DERNIERES CHRONIQUES

         


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21 novembre 2024

Les lectures de l'automne (Sélection de Noël en coups de coeur et coups de griffe)

 Chers lecteurs et lectrices,

Plutôt que de consacrer d'infimes chroniques à des ouvrages séparés les uns des autres, j'ai décidé de proposer des compilations d'ouvrages lus par saisons. En ce mois d'automne, j'ai tenté de lire un peu chaque soir, pour ne pas perdre une habitude que la consommation excessive d'écrans aurait altérée. Cette discipline a été couronnée d'un succès relatif, qui n'a pas empêché la découverte de belles nouveautés et de quelques livres qui m'ont moins plu. 

3 novembre 2020

Vox, le silence des femmes

Bonjour à tous, et par avance courage en cette période compliquée. 

Je vous prie d'excuser le retard de publication de cette chronique, mais j'avais besoin de trouver un meilleur rythme de croisière que celui, très dense, qui avait accompagné mon retour en Avril. C'est pourquoi désormais mes chroniques seront irrégulières, et se plieront à mon emploi du temps, aux découvertes que je ferai et au gré de mes envies. 


Le roman dystopique de Christina Dalcher, Vox, met en lumière une société américaine proche de notre temps où les femmes sont contraintes de porter au poignet un compteur de mots limité à cent par jour, et dont la transgression entraîne une décharge électrique d'une puissance proportionnelle au nombre de mots dépassés. La société, progressivement tombée dans une misogynie radicale, se structure sur le clivage homme / femme et assigne à chacun des rôles bien définis : l'homme est celui qui travaille, qui donne son avis, qui peut récupérer le courrier et qui reçoit exclusivement les données de santé de son épouse. La femme est celle qui tient son logis en ordre, fait les courses, éduque les enfants, et se tait, merci pour elle. Le parfum des années 1950 est étouffant tant il est fort, surtout pour Jean McClellan dont les compétences élevées en neurosciences ne sont plus d'aucune utilité dans cette nouvelle vie qui s'est imposée à elle. 

3 janvier 2014

Anna Karénine - "Je t'aime, et t'ai toujours aimé; quand on aime ainsi une personne, on l'aime telle qu'elle est et non telle qu'on la voudrait."


Russie, 1874.
La belle et ardente Anna Karénine jouit de tout ce à quoi ses contemporains aspirent : mariée à Karénine, un haut fonctionnaire du gouvernement à qui elle a donné un fils, elle a atteint un éminent statut social à Saint-Pétersbourg.
À la réception d’une lettre de son incorrigible séducteur de frère Oblonski, la suppliant de venir l’aider à sauver son mariage avec Dolly, elle se rend à Moscou. Au cours de son voyage, elle rencontre la comtesse Vronski que son fils, un charmant officier de la cavalerie, vient accueillir à la gare. Quelques brefs échanges suffisent pour éveiller en Anna et Vronski une attirance mutuelle.
Oblonski reçoit également la visite de son meilleur ami Levine, un propriétaire terrien sensible et idéaliste. Épris de la sœur cadette de Dolly, Kitty, il la demande gauchement en mariage, mais Kitty n’a d’yeux que pour Vronski. Dévasté, Levine se retire à Pokrovskoïe et se consacre entièrement à la culture de ses terres. Mais le cœur de Kitty est lui aussi brisé quand elle prend conscience, lors d’un grand bal, de l’infatuation réciproque d’Anna et Vronski. Anna, désorientée, rentre à Saint-Pétersbourg, mais Vronski l’y suit. Elle s’évertue à reprendre sa calme vie de famille mais son obsession pour le jeune officier ne cesse de la tourmenter.
Elle s’abandonne alors à une relation adultère qui scandalise toute l’aristocratie locale. Le statut et la respectabilité de Karénine sont mis en péril, le poussant à lancer un ultimatum à sa femme.
Dans sa recherche éperdue de bonheur, Anna révèle au grand jour l’hypocrisie d’une société obsédée par le paraître. Incapable de renoncer à sa passion, elle fait le choix du cœur. (Allociné)


Cette oeuvre est très dense. Un pan d'histoire rapporté avec une foultitude de détails. 
Mille vingt-quatre pages de vies, d'existences qui se croisent, s'unissent et se défont, une trame ayant pour décor la Russie du XIXe siècle qui subit de nombreux changements. Et nous, lecteurs, deux siècles plus tard, nous contemplons ce vaste territoire comme si nous y étions. Tolstoï a réalisé un chef-d'oeuvre incroyable, une romance passionnée et destructrice qui parvient à nous donner un aperçu de son époque.

Alors oui, j'ai mis près d'un mois à le lire, mais je ressors enrichie de cette lecture. Et mes mots virevoltent comme l'on fait les couples évoluant sur la piste de danse lors de la rencontre d'Anna et Vronski. Ces deux personnages ne sont pas les seuls principaux, puisque Tolstoï confronte leur amour trop intense à celui de Lévine, paysan peu à l'aise en société et brillant dans ses affaires à la campagne, et Kitty, petite dernière d'une riche et noble ancienne famille pétersbourgeoise, mais aussi celui, effiloché et raccommodé, d'Oblonski, bourgeois aisé, et de sa femme Dolly, lasse de l'infidélité de son mari et désabusée de son amour. Et eux six ne sont pas les seuls acteurs de leur micro-société : leurs parents, leurs proches, leurs amis, leurs connaissances forment une représentation à petite échelle de la société russe. A petite échelle et donc pas entièrement complète, mais quand même ! 

Présenter ces personnages en si peu de mots me dérange, car ils sont tellement plus que ces quelques lignes... Ce sont des personnes complexes, profondes, tellement humaines, tellement réelles, tellement authentiques et tellement nombreuses ! On se mélange parfois les pinceaux, notamment à cause de leurs noms aux consonances ressemblantes, surtout pour les hommes. Mais ça ne dérange pas tellement la lecture. Ce qui la rend longue, c'est la quantité de détails, de situations, d'informations, de lieux à assimiler. Tolstoï aborde tout. 
Tout. 
Et c'est passionnant d'avoir son avis, de voir grâce à lui la Russie qui change. A propos de la politique : il parle des juges de paix en faisant débattre ses personnages et en opposant leurs avis par des arguments pour et contre.  Le travail aux champs et les relations avec les paysans sont traités par le biais de Lévine. Ce propriétaire agricole à la nature bonne et généreuse brosse un aperçu de la vie aux champs, des comptes et des récoltes et de toute l'organisation que cela nécessite. 
Les bals et les salons sont du domaine de Kitty, d'Anna, mais aussi de Lévine (qui ne s'y plaît pas) de Vronski, de vieilles comtesses ou de jeunes filles en fleur qui font leurs premiers pas dans la société. Théâtre, moeurs, loisirs, ventes, chasse, ateliers de peintre, droits et conditions des hommes et des femmes, vie quotidienne et industrie, vie et mort… 
La liste est longue et les sujets variés. Quand on est plongé dans le livre, c'est passionnant : le tout c'est d'arriver à y plonger, parce que le livre est particulièrement complexe : je serais incapable d'en lire un par semaine ou par mois, il me faudrait faire une pause. Mais réussir à réunir autant de thèmes différents en un livre, sans que ce soit brouillon ou illogique, c'est du grand art : Anna Karénine est une fresque historique et sociale incroyable et Tolstoï est un maitre. 

J'ai été immergée dans ce récit – bien que pas tout le temps, ma lecture étant hachée – et j'en ressors séduite. Toutefois, j'ai fini par décrocher à la fin, alors que la chute aurait dû être le moment de suspense angoissant. Mais de ce livre je garde un avis très positif, dû à la plume de Tolstoï et à son talent plus qu'à l'intrigue amoureuse en elle-même. La trame est complexe et va un peu dans tous les sens, mais elle se laisse suivre. Enfin, Anna Karénine est un  roman que l'on lit mieux avec un peu d'expérience. Je le réouvrirai dans quelques années pour voir s'il m'a plu autant qu'aujourd'hui...!
                              
Anna Karénine a été écrit par Léon Tolstoï et est paru en 1877 sous le titre Анна Каренина
Son éditeur original  est Rousky Vestnik (Le Courrier russe), et il a été publié en France pour la première fois 1885 aux éditions Hachette. Il a été publié aux éditions Poche le 28 Mai 1997, fait 1024 pages et coûte 9,20 euros.



Léon Tolstoï, ou comte Lev Nikolaïevitch Tolstoï (en russe: Лев Николаевич Толстой), né à Iasnaïa Poliana , le 09 Septembre 1828 et mort à Astapovo le 20 Novembre 1910, est l'un des plus grands romanciers russes. Ses chefs-d'œuvre littéraires majeurs sont Guerre et Paix et Anna Karénine, des fresques sur la vie en Russie au XIXème siècle. Tolstoï est également connu comme essayiste, dramaturge et réformateur. (Exrait du site Babelio)

Livre lu en tandem avec Christel, du blog La tête dans les livres
Vous trouverez ici son avis.

19 janvier 2013

Nom de code : Komiko Tome 1 : Dans la nuit de Hong-Kong



Lian est une jeune chinoise virtuose de violon et mène une vie sage et rangée : du moins, quand, révoltée par la misère et l'injustice dans son pays, elle ne se bat pas contre la corruption en Chine avec sous groupe de hackers activistes 04/06, et sous son nom de code : Komiko. Le groupe, après avoir démasqué les pratiques illégales d'une usine de plastique, s'intéresse à la Harrison Corporation, une multinationale de l'industrie textile. Et la découverte du corps d'une jeune fille sur la plage de Big Wave va donner lieu à des découvertes de plus en plus graves. Le danger ? En rétablissant la vérité, y laisser la vie.


Ce livre nous emmène dans la Chine sombre et mafieuse et dans les industries où sont fabriquées les vêtements que nous portons tous les jours ! Honnêtement, j'ai été horrifiée par la description réelle des usines chinoises.
Lian (ou Komiko) est une jeune fille au caractère bien trempée, un personnage comme il est agréable de rencontrer dans les livres. L'histoire est originale, réaliste et écrite d'une plume claire et fluide. Elle est pleine de rebondissements et de suspens, et le tout s'enchaîne bien et de manière claire. Les héros principaux, à savoir (entre autres) Komiko et Matt Harrison, fils du P.D.G de la multinationale, vont commencer par se détester cordialement, puis par s'apprivoiser et finir finalement amis. Une courbe qui diffère légèrement du coup de foudre habituel entre les deux héros masculin et féminin ! Lian va découvrir que les ennemis ne sont pas toujours ceux que l'on croit... Un bon livre.

Nom de code : Komiko, Tome 1 : Dans la nuit de Hong-Kong, Naomi Paul, Editions Flammarion, 342 pages, 13 euros.

 "Etait-ce la culpabilité d'appartenir à un milieu aisé qui l'avait poussé à rejoindre 04/06 ? (...) Elle haussa les épaules. Non, ce n'était pas ça. (...) Elle croyait sincèrement aux causes qu'elle défendait.  Ce qu'elle supportait moins que tout, c'était l'hypocrisie. Elle ferait tout, absolument tout, pour la démasquer et l'exposer au grand jour."

Le book trailer de la série !