Dans le courant du mois de Décembre, j'ai eu l'opportunité de découvrir un projet dont j'aimerais vous parler. Mêlant engagement écologique, entreprenariat français et univers du livre, la mission de La Bourse Aux Livres (BAL) m'a séduite. Merci à Clément Gateaud, Directeur de la Croissance et du Marketing, qui a bien voulu me consacrer du temps pour répondre à quelques questions.
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4 janvier 2021
18 mai 2014
Interview - Valentine Watrelot Mingoia : "Il ne faut pas écrire pour écrire, il faut écrire parce qu'on est passionné."
Valentine Watrelot-Mingoia est l'une des plus jeunes auteurs éditée de France et entre deux cours et une signature, elle a accepté de répondre à mes nombreuses questions sur son parcours et son roman "Nikita Ofgold" !
J'ai découvert le projet de Valentine - qui était alors âgée de quatorze ans - en me baladant sur le site de My Major Company. Cette plate-forme de financement participatif avait alors donné vie aux projets de Grégoire (Boissenot, qui a sorti trois albums, Toi + Moi, Le même soleil et Les roses de mon silence), ou encore Irma (Pany, qui a dégainé sa superbe voix soul dans Letter to the Lord et Faces, dans les bacs le 2 Juin 2014), révélés au grand public grâce aux internautes qui ont soutenu leur talent et leur idée.
Mais le site est aussi un tremplin pour les auteurs, les scénaristes de bandes dessinées ou les artistes et permet également de réaliser des projets de grande envergure tels que la rénovation du Panthéon ou la construction d'écoles. Tout cela avec l'aide des internautes !
J'ai été intriguée par le projet de Valentine, impressionnée par sa motivation, admirative devant son âge et emballée par son imagination. Son parcours est incroyable et c'est un bonheur de voir que son roman a été publié !!
Cette belle histoire rappelle un peu celle de Charles-Antoine Cros (qui est à 14 ans l'auteur des six tomes de la saga Fleur de Lys, publiée aux éditions du Lys Noir) et je vais laisser Valentine vous la raconter… Parce que les récits fantastiques, elle les connaît bien !
La vidéo de présentation de la saga, remarquablement bien faite
PARCOURS JUSQU'À AUJOURD'HUI
Coffee & Books - Bonjour Valentine, merci de répondre à ces questions ! Pour commencer, pourrais-tu te présenter ?
Valentine Watrelot-Mingoia - Bonjour ! J'ai 15 ans, je suis en 2de au lycée Châtelet de Douai, dans le nord de la France. Je fais du piano, de l'équitation, mais ma passion est avant tout l'écriture ! ;)
C&B - Parlons donc de ta passion. Depuis quand écris-tu ?
V. W-M - J'ai toujours aimé écrire. Depuis le début du collège, je prends plaisir à rédiger mes rédactions et à inventer de petites histoires. Même avant mon entrée en 6ème, à 10 ans 1/2, j'ai participé à un concours d'écriture local, et je suis arrivée à une honorable place de quatrième (parmi des adultes !), avec une nouvelle intitulée "Les Haricots Bleus". J'avais déjà l'envie d'écrire et une imagination folle !
V. W-M - J'ai toujours aimé écrire. Depuis le début du collège, je prends plaisir à rédiger mes rédactions et à inventer de petites histoires. Même avant mon entrée en 6ème, à 10 ans 1/2, j'ai participé à un concours d'écriture local, et je suis arrivée à une honorable place de quatrième (parmi des adultes !), avec une nouvelle intitulée "Les Haricots Bleus". J'avais déjà l'envie d'écrire et une imagination folle !
C&B - C'est impressionnant ! Etait-ce ton premier texte ? Si non, te rappelles-tu du premier livre ou du premier texte que tu as écris ? Qu'il aie été achevé ou non.
V. W-M - Mon premier roman, c'est bien sûr Nikita. Je me souviens néanmoins d'un récit que j'avais commencé, écrit à la première personne. Il s'intitulait "Renards en danger", et racontait l'histoire de la fille du directeur d'un zoo, qui connaissait le secret des animaux : ils étaient doués de parole. Mais je n'ai écrit que quelques pages pour décrire l'ambiance et l'univers, et je l'ai laissé de côté. Je ne pense pas le reprendre un jour, mais qui sait ! ;)
C&B - C'est bien connu, tous les auteurs ont commencé par lire et ce depuis leur jeunesse. Quels sont les livres qui ont bercé ton enfance ?
V. W-M - Depuis toute petite, même avant de savoir lire, j'ai été abonnée à des magasines jeunesse : Mille et Une Histoire, J'aime Lire, etc. J'ai toujours aimé lire. Vers 6/7 ans, quand j'ai commencé à lire de "grands" livres toute seule, je me suis plongée dans les séries comme Les Fées de l'Arc En Ciel ou La Cabane Magique, bref déjà des histoires qui sortaient de l'ordinaire ! Je n'ai jamais vraiment aimé les récits réalistes, je préfère des histoires qui nous plongent dans un autre univers, qui permettent de s'évader... ;) C'est en 6ème, avec Harry Potter (évidemment ;) ) que j'ai découvert la littérature fantastique/fantasy, et que je n'ai jamais quitté ce domaine. En dehors des lectures obligatoires des cours, je ne lis presque que ça : Tara Duncan, Les Chevaliers d'Émeraude, Percy Jackson, Oksa Pollock... ;)
C&B - Ca doit être magique de voir son roman à côté de ceux-ci à la Fnac ou dans les bibliothèques… J'ai lu que la publication de "Nikita" ne s'est pas faite immédiatement. Pourrais-tu parler des étapes qui ont fait du manuscrit dans un classeur, un roman présent dans toutes les librairies ?
V. W-M - J'écris au stylo plume (rose, violet ou vert, jamais bleu, c'est trop banal ! ;) ) sur des copies doubles que je range dans un classeur. Pour un tome, je remplis deux classeurs ! J'ai récemment terminé l'écriture du tome 2, et deux nouveaux classeurs sont pleins ! ;) Une fois l'écriture terminée, je recopie tout sur traitement de texte, ce qui me permet d'effectuer une première correction. Puis commencent les relectures : On lit, on corrige les fautes d'orthographe restantes, on modifie certains passages, on en supprime, on en ajoute... "On", c'est à dire que mes parents, qui me relisent, me suggèrent des modifications, et je les accepte ou pas. Car c'est moi l'auteur, c'est moi qui décide ! ;) Pour le tome 1, il m'a fallu 9 mois pour rédiger et 3 mois pour corriger. Puis on envoie les manuscrits aux éditeurs, et on attend, on attend, on attend... ;) Il faut être très patient et ne pas se décourager ! Finalement, ce sont les Editions Amalthée qui m'ont donné leur accord. Quelle émotion de recevoir le courrier disant que mon livre a été retenu par leur comité de lecture ! ;)
C&B - J'imagine ! As-tu déjà rencontré tes éditeurs ? Ton illustrateur ?
V. W-M - Les Editions Amalthée sont une petite maison Nantaise, et j'habite dans le Nord, je n'ai donc pas pu rencontrer mes éditeurs ni mon illustrateur, mais je corresponds avec eux par téléphone ou par mail.
C&B - Comment se sont faites la publication et la promotion de "Nikita" ?
V. W-M - Mon éditrice m'a proposé un contrat participatif, c'est-à-dire que je devais financer une partie de la publication. J'ai donc fait appel à My Major Company, où les internautes m'ont généreusement soutenue en contribuant à mon projet ! J'ai donc pu être publiée.
D'abord, l'éditeur corrige les dernières fautes d'orthographe ou coquilles puis me renvoie le manuscrit avec les dernières modifications à faire, s'il y en a. Enfin, je leur retourne le texte définitivement corrigé, avec la quatrième de couverture que j'ai moi-même rédigée.
C'est la première épreuve.
Ensuite, l'illustrateur me propose une première de couverture, et je lui indique les modifications que je désire appliquer. Il y a ainsi plusieurs échanges jusqu'à ce que ce soit parfait.
Puis, on attend, car l'éditeur a beaucoup de manuscrits à traiter ! On peut demander des nouvelles de l'avancée de la fabrication du livre, et l'éditeur nous donne la date de parution.
Le 18 décembre, (2 jours après la parution) j'ai reçu plus de 215 exemplaires que je devais expédier aux contributeurs de My Major Company. Quelle émotion, encore une fois, et quelle joie, quelle fierté d'avoir son propre roman dans les mains ! :')
C&B - T'es-tu beaucoup renseignée lorsque que tu t'es tournée vers l'auto-édition ? Pourquoi ce choix ?
V.W-M - D'abord, je voulais une édition ordinaire, à compte d'éditeur. Mais étant une jeune auteure débutante et inconnue (à vous de faire connaître Nikita au plus de monde possible ! ;) ), les grandes maisons comme Flammarion, Gallimard, etc, n'ont pas voulu prendre de risques et ne m'ont pas acceptée. Mais j'ai découvert les éditions Amalthée, qui ne proposent pas une auto-édition, mais disons "moitié-moitié", ;) un contrat participatif qui implique, comme le nom l'indique, la participation de l'auteur. Bien sûr, j'ai hésité, j'ai lu les critiques de la maison d'édition, et je connais certaines personnes dont les ouvrages ont été publiés là et qui en sont ravies. J'ai donc accepté le contrat. ;)
C&B - T'es-tu beaucoup renseignée lorsque que tu t'es tournée vers l'auto-édition ? Pourquoi ce choix ?
V.W-M - D'abord, je voulais une édition ordinaire, à compte d'éditeur. Mais étant une jeune auteure débutante et inconnue (à vous de faire connaître Nikita au plus de monde possible ! ;) ), les grandes maisons comme Flammarion, Gallimard, etc, n'ont pas voulu prendre de risques et ne m'ont pas acceptée. Mais j'ai découvert les éditions Amalthée, qui ne proposent pas une auto-édition, mais disons "moitié-moitié", ;) un contrat participatif qui implique, comme le nom l'indique, la participation de l'auteur. Bien sûr, j'ai hésité, j'ai lu les critiques de la maison d'édition, et je connais certaines personnes dont les ouvrages ont été publiés là et qui en sont ravies. J'ai donc accepté le contrat. ;)
C&B - Comment parviens-tu à combiner cours et séances de dédicaces ?
V. W-M - Je n'ai pas cours le samedi, je peux donc partir en séances de dédicaces. Mais je dois, si la séance commence le matin, annuler mon cours d'équitation ! ;)
C&B - Pourrais-tu parler un peu de My Major Company ?
V. W-M - Comme je l'ai dit précédemment, mon éditeur m'a proposé un contrat participatif, je devais donc financer la publication en vendant à l'avance 150 exemplaires du livre.
J'ai donc eu l'idée, en août 2013, de créer un projet sur My Major Company, site de financement participatif qui permet aux internautes d'aider les artistes (musique, mais pas seulement !) de financer leurs projets (CD, ou même projets patrimoine, et livres ! ;) ).
Sur la page de mon projet, je me suis présentée, j'ai décrit Nikita et son univers, et j'ai mis des extraits du roman à disposition des internautes.
Beaucoup de gens de toute la France, et même des pays francophones et des régions d'outre-mer (jusqu'à Tahiti !) ont été séduits par mon univers, mon style d'écriture et mon jeune âge, et ont montré beaucoup d'enthousiasme ! Je recevais régulièrement des messages de soutien et d'encouragement qui me touchaient énormément ! ;) Grâce à l'aide très généreuse des contributeurs, que je remercie encore et qui ont finalement commandé environ 230 livres (au lieu de 150 ! ;) ), j'ai atteint 400% de la somme que je désirais, ce qui m'a permis de financer mon contrat et d'investir dans les contributions supplémentaires : affiches, photos, marques-pages... l'achat d'autres affiches m'a permis également de faire la promotion dans mon entourage ! ;)
Allez voir le projet de Valentine sur My Major Company !
C&B - As-tu fait lire "Nikita" autour de toi avant de l'envoyer aux maisons d'éditions ? Si oui, quel a été ton premier lectorat ?
V. W-M - J'ai fait lire Nikita à mes parents uniquement, parce qu'ils m'encourageaient et pour qu'ils me donnent des conseils et me corrigent. Ils sont mes correcteurs-relecteurs-premiers fans ! ;)
C&B - Et en as-tu tout de suite parlé à tes ami(e)s ? T'ont-ils aidée dans la rédaction de ton roman (idées, conseils...) ?
V. W-M - Bien sûr, tous mes proches étaient au courant que j'écrivais, mais ils ne pouvaient pas vraiment m'aider puisqu'ils ne connaissaient pas l'histoire. Ils m'ont encouragée et soutenue tout au long de mon aventure, je les en remercie beaucoup ! ;)
V. W-M - Bien sûr, tous mes proches étaient au courant que j'écrivais, mais ils ne pouvaient pas vraiment m'aider puisqu'ils ne connaissaient pas l'histoire. Ils m'ont encouragée et soutenue tout au long de mon aventure, je les en remercie beaucoup ! ;)
C&B - Ton professeur de français était-il au courant ?
V. W-M - Oui, j'en ai parlé à ma professeur de français, mais après avoir envoyé le manuscrit aux éditeurs. Elle m'a encouragée, dit qu'elle était fière de moi et qu'elle le lirait. C'était en 3ème, l'année dernière. Maintenant, mon livre est au CDI de mon ancien collège (et de mon lycée aussi d'ailleurs) ! ;)
C&B - Tu rencontres souvent tes lecteurs lors de séances de dédicace. Qu'est-ce que ça fait d'être "de l'autre côté de la table" ? As-tu été intimidée ?
V. W-M - À chaque fois que j'arrive à une séance de dédicaces, je suis toujours un peu intimidée parce qu'il n'y a d'abord personne, il faut attendre que les gens arrivent. Je suis ravie d'être de l'autre côté de la table et de pouvoir partager mon univers avec les lecteurs, ou même d'en parler aux clients de la librairie qui passent sans connaître Nikita mais qui s'intéressent très vite à mon univers ! Ce sont toujours de beaux moments ! ;)
C&B - Projettes-tu de faire des signatures dans d'autres régions ?
V. W-M -Pour l'instant, aucune séance de dédicaces n'est prévue en dehors de ma région, mais si j'en ai l'occasion, ce serait avec grand plaisir ! ;)
C&B - Comment tes lecteurs (dont les internautes de MMC) t'ont-ils encouragée pendant la rédaction puis la publication de "Nikita" ?
V. W-M - C'est leur enthousiasme qui m'a encouragée : ''J'ai hâte de le lire, je suis sûr(e) qu'il va me plaire !" "C'est super, à ton âge, bravo !'' ; leur étonnement aussi : "tu as 14 ans et tu écris un livre ? Wahou !" ;) ; et mes amis proches qui me disaient "dépêche-toi de finir, je veux le lire !" ;) J'ai toujours été bien entourée et ma motivation n'a jamais faibli. Un grand merci encore à tous ceux qui m'ont soutenue !
C&B - Quels sont tes genres littéraires favoris ?
V. W-M - Mon genre favori est bien sûr la fantasy, les romans comme Harry Potter, Tara Duncan, Indiana Teller, Les Chevaliers d'Emeraude, etc. ;)
C&B - Et quels sont tes auteurs préférés ? Tes romans préférés ? Tes personnages de livres préférés ?
V. W-M - Je n'ai pas vraiment de préférence, j'aime tous les auteurs, tous les romans et tous les personnages de ce domaine ! ;) Mon coup de cœur, curieusement, n'est pas un roman de fantasy, mais un roman d'amour (je suis romantique...^^) : L'amour dure plus qu'une vie, par l'auteure de 4 filles et 1 jean (Anne Brashare).
C&B - Attention, question difficile ! Si tu devais partir sur une île déserte immédiatement, quels seraient les trois livres (pas plus ;-) ) que tu emporterais ?
V. W-M - Trois romans seulement ? Impossible ! ;) J'essaie quand même de choisir... Tara Duncan 11, La guerre des Planètes (parce que je n'ai toujours pas eu le temps de le terminer, honte à moi !), ensuite, L'amour dure plus qu'une vie, pour relire mes passages préférés, et le "Guide Pour Survivre Seule Sur Une Ile Déserte Quand On N'a Pas Pu Emporter Toute Sa Bibliothèque". (Je précise que ce livre n'existe pas. ;) ) Mais bien sûr, je me téléporterai régulièrement chez moi pour ramener les deux premiers livres et en prendre deux autres, ainsi je n'en ai jamais plus de trois sur l'île. (Eh oui, je suis rusée haha [rires].)
C&B - Combien y a-t-il de livres dans ta bibliothèque ?
V. W-M - Euh... je suis obligée de compter ? ;) Beaucoup ! Tellement que je n'ai pas assez de place pour tous les ranger, je suis donc obligée de les empiler, ce qui ne donne pas une image de moi très ordonnée... on me pardonne ? ;)
À PROPOS DE TON ÉCRITURE ET DE NIKITA
C&B - À quelle fréquence écris-tu ?
V. W-M - Je n'écris pas de façon régulière, je ne m'oblige pas à écrire par exemple chaque jour de 18h à 19h. J'écris quand je suis inspirée, souvent tard le soir (je sais, je devrais me coucher tôt pour ne pas être fatiguée à l'école...), aussi le week-end, et c'est pendant les vacances que j'avance le plus.
C&B - Ecris-tu d'autres types de textes ? D'autres histoires ?
V. W-M - Non, je n'écris que Nikita. Enfin si, j'écris les "écritures d'invention" que nous donne parfois la professeur de français, mais ça, ça ne compte pas... ;)
C&B - As-tu parfois le "syndrome de la page blanche" ? Un manque d'inspiration ? Un manque d'envie ?
V. W-M - Il m'arrive de manquer d'inspiration, c'est normal, et dans ce cas j'attends qu'elle revienne... il peut se passer plusieurs semaines sans que j'écrive ! C'est souvent parce que j'ai des idées sur ce qui va se passer plus tard dans l'histoire, mais pas au moment précis auquel je suis arrivée dans mon écriture... C'est embêtant ! ;) Le manque d'envie est plus rare, et quand cela m'arrive, c'est parce qu'on me dit (même si c'est rare) : "Va écrire, avance dans ton tome !" Je n'aime pas écrire sur commande. ;)
C&B - Selon toi, qu'est-ce qu'un auteur ? Un poète ?
V. W-M - Un auteur est une personne qui écrit une histoire, un roman, un essai, un poème, un pièce de théâtre. Un poète est l'auteur de poésies ! ;)
C&B - Quels romans t'ont donné des idées pour Nikita ?
V. W-M - Toutes mes lectures de fantasy !
C&B - En combien de temps as-tu écrit "Nikita" ?
V. W-M - L'écriture du tome 1 m'a pris 9 mois, celle du tome 2, près de 2 ans (parce que j'ai commencé immédiatement après avoir fini le tome 1, en août 2012, et j'ai fini en mai 2014 !).
C&B - D'où vient le nom "Nikita Ofgold" ?
V. W-M - J'ai découvert le prénom de Nikita dans un magasine : Nikita était l'héroïne et son amie, Pauline, adorait son prénom. Je me suis mise à l'adorer aussi ! ;) Pour le nom, Ofgold, je voulais quelque chose qui sonnait anglais... Je trouvais que ça "faisait bien".
C&B - Quelle relation as-tu avec tes personnages ? Nikita est une amie, un modèle, un idéal, un peu toi-même ?
V. W-M - Mes personnages sont un peu comme de vraies personnes, et je m'identifie à Nikita. Je suis très proches d'eux, et si par exemple je décide que l'un d'entre eux va mourir, je réfléchis longtemps, car j'ai parfois l'impression de tuer un être vivant ! (PS : je vous rassure, je ne suis pas une meurtrière. ;))
C&B - Combien de tomes prévois-tu pour ta saga ?
V. W-M - Je n'ai pas encore défini le nombre exact de tomes, peut-être une dizaine.
C&B - Que voudrais-tu pour "Nikita" ? As-tu des projets en cours pour ta saga ?
V. W-M - Je voudrais que Nikita soit aimée de ses lecteurs et qu'elle ne se fasse pas tuer par Harald Fulgor... mais il est imprévisible et dangereux. ;) Mes projets sont de continuer à écrire, et de publier toute ma saga ! ;)
C&B - Quels conseils donnerais-tu à des jeunes qui veulent écrire ou être publiés ?
V. W-M - Écrire est une passion. Il ne faut pas écrire pour écrire, il faut écrire parce qu'on est passionné. Etre publié est très difficile, et tout le monde ne peut pas y arriver, mais il faut croire en ses rêves et ne jamais se décourager ! Si j'y suis parvenue, pourquoi pas vous ? ;)
C&B - As-tu un dernier mot pour les lecteurs de Coffee & Books ?
V. W-M - Vous pouvez suivre mes actualités et celles de Nikita sur ma page facebook ou sur mon blog, ou me contacter à l'adresse suivante : nikita.ofgold@gmail.com .
J'espère vous rencontrer un jour lors d'une de mes séances de dédicaces ! ;)
Poursuivez vos lectures et vos rêves et ne les abandonnez jamais ! ;)
Bises illuminées de magie,
Valentine WM
Valentine WM
Thèmes :
Evenements littéraires,
Fantasy,
Interview,
Jeunesse-Young Adult
17 juin 2013
Interview de Gaël Bordet
Et oui, je ne peux pas me passer de vous ! Petite apparition sur le blog afin de partager avec vous l'interview réalisée auprès de Gaël Bordet.
Mon collège a eu la chance de recevoir Vendredi dernier la visite de Gaël Bordet, auteur pour la jeunesse chez Bayard. A cette occasion, le club lecteur a pu lui poser quelques questions.
D'ailleurs, son roman Petits Contes à Régler, dont la chronique sera publiée en Juillet, a été placé sur la deuxième place du podium "Club Lecteurs 5ème" organisé au collège, parmi une sélection de romans. Une belle victoire, qui est bien méritée !
D'ailleurs, son roman Petits Contes à Régler, dont la chronique sera publiée en Juillet, a été placé sur la deuxième place du podium "Club Lecteurs 5ème" organisé au collège, parmi une sélection de romans. Une belle victoire, qui est bien méritée !
Club Lecteurs : Bonjour ! Pourriez-vous vous présenter en quelques mots ?
Gaël Bordet : Bonjour ! Alors, j'aime le chocolat, j'ai passé mon enfance en Afrique (en Côte d'Ivoire et au Sénégal), ce qui a développé mon imagination. Aimant l'art, je m'essaye aussi à la sculpture, au dessin ou encore au théâtre. J'aime écrire depuis ma jeunesse, et mes auteurs préférés sont I. Calvino, un auteur fantaisiste, Flaubert ou encore Proust, qui décrit très bien les relations humaines.
C. L : En combien de temps avez-vous écrit votre roman (Petits Contes à Régler, ndlr) ?
G. B. : Je l'ai commencé en 2005, et il est sorti en 2011: entre temps j'ai fait une pause de deux ans dans sa rédaction, car je ne le jugeais pas assez bien. Mais même si rien n'est jamais parfait, je l'ai continué jusqu'au bout ! Il ne faut pas se décourager.
De plus, derrière tout roman, il y a deux phases : une phase d'écriture et une phase durant laquelle on recherche un éditeur ; cette phase peut être longue, et en ce qui me concerne, Bayard m'a contacté au bout de neuf mois.
C. L. : Avez-vous eu envie d'abandonner ?
G. B. : Oui, comme je le disais, je ne le jugeais pas assez bien en comparaison avec d'autres auteurs ; les découragements sont fréquents mais je l'ai tout de même terminé.
C. L. : Comment vous est venue l'idée d'écrire Petits Contes ? Et de réunir tous les personnages de Perrault en un seul roman ?
G. B. : Dans ses contes, Perrault parle de contrées telles que Mirabilis par exemple, qu'il ne développe pas. J'ai voulu décrire ces mondes dont Perrault ne parle presque pas. En ce qui concerne les personnages de Petits Contes, je voyais à l'origine Pandora (une jeune rebelle mystérieuse, ndrl) comme étant une méchante, qui voulait se venger de quelque chose, mais au fur et à mesure ce personnage a évolué, elle pourrait avoir de bonnes raisons de se rebeller.
Durant la rédaction d'un roman, des personnages peuvent se rajouter, c'est le cas de Gueule-de-Loup par exemple (un tavernier qui n'hésite pas à parler fort ! ndlr) : on a la liberté de s'adapter mais il faut toujours garder un fil conducteur, un objectif.
C. L. : Quel(s) est/sont le(s) message(s) de votre roman, s'il y en a ?
G. B. : Le roman parle des peurs de l'enfance, comment elles sont vécues, qu'est-ce qui angoisse... Les personnages de Perrault sont tous soit porteurs d'angoisse, soit ils ressentent de l'angoisse. Ils ont tous "un grain", doivent surmonter des épreuves... Il parle aussi de liberté, de ce qu'on fait de notre liberté, de la liberté de conscience qui nous conduit à refuser d'obéir à un ordre injuste ou tyrannique : par exemple les Résistants lors de la Seconde Guerre Mondiale. Il parle également du plaisir de la lecture : les contes ne sont pas que pour les enfants.
C. L. : Que représentent pour vous vos personnages ? Vous identifiez-vous à certains d'entre eux ?
G. B. : Pandora représente la résistance, la justice. Jason (un jeune homme ayant de l'expérience en ce qui concerne les mondes féériques, à la tête des jeunes stagiaires de l'Observatoire des mondes imaginaires, ndlr) est responsable et raisonnable. Hector (un jeune homme aux cheveux teints en bleu, très sympathique, ndlr) est claustrophobe, il ressent de l'angoisse, et il se pose beaucoup de questions tout en cherchant des réponses. Sybille (la plus jeune des stagiaire, a une sorte de don de "vision", ndlr) est jeune mais volontaire, malgré sa fragilité. Et tous sont soudés par une amitié forte. D'ailleurs, en ce qui concerne les personnages, Gueule de Loup, Pandora et Hector ont un profil Facebook ! N'hésitez pas à les demander en ami :)
C. L. : Dans votre roman sont présentes de nombreuses inventions, dont le verbe "féér", qui désigne des objets enchantés. Pourriez-vous nous l'expliquer ? D'autre part, vous parlez aussi de l'archéopsyché, une sorte de minuscule cortex célébral logée dans l'hippocampe, une partie du cerveau...
G. B. : Dans ses contes, Perrault utilisait parfois ce mot au lieu de "féérique". C'est de là que vient l'idée ! En ce qui concerne l'archéopysché, il est inventé même si l'hippocampe existe bien ! L'archéopsyché permet de voyager dans l'Imaginaire et s'efface peu à peu lorsque l'on adulte. Mais pour un agent, il ne disparaît pas...
C. L. : Mirabilis est une ville au décor fabuleux, cadre d'une partie de votre roman. Avez-vous déjà essayé de la représenter ? Ce serait une bonne idée pour des étudiants en art ! D'autre part, le château majestueux de Cendrillon est doté d'une galerie de miroirs. Serait-elle en partie inspirée par la magnifique Galerie des Glaces de Versailles ? En est-il de même pour les jardins du château, ceux de Mirabilis et ceux créés par Le Notre ?
G. B. : Mirabilis a été représenté par Benjamin Bachelier, qui est l'illustrateur de Petits Contes. Il a publié ses créations sur un site, qui a été malheureusement piraté. Mais il a gardé les esquisses, et mon image de couverture sur Facebook (la page Facebook de Petits Contes
) est une vue de nuit de cette cité. Et pour le château de Cendrillon, il est un peu inspiré de celui de Versailles.
C. L. : Avez-vous écrit d'autres romans ?
G. B. : Le deuxième volet de la saga, L'affaire Sherlock H., sort le 20 Juin. Il parle de l'univers de Sherlock Holmes, et le titre est dans la lignée du tome 1, Le cas Rubis C. Et à l'origine, Petits Contes à Régler devait être le titre du tome 1 ! Il a finalement été utilisé pour celui de la saga. Je pense que l'on peu lire le tome 2 sans avoir lu le tome 1 au préalable, puisque de nombreux rappels sont faits et que l'on y trouve un lexique. (Petit mot de Safran : Direction vos librairies ! ^^)
C. L. : A quel âge avez-vous commencé à écrire ?
G. B. : J'ai commencé vers 8-9 ans, pour le plaisir. L'une de mes premières histoires était celle d'un lynx égaré dans un champ de coton. Pas très réaliste ! Et sinon, j'ai commencé à écrire Petits Contes à un peu moins de 30 ans.
C. L. : Avez-vous toujours voulu être écrivain ?
G. B. : Je voulais lire des histoires, en vivre, mais je n'ai pas vraiment pensé à "être écrivain". Je ne pensais pas pouvoir l'être, et ne me considère toujours pas comme un écrivain. Je pense que ce sont les lecteurs qui le disent, c'est difficile de dire si ce que l'on fait est bien.
C. L. : De combien de tomes sera faite la série ?
G. B. : Cela dépend des ventes. Je pense en faire un troisième, il faut que j'en parle à mon éditeur. Et, petit scoop, il se passerait dans l'univers fantastique de Jules Verne !
C. L. : Avez-vous un autre métier ?
G. B. : Je lis beaucoup, et suis lecteur de manuscrits chez Gallimard Jeunesse. Avant, j'étais sociologue.
C. L. Quels conseils donneriez-vous à un jeune qui souhaite écrire ?
G. B. : Il faut beaucoup lire, s'imprégner de la manière de construire une histoire, avoir un fil conducteur, un dénouement, une chute. Et surtout, il faut se relire pour veiller à la cohérence de son texte ! Il faut également éviter de dissocier les descriptions de l'action pour ne pas perdre le lecteur et ne pas rompre le rythme.
C. L. : Si vous deviez partir précipitamment et n'emporter que trois livres, quels seraient-ils ?
G. B. : Pas évident... Nos goûts évoluent, et puis il existe tellement de livres incroyables ! J'ai bien envie de tricher un peu. Tout d'abord, la Bible, peut-être le livre le plus célèbre au monde, qui est un recueil d'histoires toutes plus exceptionnelles les unes que les autres. Ensuite, et c'est là que je triche, la Trilogie des ancêtres, d'Italo Calvino (qui comprend Le Baron perché, Le Vicomte pourfendu et Le Chevalier inexistant). Enfin, et je triche encore un peu, l'ensemble de La Recherche, de Proust, qui est un formidable observateur de son temps, des moeurs et des caractères. Bien embêté de ne pas pouvoir emporter Les Trois mousquetaires ou les pièces de Shakespeare.
C. L. : Lisez-vous des romans jeunesse ?
G. B. : Enormément ! La littérature jeunesse, qui n'est pas un genre contrairement à ce que beaucoup pensent (y compris nos chercheurs les plus sérieux), offre justement une diversité et une créativité qu'on ne voit plus toujours dans la littérature dite générale. Parmi les auteurs que j'apprécie, se trouvent par exemple Silvana Gandolfi, Timothée de Fombelle, Pierre Bottero, Eoin Colfer...
C. L. : Avez-vous une anecdote sur votre métier à nous raconter ?
G. B. : Une petite anecdote qui montre bien (si besoin était) que fiction et réalité se confondent très souvent. Des amis musiciens ont fondé un groupe de rock velu-fendard fééric trash. On envisage une tournée en France, et une autre en Europe.
C. L. : Auriez-vous un mot pour les lecteurs de Coffee & Books ?
G. B. : Continuez de prendre du plaisir à lire, écrire, et partager vos impressions : c'est communicatif ! Inspiration, encouragments et succès pour vos oeuvres, à commencer par les textes que vous écrivez pour le concours organisé par Safran. En tout cas, bravo pour ce blog très bien construit, et original pour ses points de vue. Je rêverais d'ailleurs de me promener entre les rayonnages de votre belle bibliothèque !
C. L : En combien de temps avez-vous écrit votre roman (Petits Contes à Régler, ndlr) ?
G. B. : Je l'ai commencé en 2005, et il est sorti en 2011: entre temps j'ai fait une pause de deux ans dans sa rédaction, car je ne le jugeais pas assez bien. Mais même si rien n'est jamais parfait, je l'ai continué jusqu'au bout ! Il ne faut pas se décourager.
De plus, derrière tout roman, il y a deux phases : une phase d'écriture et une phase durant laquelle on recherche un éditeur ; cette phase peut être longue, et en ce qui me concerne, Bayard m'a contacté au bout de neuf mois.
C. L. : Avez-vous eu envie d'abandonner ?
G. B. : Oui, comme je le disais, je ne le jugeais pas assez bien en comparaison avec d'autres auteurs ; les découragements sont fréquents mais je l'ai tout de même terminé.
C. L. : Comment vous est venue l'idée d'écrire Petits Contes ? Et de réunir tous les personnages de Perrault en un seul roman ?
G. B. : Dans ses contes, Perrault parle de contrées telles que Mirabilis par exemple, qu'il ne développe pas. J'ai voulu décrire ces mondes dont Perrault ne parle presque pas. En ce qui concerne les personnages de Petits Contes, je voyais à l'origine Pandora (une jeune rebelle mystérieuse, ndrl) comme étant une méchante, qui voulait se venger de quelque chose, mais au fur et à mesure ce personnage a évolué, elle pourrait avoir de bonnes raisons de se rebeller.
Durant la rédaction d'un roman, des personnages peuvent se rajouter, c'est le cas de Gueule-de-Loup par exemple (un tavernier qui n'hésite pas à parler fort ! ndlr) : on a la liberté de s'adapter mais il faut toujours garder un fil conducteur, un objectif.
C. L. : Quel(s) est/sont le(s) message(s) de votre roman, s'il y en a ?
G. B. : Le roman parle des peurs de l'enfance, comment elles sont vécues, qu'est-ce qui angoisse... Les personnages de Perrault sont tous soit porteurs d'angoisse, soit ils ressentent de l'angoisse. Ils ont tous "un grain", doivent surmonter des épreuves... Il parle aussi de liberté, de ce qu'on fait de notre liberté, de la liberté de conscience qui nous conduit à refuser d'obéir à un ordre injuste ou tyrannique : par exemple les Résistants lors de la Seconde Guerre Mondiale. Il parle également du plaisir de la lecture : les contes ne sont pas que pour les enfants.
C. L. : Que représentent pour vous vos personnages ? Vous identifiez-vous à certains d'entre eux ?
G. B. : Pandora représente la résistance, la justice. Jason (un jeune homme ayant de l'expérience en ce qui concerne les mondes féériques, à la tête des jeunes stagiaires de l'Observatoire des mondes imaginaires, ndlr) est responsable et raisonnable. Hector (un jeune homme aux cheveux teints en bleu, très sympathique, ndlr) est claustrophobe, il ressent de l'angoisse, et il se pose beaucoup de questions tout en cherchant des réponses. Sybille (la plus jeune des stagiaire, a une sorte de don de "vision", ndlr) est jeune mais volontaire, malgré sa fragilité. Et tous sont soudés par une amitié forte. D'ailleurs, en ce qui concerne les personnages, Gueule de Loup, Pandora et Hector ont un profil Facebook ! N'hésitez pas à les demander en ami :)
C. L. : Dans votre roman sont présentes de nombreuses inventions, dont le verbe "féér", qui désigne des objets enchantés. Pourriez-vous nous l'expliquer ? D'autre part, vous parlez aussi de l'archéopsyché, une sorte de minuscule cortex célébral logée dans l'hippocampe, une partie du cerveau...
G. B. : Dans ses contes, Perrault utilisait parfois ce mot au lieu de "féérique". C'est de là que vient l'idée ! En ce qui concerne l'archéopysché, il est inventé même si l'hippocampe existe bien ! L'archéopsyché permet de voyager dans l'Imaginaire et s'efface peu à peu lorsque l'on adulte. Mais pour un agent, il ne disparaît pas...
C. L. : Mirabilis est une ville au décor fabuleux, cadre d'une partie de votre roman. Avez-vous déjà essayé de la représenter ? Ce serait une bonne idée pour des étudiants en art ! D'autre part, le château majestueux de Cendrillon est doté d'une galerie de miroirs. Serait-elle en partie inspirée par la magnifique Galerie des Glaces de Versailles ? En est-il de même pour les jardins du château, ceux de Mirabilis et ceux créés par Le Notre ?
G. B. : Mirabilis a été représenté par Benjamin Bachelier, qui est l'illustrateur de Petits Contes. Il a publié ses créations sur un site, qui a été malheureusement piraté. Mais il a gardé les esquisses, et mon image de couverture sur Facebook (la page Facebook de Petits Contes
) est une vue de nuit de cette cité. Et pour le château de Cendrillon, il est un peu inspiré de celui de Versailles.
C. L. : Avez-vous écrit d'autres romans ?
G. B. : Le deuxième volet de la saga, L'affaire Sherlock H., sort le 20 Juin. Il parle de l'univers de Sherlock Holmes, et le titre est dans la lignée du tome 1, Le cas Rubis C. Et à l'origine, Petits Contes à Régler devait être le titre du tome 1 ! Il a finalement été utilisé pour celui de la saga. Je pense que l'on peu lire le tome 2 sans avoir lu le tome 1 au préalable, puisque de nombreux rappels sont faits et que l'on y trouve un lexique. (Petit mot de Safran : Direction vos librairies ! ^^)
C. L. : A quel âge avez-vous commencé à écrire ?
G. B. : J'ai commencé vers 8-9 ans, pour le plaisir. L'une de mes premières histoires était celle d'un lynx égaré dans un champ de coton. Pas très réaliste ! Et sinon, j'ai commencé à écrire Petits Contes à un peu moins de 30 ans.
C. L. : Avez-vous toujours voulu être écrivain ?
G. B. : Je voulais lire des histoires, en vivre, mais je n'ai pas vraiment pensé à "être écrivain". Je ne pensais pas pouvoir l'être, et ne me considère toujours pas comme un écrivain. Je pense que ce sont les lecteurs qui le disent, c'est difficile de dire si ce que l'on fait est bien.
C. L. : De combien de tomes sera faite la série ?
G. B. : Cela dépend des ventes. Je pense en faire un troisième, il faut que j'en parle à mon éditeur. Et, petit scoop, il se passerait dans l'univers fantastique de Jules Verne !
C. L. : Avez-vous un autre métier ?
G. B. : Je lis beaucoup, et suis lecteur de manuscrits chez Gallimard Jeunesse. Avant, j'étais sociologue.
C. L. Quels conseils donneriez-vous à un jeune qui souhaite écrire ?
G. B. : Il faut beaucoup lire, s'imprégner de la manière de construire une histoire, avoir un fil conducteur, un dénouement, une chute. Et surtout, il faut se relire pour veiller à la cohérence de son texte ! Il faut également éviter de dissocier les descriptions de l'action pour ne pas perdre le lecteur et ne pas rompre le rythme.
C. L. : Si vous deviez partir précipitamment et n'emporter que trois livres, quels seraient-ils ?
G. B. : Pas évident... Nos goûts évoluent, et puis il existe tellement de livres incroyables ! J'ai bien envie de tricher un peu. Tout d'abord, la Bible, peut-être le livre le plus célèbre au monde, qui est un recueil d'histoires toutes plus exceptionnelles les unes que les autres. Ensuite, et c'est là que je triche, la Trilogie des ancêtres, d'Italo Calvino (qui comprend Le Baron perché, Le Vicomte pourfendu et Le Chevalier inexistant). Enfin, et je triche encore un peu, l'ensemble de La Recherche, de Proust, qui est un formidable observateur de son temps, des moeurs et des caractères. Bien embêté de ne pas pouvoir emporter Les Trois mousquetaires ou les pièces de Shakespeare.
C. L. : Lisez-vous des romans jeunesse ?
G. B. : Enormément ! La littérature jeunesse, qui n'est pas un genre contrairement à ce que beaucoup pensent (y compris nos chercheurs les plus sérieux), offre justement une diversité et une créativité qu'on ne voit plus toujours dans la littérature dite générale. Parmi les auteurs que j'apprécie, se trouvent par exemple Silvana Gandolfi, Timothée de Fombelle, Pierre Bottero, Eoin Colfer...
C. L. : Avez-vous une anecdote sur votre métier à nous raconter ?
G. B. : Une petite anecdote qui montre bien (si besoin était) que fiction et réalité se confondent très souvent. Des amis musiciens ont fondé un groupe de rock velu-fendard fééric trash. On envisage une tournée en France, et une autre en Europe.
C. L. : Auriez-vous un mot pour les lecteurs de Coffee & Books ?
G. B. : Continuez de prendre du plaisir à lire, écrire, et partager vos impressions : c'est communicatif ! Inspiration, encouragments et succès pour vos oeuvres, à commencer par les textes que vous écrivez pour le concours organisé par Safran. En tout cas, bravo pour ce blog très bien construit, et original pour ses points de vue. Je rêverais d'ailleurs de me promener entre les rayonnages de votre belle bibliothèque !
Merci à Gaël Bordet, aux documentalistes du colège Marie-Béatrice et Linda, et à Eugine qui a retranscrit toute l'interview !
19 mai 2013
Interview - Timothée de Fombelle répond à nos questions !
Je pense que c'est la publication que vous attendiez le plus dans cette semaine. Sans vous faire attendre plus longtemps, voici l'interview réalisée auprès de Timothée de Fombelle !
Suite à une demande d'interview, j'ai contacté la maison d'édition Gallimard Jeunesse et ai pu poser quelques questions à l'auteur de Vango et de Tobie Lolness. Les voici :
Coffee & Books : Dans quelles circonstances aimez-vous écrire ? De quelle ambiance avez-vous besoin ?
Timothée de Fombelle : J’ai longtemps écrit dans des bibliothèques. Je partais le matin pour rejoindre ces lieux calmes et remplis de livres. Je ne consultais rien, mais je profitais des bonnes ondes des bibliothèques ! Depuis quelques mois, j’ai un atelier. Un peu comme un artisan, je suis heureux d’avoir cet espace qui me ressemble et où je peux écrire, bricoler, inventer mes univers. Mais le comptoir d’un café me sert souvent à sortir de mon ermitage.
C&B : Quel est le premier roman que vous ayez écrit (sans que celui-ci soit forcément publié) ?
T. de F. : Enfant et adolescent, j’écrivais surtout du théâtre. Mes premiers textes se sont donc envolés dans des représentations éphémères… Je me souviens de quelques titres : Fifre et tambour, ou Un ange passe.
C&B : Sur quoi travaillez-vous en ce moment ?
T. de F. : C’est un véritable grand écart entre différents projets. Je termine un scénario de bande dessinée qui se passe dans les années 50 ainsi qu’une adaptation pour un orchestre symphonique de mon roman Céleste ma Planète. Mais je suis surtout dans un grand roman autour des Contes de fées, pour lequel j’ai encore beaucoup de boulot.
C&B : Quelle relation avez-vous avec vos personnages ? De qui vous inspirez-vous pour les écrire ?
T. de F. : Mes personnages deviennent mes intimes, mais je ne crois pas qu’ils sont inspirés de mes proches. En tout cas, quand il s’agit de les quitter à la fin d’un projet, je suis terriblement nostalgique. Vango et Ethel, par exemple, ne m’ont toujours pas quitté.
C&B : Comment vous est venue votre vocation/métier d'écrivain ?
T. de F. : Par le jeu. Enfant, j’écrivais des livres comme on bâtit des cabanes. Et puis, en prenant l’habitude d’écrire, nos outils se perfectionnent. Mais j’ai mis longtemps à me dire que c’était un métier.
C&B : Quel a été le "livre-déclic" ?
T. de F. : Difficile de me souvenir… Je crois qu’un petit livre comme Mon Bel Oranger (José Mauro de Vasconcelos), lu vers 10 ou 11 ans, a énormément marqué mon imaginaire.
C&B : Quel est actuellement votre livre de chevet ?
T. de F. : Ce n’est pas très moderne ni très original : Les Mémoires d’Outretombe, de Chateaubriand. Voilà une vie qui est pleine de tant de vies !
C&B : Si vous deviez partir précipitamment et emporter seulement trois livres, quels seraient-ils?
T. de F. : Oh la la ! Quelle question piège ! Si c’est pour toujours, j’emporterais des livres qui sont des réservoirs infinis de vies et d’histoires, Les Essais de Montaigne ou la Bible, tout simplement. Je prendrais aussi les œuvres complètes de Rimbaud. Mais si je partais pour un mois, je relirais trois livres de Dumas : les Trois Mousquetaires, Vingt ans après, et le Vicomte de Bragelonne.
C&B : Ecrivez-vous plutôt avec un stylo ou sur l'ordinateur ? Avez-vous un carnet avec vous pour noter les idées qui jaillissent ?
T. de F. : J’écris assez vite sur un ordinateur en lâchant mes cahiers, mais l’aventure commence toujours sur du papier. Des petits carnets, puis des plus grands, au fur et à mesure que mon projet se construit.
C&B : Qu'est-ce qui qualifie selon vous un écrivain ?
T. de F. : Un mélange de doute et de confiance en soi. Il faut plonger en soi pour y puiser de la matière, mais il faut être sans arrêt dans une autocritique qui va aiguiser l’écriture, balayer les clichés.
C&B : Que vous a permis votre métier ?
T. de F. : Je pensais que c’était un métier sédentaire et solitaire, et ma grande surprise c’est que l’écriture m’a conduit au contraire à beaucoup de voyages et beaucoup de rencontres. Tobie Lolness, par exemple, m’a conduit, grâce à ses 29 traductions, de Prague à Rio, en passant par Helsinki, Londres, Milan. Et les plus belles rencontres, en dehors de celles avec des lecteurs, sont artistiques. Mon travail avec François Place, l’illustrateur de Tobie, est un grand bonheur. La découverte de libraires magnifiques, d’éditeurs, de bibliothécaires m’apporte aussi beaucoup.
C&B : Quel a été votre parcours professionnel (bac, études...) ?
T. de F. : J’étais un élève plutôt littéraire, mais j’ai voulu prendre le risque de mettre quelques chiffres dans ma formation en passant un bac économique. Puis retour aux lettres par l’hypokhâgne et la khâgne, et je suis devenu enseignant quelques années tout en continuant à écrire.
C&B : Faites-vous lire vos premiers jets à votre famille, vos amis ?
T. de F. : Je fais lire une version qui me semble assez achevée. Jamais trop tôt… Et je suis très à l’écoute des remarques de mes plus proches.
C&B : A quelles occasion rencontrez-vous vos lecteurs ? (Prochainement ?)
T. de F. : Il m’arrive de me balader entre collèges, salons et bibliothèques. Mais j’essaie de mettre l’écriture au cœur de mon activité. Je serai par exemple pour la première fois aux Imaginales, à Epinal en mai. Au salon de Nice en juin, je crois. Le reste du temps, j’écris !
C&B : Que conseillez-vous à des jeunes qui veulent écrire ?
T. de F. : De chercher leur chemin d’écriture, leur propre voie. De ne pas oublier le lecteur en route, d’essayer d’entraîner ce lecteur dans leur aventure. Et puis d’essayer de faire en sorte que l’intensité de l’écriture existe à l’échelle du livre, du paragraphe, de la phrase.
C&B : Avez-vous un mot pour les lecteurs de Coffee & Books ?
T. de F. : Etant donné que j’aime exactement autant le café et les livres. Le mot que je leur dis tient en neuf lettres : CONTINUEZ !
Merci à Timothée de Fombelle et à Mme Cuissot !
12 avril 2013
Mai... Une semaine consacrée à Timothée de Fombelle !
Comme annoncé quelques semaines auparavant, une interview de Timothée de Fombelle, écrivain et dramaturge français, a été réalisée. Elle est le point d'orgue d'une semaine, du Lundi 13 au Dimanche 19 Mai 2013, entièrement consacrée à cet écrivain ! Quelques précisions :
Vous allez ainsi pouvoir vous inscrire au moyen de ce formulaire à un événement "Lectures en Tandem" dans le cadre de ce mois "Spécial Timothée de Fombelle". Tous les jours seront publiées des chroniques sur ses romans, et le 21 seront publiées les questions auxquelles il a bien voulu répondre en exclusivité pour Coffee & Books.
Excellentes lectures !
Excellentes lectures !
Thèmes :
Interview,
Jeunesse-Young Adult,
Semaine a theme,
Theatre
12 janvier 2013
L'interview d'Emmanuel !
Emmanuel Viau : Je suis journaliste à Je Bouquine et chef de rubrique de la partie culture, cinéma et livres. Je m'occupe aussi du site Je Bouquine, avec l'aide de Maria. Trois pigistes (journalistes payés par l'entreprise pour écrire des articles mais qui ne sont pas employés, ndlr) écrivent également des articles dans ces rubrique.
C&B : Quelles sont les qualités nécessaires pour exercer cette profession ?
E.V. : Il faut être curieux, un peu "ado"... On doit savoir faire abstraction de nos goûts afin de parler de choses que l'on n'aime pas. Une (bonne) culture générale est requise. Il faut savoir "sentir" ce qui se passe (actu, nouvelles tendances...), aimer l'univers de la presse et des livres, savoir s'adapter.
C&B : Quel est ton parcours ?
E.V. : J'ai passé un bac B (=ES), puis ai commencé par étudier l'histoire. J'ai ensuite intégré une école de journalisme.
C&B : Quels sont les conseils que tu donnerais à des jeunes qui veulent écrire ?
E.V. : Il ne faut pas se fixer de gros objectifs : il faut plutôt se lancer dans l'écriture de pleins de trucs variés, écrire dans tous les sens, sans barrières ; essayer toutes les formes d'écritures, explorer tous les chemins, mettre de la musique et écrire alors qu'elle nous inspire... Il est aussi intéressant d'écrire (parfois) en faisant exprès de faire des fautes d'orthographe !
C&B : Quel est le dernier livre que tu as lu ? T'as-t-il plu et le recommanderais-tu ?
E.V. : J'ai lu une BD, Jo et l'aventure intérieure. C'est assez complexe à lire mais les graphismes sont magnifiques.
Merci Emmanuel !
NB : N'oubliez pas de passer sur le superbe tumblr d'Emmanuel !
6 novembre 2012
1ère BD du site ! J'ai nommé...
ASTERIX ! Et oui, le petit gaulois à la potion magique a eu le temps et la gentillesse de venir sur notre plateau en compagnie de son meilleur ami Obélix et de leur fidèle petit chien Idéfix pour une petite interview exclusive.
COFFEE & BOOKS : Bonjour Astérix, Obélix, et Idéfix ! Bienvenue sur le plateau de Coffee & Books. A l'occasion de la sortie du film Astérix et Obélix au service de Sa Majesté, j'ai quelques questions à vous poser pour nos lecteurs/internautes. La 1ère : Quand a été votre première aventure ?
ASTERIX : La toute première, c'était le 29 octobre 1959 avec René Goscinny pour le texte et Albert Uderzo pour le dessin. C'est bien ça, Obélix ?
OBELIX : Oui, c'est ça ! Cette aventure est parue dans le premier numéro du journal Pilote. Elle s'appelle Astérix le Gaulois.
ASTERIX : La toute première, c'était le 29 octobre 1959 avec René Goscinny pour le texte et Albert Uderzo pour le dessin. C'est bien ça, Obélix ?
OBELIX : Oui, c'est ça ! Cette aventure est parue dans le premier numéro du journal Pilote. Elle s'appelle Astérix le Gaulois.
C&B: Racontez-nous un peu comment se passe une journée au village ?
A: La journée commence ainsi : une fois réveillé, Obélix et moi savourons un ou deux bons sangliers, et Idéfix a un os. Puis j'aide Obélix à livrer ses menhirs, ça nous occupe presque toute la matinée.
O: Juste avant de manger, on va cueillir des fleurs et quelques sangliers. Parfois, il y a des romains.
A: L'après-midi, après un bon repas, nous nous rendons chez Panoramix, pour voir s'il a besoin que nous cueillions des ingrédients pour sa potion magique.
O: Si non, Astérix va voir le chef, Abraracourcix, au cas où celui-ci aurait une mission d'importance à lui confier, et moi, je vais faire mes petites emplettes : du poisson chez Ordralphabétix, de quoi tailler mes menhirs chez le forgeron Cétautomatix...
A: Et pour finir, l'après-midi ce termine, avec tout ce qu'il y a, paisiblement. Un grand banquet clôt nos retours aux villages, et même qu'en nous ne sommes pas en mission, il y a pas mal de dîners de village !
C&B: Vos missions, d'ailleurs, quelles sont-elles ?
O: Oh, on en a eu beaucoup ! Il y a celle où on a aidé notre vieil ami Numérobis à construire un palais en trois mois. (Astérix et Cléopâtre). Nous avons également remporté les jeux d'Olympie (Astérix aux jeux olympiques)
A: Et celle où nous nous sommes rendus en Hispanie (Astérix en Hispanie)
Nous sommes également allés aider mon cousin breton, Jolitorax (Astérix chez les Bretons)
A: Mais ce n'est pas tout ! Il y a en tout trente-quatre albums !
C&B: Trente-quatre ! Il y a de la lecture ! En quelques chiffres, cela fait 325 millions d'albums écoulés dans 107 langues. Sans oublier trois films et neuf dessins animés. Merci de nous avoir accordé quelques minutes ! Idéfix, le mot de la fin ?
I: Wouf !
Thèmes :
Bande Dessinee,
Humour,
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