DERNIERES CHRONIQUES

         


22 avril 2013

Et après...



Nathan Del Amico est un brillant avocat new-yorkais : il a réussi sa carrière mais son couple s'est disloqué ; en effet, depuis la mort de son fils Sean, qui n'était qu'un nourrisson, il est meurtri et s'est jeté à corps perdu dans son travail pour essayer de se "protéger" : son ex-femme Mallory, dont il est toujours profondément amoureux, est glaciale avec lui lors de leurs rares échanges.
Mallory, c'est cette jeune femme si brillante, si bienveillante, si généreuse, qu'il a sauvée à huit ans en plongeant dans un lac alors qu'elle se noyait. Il a faillit mourir à son tour, mais a vécu l'expérience troublante de la mort imminente : dans un tunnel blanc et lumineux où il se sentait bien, il pourtant choisi de revenir ; mais il a oublié cet accident et est passé à autre chose. Pourtant, la venue d'un mystérieux médecin dont il ne sait rien et qui prétend le connaître va bouleverser sa vie d'homme d'affaires ordonnée. Goodrich semble connaître des choses sur l'avocat, et étrangement, Nathan sait qu'il l'a déjà vu. Où ? Et pourquoi apparaît-il brusquement ? Sans pour autant lui révéler quoi que ce soit, Goodrich emmène l'avocat au sommet de l'Empire State Building. Et après une prévision troublante du médecin, un jeune homme se donne la mort. Goodrich révèle alors à un Nathan sous le choc qu'il est un Messager et qu'il peut prévoir la mort des gens : non pas la provoquer, mais apercevoir une sorte d'anneau lumineux au-dessus de la tête du futur défunt. Nathan est aussi incrédule que furieux. Mais au fil des jours et des semaines, il est forcé d'admettre que cette histoire en apparence impossible est bel et bien réelle. Goodrich serait donc venu pour annoncer la mort de Nathan ? A moins que la vérité soit toute autre...



On m'avait plusieurs fois parlé de Guillaume Musso et de ses romans. Alors quand j'ai vu cette couverture aux couleurs un brin agressives, mais qui saute aux yeux, je l'ai emprunté. Ce regard est hypnotisant, vous ne trouvez pas ? La première chose que je regarde en prenant un livre (après le titre), c'est la couverture. Bref.
Les personnages de Musso sont très réels : entre deux chapitres, il parvient à glisser des coups de colères, une tasse d'expresso, de l'incompréhension, un plat de pâtes à la penne, des rendez-vous annulés... Une gamme de sentiments, de vécu, qui fait que les personnages pourraient être n'importe qui : vous, moi. Son écriture est fluide et sans fioritures, il a un style simple mais direct que j'aime bien.
Mais à la lecture du livre, je me suis rendu compte que le côté fantastique des Messagers n'est que secondaire : le vrai thème du livre, c'est un réflexion morale sur la mort, la souffrance. Lorsque Nathan apprend qu'il va mourir, dès le début, ce n'est pas la fin du livre et il ne l'accepte pas d'un coup : au contraire, cela va mettre du temps, il va y avoir toute une évolution entre le Nathan "business" d'avant et celui qui va accepter après plusieurs semaines, de mourir. Musso a des pensées très belles et très morales sur la mort, ce qui fait que le livre n'est pas macabre, tout au contraire. Nathan Del Amico se questionne : "Qu'y a-t-il après ? Que vais-je faire avant ?" Et en même temps il ne devient pas apathique, barricadé chez lui ou casse-cou : non, il se rapproche de sa famille, réfléchit. C'est un livre superbe.

Et après..., Guillaume Musso, Editions XO, 357 pages, 18 euros.
                        


                        

(Cliquez sur la couverture)





Guillaume Musso est né le 6 juin 1974 à Antibes. Il commence a écrire jeune, alors qu'il est étudiant : son premier livre est un thriller appelé Skidamarink qui tourne autour du vol de la célèbre Joconde. A 19 ans il s'envole pour les Etats-Unis qui l'attirent et qui l'inspireront pour certains de ses romans. Il est Chevalier de l'Ordre des arts et lettres depuis 2012 et a sorti un livre récemment, appelé Demain.

21 avril 2013

Drame en trois actes



Le dîner chez sir Charles Cartwright s'annonçait pourtant mondain et agréable... Mais la soirée tourne au drame avec le décès du révérend Babbington dans des conditions étranges. Or dans les invités, un Belge "vantard et égoïste", mais néanmoins un excellent détective... Hercule Poirot a un nouveau mystère sur les bras, l'hypothèse de la mort accidentelle étant vite écartée. Qui est le meurtrier, pour quel mobile a-t-il assassiné le brave pasteur ? Quelques semaines plus tard, un nouveau dîner chez l'un des invités de celui de Sir Charles est organisé, et réunit plusieurs des convives précédents. Et un nouveau crime est commis, avec l'assassinat dans des circonstances semblables de Sir Bartholomew Strange, qui avait assisté à la première réception. Poirot doit faire vite avant que le tueur ne frappe encore... Mais qui des invités est le coupable ? Muriel Wills, une auteure de comédies laide et désagréable ? Mrs. Babbington, la femme de feu le pasteur ? Mrs. Cynthia Dacres, couturière à la mode et détestée ? Son mari, alcoolique et amateur de courses hippiques ? Mrs. Mary Lytton Gore, mère d'Hermione Lytton Gore, ou encore son soupirant, le jeune et blasé Oliver Manders ? Ou encore le mystérieux maître d'hôtel qui apparaît et disparaît le soir du meurtre ? A moins que la vérité soit si proche que l'on n'y pense même pas...



 Je suis tombée sur ce livre par hasard, et comme on m'avait plusieurs fois vanté les romans policiers de la "Reine du Crime", Agatha Christie, je me suis mise à le lire. Dès les premières pages, j'avais ma petite idée, que j'ai pourtant vite écartée. Et pourtant... Je vous conseille de lire ce livre avec à portée de main un stylo et du papier : au fur et à mesure des pages, de nouveaux indices sont donnés, et il y en a tellement que pour faire le tri, mieux vaut les écrire ! Et la signature d'Agatha Christie est célèbre, le retournement final lors de la scène d'explications par Poirot nous surprend ! 
Tout au long du livre, le thème du théâtre reste principal : les chapitres sont des actes, l'épilogue s'intitulant "Rideau", plusieurs des personnages principaux sont comédien ou dramaturge, le mobile quant à lui appartient à ce thème... Mais je ne vous en dit pas plus !
Une seule "surprise", mais surtout au début du livre : je pensais que le personnage de Poirot serait plus présent, alors que celui de Cartwright et de Miss Lytton Gore prime, jusqu'à la presque fin, néanmoins, Agatha Christie n'oublie pas sont personnage, qui, au début du livre, fait partie des crédits que l'on retrouve sur les pièces de théâtre imprimées : Éclairages : Hercule Poirot ; un petit jeu sur les mots... En scène !


 Drame en trois actes, Agatha Christie, 255 pages, version française parue en 1949. 

" (Poirot) : Je ne m'autorise aucun échec.
- Aucun ? s'exclama Mr Satterwaite, perplexe.
- Il m'est arrivé d'être parfois "lent à la comprenette", comme vous dites, admit Poirot avec dignité, et de n'avoir pas découvert la vérité aussi vite que je l'aurais dû...
- ... mais vous avez toujours fini par trouver ? "