dépose sur l'encre de l'auteur. Une tempête de neige, des vols annulés, une réservation expresse, et du moka maison. Enfin, du moka "hôtel". Je me comprends !
L’intrigue est très bien menée et j’ai apprécié cette confrontation entre les intrigues, ces récits enchâssés qui se recoupent entre eux. C’est brillant de la part de l’auteur et je n'ai pas compris tout de suite ce parallèle avec la dissertation sur la tragédie que doivent rendre les terminales.
Un autre point positif repose sur l’idée originale d’utiliser des CDs pour transmettre l’histoire. Duncan, qui hérite de la chambre de Tim, reçoit également une pile de CDs qui retracent la dernière année du garçon. Ils les écoutent, un par un, sans pouvoir s'arrêter, sans vouloir s'arrêter. Et par allusions fines, Elizabeth LaBan nous emmène vers un évènement connu de tous les élèves et dont personne ne parle. Je vous laisse imaginer le suspens et l'attente qui se répand peu à peu dans notre esprit. Que. s'est-il. passé ? L'extrait reprit un peu plus haut donne le ton : nous lecteurs, un peu en-dehors du coup, sommes plongés au coeur de cet évènement dramatique qui s'est produit. Alors que Duncan et Tim en reparlent avec difficulté, nous le découvrons. Et l'auteur arrive bien à gérer ça, si bien qu'on a parfois l'impression que Tim s'adresse directement à nous.
Je ne me suis pas sentie très bien en lisant ce livre. Ce n'est pas un bouquin que l'on prend après une journée fatigante, c'est assez mastoc et plutôt prenant. Et c'est assez sombre dans l'ensemble, "un ténébreux orage / traversé çà et là par de brillants soleils" comme dirait Baudelaire. C'est très dur parfois, les personnages et les actions ne sont pas toujours reluisants : de la violence, de l'intimidation, de l'alcool qui circule... des tragédies. Il y a aussi des amours naissantes, mais je ne conseille pas ce livre pour se changer les idées. Et le comparer à "Nos étoiles contraires" de John Green me paraît un peu excessif, même si pour un premier roman, Elizabeth LaBan a su faire preuve d'originalité.
Ce livre est paru sous le titre original "The Tragedy Paper" le 1er Janvier 2013 aux éditions Knopf Books for Young Readers, et fait 312 pages en anglais.
Il est sorti le 20 Février 2014 (aujourd'hui !) aux éditions Gallimard Jeunesse et fait 315 pages en français. Il a été traduit de l'anglais par Catherine Gibert.
Elizabeth Laban a travaillé à NBC News, enseigné dans un collège communautaire, et écrit pour de nombreux journaux et magazines. "Sujet : Tragédie" est son premier roman pour la jeunesse. Elle vit à Philadelphie avec sa famille.
Thèmes :
Adolescence,
Amour,
Contemporain,
Drame,
Fantastique,
Jeunesse-Young Adult,
Mystere,
Prose,
Rejet,
Souffrance,
Vie,
Violence
3 janvier 2014
Sentiment 26
2065.
Après une guerre qui a plongé le monde dans le chaos, le Guide Suprême a pris le commandement de la dernière Cité. Ce refuge, ceinturé d’une muraille fortifiée, est organisé en différentes castes : de A à D, des citoyens Admirables aux citoyens Déviants. Pour préserver l’harmonie, tous ont subi une lobotomie. C’est la garantie qu’ils n’agiront jamais contre le Système et respecteront les Sentiments, le livre qui régit leur moralité. Et surtout qu’ils ne s’aventureront pas hors de l’enceinte, chez les
Maudits - ces odieuses créatures qui hantent la nuit de leurs cris inhumains…
Evie, 16 ans, une B, travaille pour le gouvernement et étiquette d’une lettre, jour après jour, l’ensemble des habitants. Promise à Lucas, être froid et distant, parfait A et futur haut dirigeant, elle est en fait amoureuse de son frère Raffy, infréquentable D. Et quand le Système lui ordonne de bannir Raffy sur les terres des Maudits, elle refuse de s’exécuter. Auront-ils la force de s’opposer, ensemble, à la Cité ? (Babelio)
J'ai eu beaucoup de mal a rédiger cette chronique. Pourtant le roman de Gemma Malley a frôlé le coup de coeur. Mais pas tout de suite, puisque c'est seulement à la deuxième lecture qu'il m'a conquise, alos que j'avais arrêté la première faute d'envie.
On rentre vite mais peu profondément dans l'univers futuriste créé par l'auteur ; C'est peut-être dû à un manque de descriptions, à un décor peu défini, mais cela ne m'a pas empêché d'être proche d'Evie, et ce dès les premières pages. On se ressemble par certains côtés, mais elle n'est pas du tout mon alter ego littéraire et je l'ai trouvé parfois trop passive, à attendre et subir. Quoi qu'il en soit, le début a été fort.
Fort, c'est aussi le caractère du ténébreux Raffi. Fort, hargneux et grognon, il m'a parfois agacé. Mais on peut lui trouver des circonstances atténuantes, lui qui a grandi exclu, incompris, très seul et aux côtés d'un frère qu'il déteste et considère comme un traître : Lucas, l'opposé de Raffi à tous points de vue, qui vient fermer le triangle amoureux de l'histoire. Ce dernier est prévisible sans être niais et est étonnamment proche de celui de Promise, la saga dystopique d'Ally Condie.
Je n'en dis pas plus pour vous laisser savourer la lecture, mais ces trois personnages sont un point intéressant du récit. Ce ne sont pas les seuls les acteurs de l'intrigue, et le point commun à presque tous les personnages créés par Gemma est leur psychologie complexe et intéressante. En tout cas ces personnages m'ont plus marquée que l'écriture de l'auteur : sa plume est agréable à lire par sa fluidité, mais elle n'est pas exceptionnelle. Heureusement que Gemma a beaucoup d'idées et qu'elles sont intéressantes : malgré un rythme un peu trop rapide, la trame reste prenante, vraisemblable et facile à suivre. Différents angles de vue enrichissent l'histoire, et j'ai particulièrement aimé le fait que Gemma nous explique comment la société a peu à peu basculé.
Au sein du récit, passé et présent se donnent la réplique et nous montrent comment les atrocités ont stigmatisé la société, en laissant une marque fer blanc et des vies brisées. Pas de fin vraiment heureuse après ce qui s'est passé. Et ça rend le récit plus réel.
On reconstruit, on se reconstruit, on a le droit d'être heureux, vraiment heureux, mais pas celui d'oublier. Sans plomber son existence, sans s'arrêter de vivre, on doit prendre soin de ceux qui ont souffert. On doit honorer les victimes et travailler à ce que les horreurs ne se reproduisent plus. Oui, ça semble cliché. Mais c'est tellement facile à dire qu'à faire ! Et vu que la saga continue, je me demande si les prochains volets de cette série parleront de cette reconstruction.
En attendant, malgré peut-être un très léger sentiment de redite, ce roman n'a fait réfléchir. Je ne partage pas certaines idées de Gemma, mais il m'a fait réfléchir. C'est un roman aux personnages majoritairement complexes et recherchés et à la trame intéressante. Les bonnes idées de l'auteur viennent rehausser une plume agréable mais sans beaucoup de caractère, et l'intrigue est prenante.
Gemma Malley signe ici un très bon roman de science-fiction que j'ai bien -ou beaucoup ?- aimé.
Sentiment 26 est le premier tome de la trilogie The Killables, écrite par Gemma Malley et publiée en 2012 aux éditions Hodder & Stoughton en version anglaise.
Elle a été publiée en français aux éditions Michel Lafon le 12 Avril 2012.
Le roman fait 315 pages et coûte 15 euros à la Fnac.
Elle est mariée et vit à Londres.
Gemma Malley a débuté avec un roman d'anticipation pour adolescents appelé La Déclaration (2007), premier titre d'une série de dystopies. (Wikipédia)
Gemma Malley a débuté avec un roman d'anticipation pour adolescents appelé La Déclaration (2007), premier titre d'une série de dystopies. (Wikipédia)
Livre lu dans le cadre d'une Lecture en Tandem avec Miel, du blog Histoires en Vrac.
Son avis est à venir.
18 avril 2013
Divergente 1
Beatrice est une jeune fille de seize ans qui vit dans dans une Chicago post-apocalyptique divisée en cinq factions : les Altruistes dénoncent l'égoïsme et mettent en avant le don de soi : ils portent des tuniques grises et font passer avant leurs besoins ceux des autres. Les Erudits "pointent du doigt l'ignorance" ; les Sincères ont pour règle principale de ne jamais mentir ; les Audacieux "dénoncent la lâcheté" et veulent n'avoir peur de rien, les Fraternels, vêtus uniquement de rouge et de jaune, privilégient le confort.
Du moins, il était sensé en être ainsi, mais les cinq factions, avides de pouvoir, dégénèrent peu à peu et des tensions apparaissent entre elles.

Le jour de ses seize ans, Beatrice doit choisir lors de la cérémonie du Choix sa faction "définitive", dans laquelle elle vivra pour le restant de sa vie. Mais avant cela, elle passe un test qui révèle ses préférences et ses aptitudes, ce qui désignera la faction dans laquelle elle a sa place. Mais le test n'est pas concluant : Beatrice a autant d'"affinités" Altruiste qu'Audacieux. Ce qui la met en danger, les "Divergents" étant considérés comme une menace par le gouvernement. Tori, la jeune Audacieuse qui lui a fait passer ce test, promet de ne rien dire, sans pour autant lui révéler quoi que ce soit sur cette particularité.
Beatrice n'en parle à personne ; arrivée dans la salle où se scellera sa vie future, elle s'avance et se place devant les coupes symbolisant les factions : une coupe remplie de pierres grises pour les Altruistes, une d'eau pour les Erudits, une de terre pour les Fraternels, une de charbons ardents pour les Audacieux, une de verre pour les Sincères. Selon la coutume, elle s'entaille la main et laisse tomber quelques gouttes de sang sur la coupe de la faction qu'elle a choisie…
Confrontée à la mort, la violence, la cruauté, la rivalité, la vengeance, la peur, mais également à l'amour Tris se fait des amis qui la soutiennent et des ennemis qui la haïssent. Tandis que dans l'ombre, une révolte gronde...
Nous faisons la connaissance de Beatrice, qui deviendra Tris et que je prévoyais être une énième Bella Swan horripilante (cette dernière est l'héroïne la plus agaçante que j'ai jamais rencontrée. J'avais envie de lui coller une paire de baffes parfois !) Belle erreur ! A la cérémonie de Choix, bien qu'on ait des pistes, elle surprend ses proches autant que les lecteurs en choisissant sa faction. Et tout n'arrive pas sur un plateau : devenue novice, appelée "Pète-Sec", elle surprend encore tout le monde, y compris ses entraîneurs (le séduisant Quatre en particulier, un mystérieux jeune homme pas beaucoup plus vieux qu'elle). Malgré des débuts difficiles (des coups de poing et des coups bas), elle finit par se faire une place chez sa nouvelle famille. Mais le livre ne parle seulement de son parcours : il présente une société futuriste effrayante ; les descriptions de combats m'ont donné la nausée tellement elles étaient précises et imaginables. Ces passages violents ne sont pas à faire lire à tout le monde.
Par certains côtés je me suis identifiée à Tris : néanmoins, elle et moi sommes bien différentes pour un grand nombre de choses - entre autres, elle n'a pas le vertige, comme le montre plusieurs fois le roman. Ce qui m'amène à parler des Peurs, éléments centraux du livres. Véronica Roth innove et c'est très agréable - le mot est mal choisi, disons plutôt que c'est bienvenu et très intéressant. Nous arrivons ainsi dans quelque chose d'inédit, le paysage des peurs : des simulations plus que réelles et très angoissantes que doivent gérer les novices. Ceux-ci apprennent dès leur arrivée à se servir d'armes, de leurs poings, on découvre une véritable brutalisation de la Société : le mode de vie dans la faction de Tris et la manière de penser de beaucoup sont imprégnés du caractère d'Eric, son leader. Aussi cruel que violent, et même complètement fou, Tris le compare à "une baby-sitter dont le passe-temps favori serait d'aiguiser des couteaux". Pas très réjouissant... Heureusement que Quatre veille au grain autant qu'il le peut. Ce jeune homme mystérieux dont on ne sait rien est un rival d'Eric. Plus humain, bien plus humain que lui ! Nous assistons à l'éclosion d'un amour partagé avec Tris : celui-ci est très réaliste, et on ne tombe (presque) pas dans la guimauve d'un amour sucré et prévu.
Bref, une bonne dystopie young-adult à réserver tout de même aux plus grands d'entre nous pour son côté très violent.

Divergent(e) (selon les différentes impressions du roman), tome 1, Veronica Roth, Editions Nathan, 501 pages.
"Au moment où le train passe, il se hisse dans un wagon en me tirant derrière lui avec une aisance confondante. J'atterris sur lui, la joue contre sa poitrine. Ses doigts descendent le long de mes bras et il me soutient par les coudes tandis que le wagon cachote sur les rails. Je regarde rapetisser la tour de verre qui recouvre l'enceinte des Audacieux.
- Qu'est-ce que tu voulais me dire? crié-je pour couvrir le sifflement du vent.
- Attends un peu, me répond-il."

Veronica Roth a seulement 24 ans, et vient d'une banlieue de Chicago. Elle a étudié à Northwestern University et a écrit Divergent alors qu'elle avait 22 ans (au lieu de faire ses devoirs ! ) Cette trilogie a remporté un vif succès auprès de ses lecteurs. L'auteur est très présente sur les réseaux sociaux et sur ses différents blogs.Une adaptation du roman a été réalisée par Neil Burger avec Shailene Woodley dans le rôle de Tris et Theo James dans celui de Quatre. Kate Winsley campe quant à elle une méchante très réaliste !
Thèmes :
Adolescence,
Amitie,
Amour,
Aventure,
Jeunesse-Young Adult,
Violence
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