DERNIERES CHRONIQUES

         


18 janvier 2014

Concours d'écriture Coffee & Books... les résultats !


Enfin ! 

Après avoir gratté le papier pendant des semaines, après s'être relu, après avoir attendu.

Après de très nombreux mails, après une prise de contact avec la maison d'impression, après la lecture des manuscrits...

Le choix a été fait. 

Et il va vous surprendre. 

Mais tout d'abord, voici les avis des jurés sur les quatre manuscrits !

"C’est un livre qui nous transporte dans un autre monde dès les premières lignes. Derrière ce manuscrit se dégage une plume fluide et élégante avec un français bien maîtrisé, simple pour mieux se plonger dans notre lecture.
L’organisation de cette histoire est à prendre en compte : un journal de bord, le plus pour se sentir personnage. 
La quantité de dialogue nous permet de mieux s’identifier aux personnages, de mieux ressentir leurs émotions et de s’y attacher. Deux catégories sociales y sont représentées avec des caractères stéréotypés pour chacune : le pouvoir et l’égoïsme pour l’une, la naïveté et le rabaissement pour l’autre. Pourtant, un lien se tissent entre les enfants.
La fin se termine un peu en queue de poisson et on attend d’ailleurs une suite. Une drôle d’ambiance se dégage… Comme tout bon livre qui se respecte, il y a les défauts : un livre qui se révèle simple au fil des pages mais le début est très complexe… c’est dommage car on peut s’arrêter dès le départ alors que le milieu du livre ne demande qu’à être découvert ! C’est pour ça que malgré tout, je ne regrette pas de l’avoir continué.
Points positifs: Bien écrit/Bonne chute/Personnages très attachants
Points négatifs: Une action qui se déclenche un peu tard…"


"J'ai beaucoup aimé la construction du récit permettant au lecteur de suivre la vie de 4 personnages se rencontrant 2 par 2, puis évoluant tous ensemble. Le monde créé par l'auteur est riche, inspiré de l'Asie. J'ai eu souvent la sensation d'être en Inde. Chaque personnage a sa personnalité propre, un ton de voix particulier, un caractère. Les relations qu'entretiennent les personnages sont bien celles d'adolescents vifs et intelligents. En tant que lectrice, il a été très plaisant de les suivre dans leur quête. Si l'auteur avait eu plus de temps pour écrire, la fin aurait certainement été différente. La quête aurait pu durer encore et, au fil de cette quête, la compréhension de l'objet aurait continué. Le fait que les personnages obtiennent de plus en plus d'informations au fil du récit, grâce à la lecture du livre interdit, était très bien mené. Personnellement, j'aimerais beaucoup que la quête de l'objet se prolonge et que ce récit soit mis en images, notamment dans une bande dessinée. Bravo !"


"J'ai adoré cette histoire, pour ses personnages, et ce monde aussi bien décrit qui m'a semblé presque familier en le lisant. J'ai été tenue en haleine jusqu'à la fin.
Mon coup de cœur, va à La Quête de l'Objet. Le contenu n'était pas meilleur que Nil ou Les Limbes mais ce qui a ajouté un plus c'est tout le travail de l'auteur par rapport au graphisme, mais surtout pour tout le contenu explicatif à la fin, les cartes et puis les détails qu'elle a apporté à ce monde, le rendant encore plus "réel" comme les fêtes, les années, jours de la semaine, les cours à l'école par exemple."

"Un roman très précis, très détaillé, peut-être trop... 
L'écriture reste maladroite, mais l'histoire est pas trop mal pensé, sans fautes logiques. 
Pour un premier roman, il reste bien, mais on pourrait encore l'améliorer."




"Les personnages sont attachants, l'histoire très bien menée, le travail de recherches (par rapport au village où les personnages vont habiter quelques temps) réussi et que selon tes informations, son auteur n'a qu'entre 10 et 13 ans alors là, bravo."



"C'est ce manuscrit qui a ouvert le bal de ma lecture.  Et je l'ai lu en une nuit, ne pouvant m'en détacher. 
Déjà, on apprécie les cartes, photographies et précisions sur les coutumes, de l'univers où se passe l'intrigue. Un univers complet, recherché, varié, qui fourmille de détails et de bonnes idées.
L'auteur a passé du temps sur toutes ces "archives" - ou annexes -, et bien que je ne m'en serve pas pendant ma lecture, c'est très intéressant de s'y plonger une fois le texte terminé. L'histoire est menée de manière cohérente mais j'ai été surprise par le final, qui me laisse sur ma faim. La plume de l'auteur est agréable, et personnages sont assez attachants, d'un réalisme époustouflant malgré quelques réactions un peu prévisibles. Mais écrire aussi bien à un âge aussi jeune est très prometteur ! 
L'auteur a des tas d'idées et les péripéties nous tiennent vraiment en haleine. Que va-t-il se passer ensuite ? Voilà une question qu'on se pose souvent !! 
Ce manuscrit est un bon livre de fantastique épique."


"L'auteur a écrit un récit abouti dont la chute m'a surprise. Jusqu'à l'avant-dernière page, je me sentais au cœur de l'action et me demandais comment et pourquoi l'histoire allait s'arrêter tout d'un coup. La fin est brusque mais logique. Tout le récit est cohérent. Le monde créé par l'auteur pourrait donner lieu a beaucoup d'autres récits. Il est digne des plus grandes sagas. Tout comme l'héroïne, le lecteur découvre petit a petit ce monde, ses êtres et son vocabulaire. Au début de l'histoire, il vit désorienté dans un univers glauque mais, petit à petit, point par point, les choses s'éclaircissent jusqu'à une pleine maîtrise de ce nouveau monde, avant la chute. L'histoire est aboutie, parfaite et j'aimerais en lire beaucoup d'autres dans ce nouveau monde."


"Un roman très bien écrit, frappant, avec un univers bien décrit qui montre que l'auteure y a pensé. 
Les émotions sont presque ressenties par le lecteur tellement il se sent dans le livre. 
Un seul bémol : la fin ! Trop rapide et vraiment décalée par rapport au reste du livre. Il y aurait eut de quoi écrire encore une cinquantaine de pages...
(Mon préféré de chez préféré, un coup de cœur absolu...)"


"J'aime beaucoup l'écriture"


"Les Limbes est vraiment une magnifique histoire, l'univers créé est tellement bien dépeins, les personnages tellement bien décrits que j'avais l'impression d'y être, l'histoire est bien menée jusqu'à la fin ce qui fait qu'on ne s'ennuie pas en le lisant."



"Quel texte ! Très sombre. Très glauque. Et tellement talentueux. Parce que l'auteur a réussit à nous y faire entrer et à nous le faire adopter malgré son aspect si peu engageant. Le cadre est surprenant et j'ai eu un peu peur de ce que j'allai lire en le commençant parce que je n'aime pas l'horreur, que ce soit en littérature ou en cinéma. Mais ici c'est vraiment différent... 
Déjà, la plume est belle. On sent le travail derrière, la relecture, mais aussi le talent et un peu d'habitude, dans le bon sens du terme. Je tiens à dire que l'auteur a beaucoup de style et que c'est agréable de le lire. 
De plus, il y a de la profondeur et de très bonnes idées au sein du roman : mais j'aurais aimé que les personnages soient plus approfondis : ils le sont déjà mais j'ai senti qu'ils portaient quelque chose en eux et j'aurais aimé en savoir plus. Quoi qu'il en soit, nous apprenons beaucoup de choses et comprenons suffisamment l'intrigue pour être happé dans le roman... jusqu'à la fin que l'on pressent et la chute, brusque et qui coupe le souffle."



"Nil est une histoire très agréable. Le monde dans lequel évoluent les personnages est la nature. Nil vit dans sa tribu et va subir un rite de passage élaboré pour entrer dans sa vie d'adolescent-adulte chasseur. Mais Nil reçoit aussi un pouvoir magique appelé Spécialité. Son attachement avec son petit animal de compagnie est très bien décrit. Les personnages sont attendrissants. Nil et Elena sont des Roméo et Juliette des peuples primitifs. La surprise est grande et drôle lorsque l'on découvre que l'histoire se passe en fait de nos jours... dans un pays qui pourrait être l'Angleterre. Les 2 jeunes, bannis de leur tribus respectives, se lancent dans un périple démesuré par rapport à leur âge et leur condition, mais cela est justifié par le besoin de connaître son identité qui est plus fort que tout. Le dénouement de l'histoire se devine assez tôt, dès la rencontre entre Hovan et Nil. C'est une très belle et riche histoire qui donne envie de goûter en vrai des galettes de royas et de prendre Roy dans ses bras. Quel beau travail d'invention !"


"Une très belle histoire, bien écrite et bien pensée. Elle reste simple et en même temps, on ne s'ennuie pas. L'écriture est posée et "droite", simple. Ce n'est pas le phénomène du siècle, mais il reste excellent.
(Mon deuxième préféré)"


"J'ai vraiment aimé Nil, l'histoire est belle, douce, dès le début j'ai été charmée par le personnage, c'était vraiment agréable à lire. "

"Il c'est passé quelque chose d'extraordinaire avec ce texte. A chaque fois que je le lisais en me disant "l'auteur aurait pu rajouter ça, apporter telle précision ou nous dire telle autre chose", quelques lignes plus loin, je lisais exactement ce à quoi j'avais pensé. Et ça s'est produit plusieurs fois. Je n'en revenais pas, ça m'a émerveillée ! Le texte en lui-même est vraiment bien, avec tout de même quelques passages un peu simples parfois. Les personnages sont attachants, les idées bonnes, la plume agréable et il déclenche toute une palette d'émotions : en le lisant je suis passée du rire à la stupéfaction, j'ai parfois été émue aux larmes ou trouvé des scènes vraiment mignonnes. Surtout, surtout, continue d'écrire et de nous proposer tes textes : j'espère pouvoir te lire encore !!! "


"Capucine découvre, en se rendant au cimetière où est la tombe de sa grand-mère, une entrée vers le monde des morts. Mais c'est un monde urbain très vivant qu'elle visite : une gare animée comme celle que fréquente Harry Potter, un palais avec ses gardes et une reine. L'auteur a inventé quelques sigles et du vocabulaire propre aux lieux. Mais dans ce contexte féerique, Capucine vit le désarroi. Sa grand-mère, qu'elle retrouve dans le monde des morts, l'accueille, mais sans manifester de l'affection. Le prince, qui lui au contraire ne la connait pas, tombe trop vite amoureux. Et quand Capucine aurait bien besoin du réconfort de sa mère, elle réalise que celle-ci vient de mourir, tente de la retenir mais en vain. L'histoire s'achève avant que Capucine ne ressorte du monde des morts dans le cimetière mais laisse présager un retour à la réalité difficile, à moins que Capucine ne se réveille d'un cauchemar. J'aurais aimé connaître le reste de l'histoire." 


"Une histoire pas trop mal et bien décrite. Malheureusement, les initiales (M.M., G.D.M., etc) gâchent un peu le texte. On est dans un roman, pas dans des notes ! L'écriture pourrait être améliorée elle aussi. En plus, le roman ne paraît pas fini."


"Il a été difficile de choisir au niveau de l'histoire alors j'ai d'abord décidé de regarder l'orthographe, la grammaire et le vocabulaire et malheureusement, j'ai écarté le Monde des Morts qui malgré une histoire entraînante et qui j'avoue m'a fait angoisser par moment, comportait énormément de fautes d'orthographes, et de phrases pas très correctes. Les concordances de temps n'étaient pas respectées (passage du présent au passé par exemple). Mais bravo tout de même à l'auteur car j'ai adoré  l'histoire et c'est juste ces petites erreurs qui ont fait que les autres textes étaient meilleurs."

"Quel dommage que le Monde des Morts se termine abruptement ! J'aurais aimé lire la suite du manuscrit, mais aimerais surtout saluer la motivation de l'auteur qui a tenu à faire concourir son texte, même s'il n'était pas terminé. L'histoire est intéressante, l'auteur a de bonnes idées mais le texte pourrait être amélioré en faisant attention à la concordance des temps et à écrire les nombres et les abréviations en toutes lettres : ce sont d'infimes détails qui rendent la lecture plus agréable. 
Mais ces petites fautes n'étaient pas toujours présentes et ne m'ont pas donc empêché d'aimer le style de l'auteur. Sa plume est belle, parfois un peu simple, mais belle. Les personnages sont réalistes, malgré des (ré)actions parfois surprenantes ; de petits détails comme une description de l'odeur de churros ou l'ambiance d'un cimetière couvert de neige, les explications et les idées liées au Monde des Morts, les adjectifs et phrases qui nous font entrer dans l'histoire, m'ont plu, et l'on n'a aucun mal à se représenter - ou à entrer dans - le cadre, le récit, les personnages et l'univers inventé par l'auteur. Toutefois, les péripéties qui se passent dans le Monde des Morts ne m'ont pas conquises tant que ça : j'ai trouvé la trame un peu trop simple et rapide, notamment en ce qui concerne la mort de la mère de Capucine. 
Une fois terminé et un peu remanié, je prendrai encore plus de plaisir à lire ce manuscrit, qui laisse de nombreuses pistes à exploiter !"



Les jurés ont également de petits messages pour les participants...

Tout d'abord, aux 4 participants, j'aimerais dire "Quel travail !"... Les 4 histoires m'ont offert un bon moment de lecture. Je ne suis pas surprise que les 4 participants aient choisi le fantastique, voire la science-fiction. 

"Je félicite d'abord les auteurs pour le travail fourni qui est impressionnant de part la qualité de leurs textes."

"Merci à tous les auteurs d'avoir participé et de nous avoir confié leurs manuscrits ! J'ai aimé tous les textes de manière différente, tous m'ont emmené ailleurs, tous sont prometteurs, tous sont de qualité et tous sont intéressants. N'hésitez pas à continuer d'écrire, c'était fantastique de vous lire !"




 Les avis ayant été donnés, nous sommes arrivés à total de sept voix...

Et le gagnant... est double ! 

"La quête de l'Objet" et "Limbes" ont exactement le même nombre de voix, ils sont tous deux proclamés gagnants de ce concours d'écriture ! 




Leurs auteurs remportent tous deux une version papier de leur manuscrit, imprimée par les soins de la maison d'éditions La Plume de l'Argilète
Une couverture sera réalisée, et le texte se présentera sous la forme d'un livre imprimé en noir et blanc (images incluses pour "La quête de l'Objet", au dos carré collé comme ceux que nous lisons ! 

J'invite donc les gagnants à m'envoyer par mail leur adresse postale, ainsi que l'accord de leurs parents. 
L'adresse postale sera transmise à la maison d'impression qui vous enverra directement les lots.  

Un immense merci à la team des jurés qui a fourni un travail remarquable, et à tous les participants pour leur confiance et la qualité de leurs textes ! 

(et les jurés !)

5 janvier 2014

#LHALH - Montreuil 2013 : Reportage photo ! (ou l'art d'arriver après la bataille)





Le Salon du Livre de Montreuil...


Un nom qui fait rêver, un événement d'une semaine, un lieu ou l'on rencontre les grands noms de la littérature jeunesse, et les bloggeurs venus des quatre coins de France.
Un dédale de stands bariolés, une foule nombreuse et chamarrée. J'ai eu la chance de me rendre deux jours de suite, le Samedi 1 et le Dimanche 2 Décembre, au Salon. C'était la première fois que je m'y rendais, et quelles journées ! Laissez-moi vous les raconter, depuis le début...


Il est presque quinze heures quand notre petite bande débarque. Nous nous rendons tout d'abord au stand de Bayard Jeunesse, avec l'espoir de voir Emmanuel Viau, le fantastique chef de la rubrique culture chez Je Bouquine, et l'un des deux modérateurs du blog de ce magazine. Malheureusement, nous nous manquons de peu. Un peu déçues, nous quittons le stand, direction celui de Gallimard Jeunesse, où nous patientons afin de faire dédicacer nos différents romans à Timothée de Fombelle et Christelle Dabos, l'auteure du "Passe-Miroir", un roman dont tout le monde parle d'autant plus que c'est le lauréat du Tremplin Gallimard ! 


Nous relayant à tour de rôle, nous portons les sacs contenant nos manteaux (il faut dire qu'avec le monde, la pièce faisait quinze degrés de plus que dehors !) et gardons notre place dans la queue. Des amies nous rejoignent au fur et à mesure, n'ayant pas pu venir avant. Super retrouvailles ! L'attente nous permet de discuter avec des lecteurs passionnés, mais aussi de rencontrer des bloggeurs ! Et c'est avec une joie immense que j'ai pu échanger quelques mots avec Nathan du blog Le cahier de lecture de Nathan, et Tom, son frère jumeau, qui tient le blog La Voix du Livre. Bien que séparées par la foule, j'ai aperçu Vavi du blog Vavi Bouquine, avec laquelle j'aurais adoré discuté. Même si cela ne s'est pas fait, nous remettrons ça, c'est promis ! 

Mais déjà nous arrivons devant Timothée de Fombelle. Moment magique, je suis très impressionnée et lui très gentil. Timothée de Fombelle, c'est l'auteur que je voulais rencontrer. Celui pour lequel j'ai fais la queue plus d'une demie-heure, avec des amies et grand plaisir !

Quelques minutes fantastique avec ce poète,  auteur de Tobie et Vango notamment. Ces romans m'avaient... transporté, ému aux larmes,  fait réfléchir, donné la saveur de l'aventure... Et surprise, Timothée se souvenait du blog!  En effet, un événement consacré a cet auteur jeunesse avait été organisé sur le blog en Février dernier si je me souviens bien, et j'avais eu le privilège de l'interviwer par mail. Bref, un moment incroyable... Il me dédicace deux romans, nous échangeons quelques mots et je laisse la personne suivante s'avancer. Dois-je préciser que je suis aux anges ? 

Nous suivons ensuite une amie qui nous entraîne vers la maison d'éditions de son oncle et de sa tante, La petite épicerie de l'orage. Sur notre chemin, nous nous tournons dans tous les sens dans l'espoir de reconnaître des amis ou des bloggeurs. Retrouvailles très sympathiques ! Puis nous nous scindons une première fois en plusieurs groupes afin que chacun puisse se rendre au stand de son choix, puisque le Salon ferme à dix-sept heures (enfin, en théorie ^^). Avec des amies, nous nous baladons dans les différents stands. Dégainant mon cahier, mon stylo et mon appareil photo, je m'avance vers des lectrices dans le but de leur poser quelques questions pour le reportage-photo que vous êtes en train de lire. 

Je tiens à préciser que j'ai demandé à chaque fois aux personnes interviewés leur accord pour la publication des photographies et des paroles échangées, sauf lorsqu'il s'agit d'une photo de foule. Si vous vous reconnaissez sur une photo et que vous ne souhaitez pas que votre visage apparaisse, envoyez-moi un mail et je le "flouterai" immédiatement. J'ai également tenu compte de l'âge des personnes, afin de savoir si elles étaient mineures ou non. 


Je rencontre donc Doris, Fatma et Eva, trois amies qui feuillettent les nouveautés dans le stand Gallimard. Doris et Fatma viennent au Salon pour la première fois, alors qu'Eva s'y rend pour la troisième fois. Elles ont commencé la lecture depuis très longtemps et nous donnent leurs impressions à chaud : 
- Eva : c'est super !
- Doris : c'est génial !
- Fatma : tu n'as pas envie de partir ! 
Quand je leur demande quels auteurs ont-elles vu, j'apprends qu'elle ont rencontré l'auteur de Tara Duncan, Sophie Audouin Mamikonian. Puis nous parlons de nos genres de lecture préférés : Eva aime les livres d'horreur, de fantastique et de réel, et ajoute qu'elle a aimé "Skeleton Creek", tout comme ses amies qui l'ont trouvé "génial" et "stylé". Eva a précisé qu'elle a également aimé "Zombie Panick", et Fatma a renchéri en disant qu'elle avait apprécié "Vertige". 

Nous les remercions avant de partir. Direction le stand de Syros, où dédicace Yves Grevet ! 
Je sors mon exemplaire de Nox avant de lui poser quelques questions sur son travail, ses romans, ses personnages et ses héros. Malheureusement, je n'arrive pas à mettre la main sur le cahier où j'ai noté ses réponses. Dès que je le retrouve, je l'ajoute à l'article, c'est promis ! En attendant, nous discutons et c'est très intéressant. 

Nous discutons ensuite avec l'adorable Maïté Bernard de sa saga "Ava et les fantômes", que j'avais beaucoup aimée !!
Elle nous parle aussi de son parcours d'auteur : Maité Bernard a commencé à écrire à 18 ans avant d'être publiée pour la première fois à 30 ans. Elle a commencé par écrire des romans policiers avant de se lancer dans la littérature jeunesse, et sa série"Ava" à rencontré un franc succès à la suite de sa publication en 2012. Ce personnage est émotionnellement proche de Maïté et, comme je vous l'ai dit, j'ai la surprise de constater que la couverture présente une Ava qui ressemble physiquement à son auteur : même coupe brune et courte. Maité Bernard nous dit également qu'elle "aime lire, (et qu'elle) ne peux pas me passer de la lecture. C'est également un plaisir de rencontrer (ses) lecteurs : nous avons des passions communes, et des liens tellement forts ce créent !"
Notre rencontre avec Maïté a été fantastique, et c'est un immense plaisir de l'avoir rencontrée !!




Nous avons passé un très bon moment avec ces deux auteurs, et discutons de leurs réponses et de notre rencontres sur notre chemin vers le stand Black Moon, une branche de Hachette Jeunesse. Là, surprise ! Pauline Alphen dédicace. Et autre surprise, il n'y a personne ! Ni une ni deux nous arrivons et commençons à parler de la genèse de sa saga, "Les Eveilleurs", et de son écriture incroyable. Elle nous parle aussi de son parcours en tant qu'écrivain :

"J'ai commencé à écrire à 10 ans, grâce à un professeur de français, en CM1. Il nous avait proposé d'écrire des textes libres à l'école et ce fut mon premier écrit. Je m'en rappelle, c'était une fiction qui parlait d'une autre planète."

Et à propos de l'idée de sa saga, Les Éveilleurs, elle nous confie que 

 "c'est en courant dans la rue, derrière un bus, alors que j'étais en retard, que j'ai eu l'idée des Éveilleurs. Il faisait vraiment un sale temps, et j'ai vu dans une flaque d'eau le reflet d'un immeuble qui ressemblait à une tour. Puis dans le bus des idées sont me sont venues, et de fil en aiguille le roman a pris forme."



Une auteur au sourire lumineux et au style direct qui a gentiment accepté de prendre le temps de répondre à nos questions. Des lecteurs arrivant au fur et à mesure, nous lui avons dit au revoir afin que ceux-ci puissent lui parler.

Puis notre petite bande se réunit, et nous fêtons l'anniversaire de notre amie F., en chantant bien fort ! Et là, miracle, Pauline Alphen se lève de son siège et vient claquer deux grosses bises à une F. très émue, en ajoutant que son anniversaire était il y a quelques jours !

Nous échangeons les cadeaux dans la bonne humeur avant de faire un point et voir comment vont se dérouler la suite des évènements.

J'en profite pour poser quelques questions sur le salon à Véronique, qui se prête gentiment au jeu des questions/réponses :
"Ce salon du livre et de la presse jeunesse est pas mal organisé. Il y a beaucoup de variété, les conférences et les rencontres sont de qualité et il y en a vraiment pour tous les goûts ! Alors que les super-héros pourraient sembler ciblés, en réalité ce n'est pas le cas et tout le monde s'y retrouve."

Puis nous nous scindons en quelques groupes une deuxième fois et nous nous rendons au stand de Pocket Jeunesse afin de faire dédicacer nos exemplaires d'Oksa Pollock et d'échanger quelques mots avec les auteurs de la saga désormais best-seller.

Dans la (longue) file d'attente, je rencontre deux bloggeuses
adorables ! Marie, qui tient le blog ifmanybooks.blogspot.com. A-t-il été supprimé depuis ? Je ne sais pas, en tous cas je ne peux plus y accéder et c'est vraiment dommage !! Marie, si tu lis ces lignes, pourrais-tu éclairer notre lanterne ? :)
Freefle est également là, et c'est un plaisir de rencontre cette bloggeuse au grand talent dont je connaissais le blog !
Nous discutons un peu :

Safran : Quelles sont vos impressions à chaud, que pensez-vous maintenant ? 
Freefle : j'ai mal au dos ! 
Marie : moi je bosse sur un stand donc je ne profite pas beaucoup du Salon. 
Puis nous enchaînons sur la lecture... :
Marie : j'ai une passion pour les livres et je prépare un stage aux éditions Corentin, du coup je suis sur le stand de cette maison d'édition. 
Freelfe : j'ai également une passion pour les livres !
... et sur nos blogs respectifs : 
Marie : j'ai créé mon blog ifmanybooks.blogspot.com. en août 2010. 
Freelfe : mon blog aura trois ans au mois de mars, il a donc été créé en 2011. 
Je leur demande quels sont leurs genres littéraires de prédilection :
Marie : j'aime particulièrement le Young-Adult. 
Freelfe : mes genres littéraires préférés sont l'imaginaire, le fantasy, le fantastique et également le Young Adult. 
Et à la question "Quels sont vos souhaits et vos projets pour l'avenir ?", Marie répond qu'elle aimerais être embauchée dans une maison d'édition, et Freelfe explique qu'elle aimerait réussir ses études et s'investir plus dans mon blog.

Même si la discussion écrite semble froide et hachée, je vous garantie qu'en vrai elle était vivante et animée ! J'ai passé un excellent moment avec ces bloggeuses adorables !!

















Puis nous arrivons devant Anne Plichota et Cendrine Wolf, qui nous parlent de leur parcours et de leur saga.

"La saga 'Oksa' est passé de l'auto-édition à l'édition, c'est magique ! Le manuscrit original a été quelque peu remanié dans les descriptions mais la trame est restée intacte." 

Puis nous parlons d'Oksa, et Anne Plichota m'explique qu'"elle est un peu comme tout le monde", c'est un personnage humain et très réel. Nous abordons ensuite leur technique originale, le principe de l'écriture à deux. Anne me répond de manière très précise : "Il y a d'abord un an de travail sur le plan, le storyboard. Cendrine écrit en rouge puis elle me l'envoie et j'écris à mon tour en noir. Nous mettons ensuite notre travail en commun. Mais nous nous sommes concertées auparavant pour la trame principale ; le but est de faire une bonne histoire à la fin !" 

Et quand je lui demande ce qu'a changé la publication d'Oksa Pollock dans leur vie, elle me répond immédiatement : "Tout a changé !" Puis j'enchaîne sur l'adaptation en film de la saga : Anne m'apprend que "Les droits ont été achetés par la société SND, le producteur de Twilight, dans le but de réaliser une adaptation cinématographique. Tout est long, et nous ne savons pas encore qui sera l'interprète d'Oksa."
Une rencontre très riche et très intéressante avec des auteurs vraiment sympathiques.



Un bref passage devant le stand d'Anne Robillard me permet de rencontrer des jeunes gens très sympathiques, déguisés en elfes de manière très convaincante ! Les filles portent des robes de dentelle et de velours et les garçons des costumes de toile et aux boutons dorés. Quant à leur yeux, j'ai la surprise de voir qu'ils sont brillants et colorés ! Des lentilles irisées leur confèrent cette particularité et vient sublimer leur costume. Malgré la queue et le manque de temps, j'ai pu être prise en photo avec eux, et les immortaliser à mon tour en un tour de flash !

Nous nous retrouvons finalement à la cafétéria, afin de se saluer tous avant de partir. Encore merci à F. et sa maman, et à toute la bande des JBnautes qui a permis que cette journée soit FORMIDABLE!!!

J'en ai pour une heure trente de transport en commun, et quand je rentre chez moi j'ai la joie de retrouver mon amie A., avec laquelle nous nous rendrons une deuxième fois au salon, le lendemain !

Je lui raconte la journée dans les moindres détails, et le lendemain c'est en toute hâte que nous prenons, de nouveau ! les transports en commun. 

Arrivées à Montreuil, nous nous rendons au stand Gallimard, mais, déception, Timothée de Fombelle n'y est pas... Nous prenons alors le chemin du stand d'Odile Weulersse, qui me permet de m'asseoir à côté d'elle pour lui poser des questions ! Je suis très impressionnée... 




Odile Weulersse nous raconte qu'elle a fait des études de philosophie et s'est tournée vers l'enseignement, de philosophie également. Elle a enseigné à l'université et a commencé à écrire des histoires en 1984, tout en aimant en apprendre. Selon elle, un héros est quelqu'un de courageux :il peut se battre contre ce qu'il condamne ou refuse d'accepter. Dans la religion, dans la guerre, dans la vie publique il y a souvent des héros, qui ne sont pas forcément connus. Ses héros sont Flaubert, entre autres, puisqu'elle nous dit qu'elle a beaucoup.




Nous la remercions avant de prendre congé, et nous promenons dans le dédale de stands, ayant pris soin d'arriver tôt pour profiter toute la journée du salon. 

Nos pas nous mènent jusqu'à l'auteur des albums de Poupées Kokeshi. Elle suscite notre
admiration par son travail soigné et son style
remarquable !

Nous nous rendons ensuite au stand de Carina Rozenfeld, qui a une discussion très vivante avec des jeunes filles devant nous. C'est passionnant de l'écouter, et quand vient notre tour nous sommes ravies ! Je lui pose quelques questions, rapportées ici de manière abrégée (malheureusement, j'ai pris autant de notes que possible mais certains passages ne sont pas clairs et je ne voudrais pas faire dire à Carina des choses qu'elle n'a pas dites !)  :
Bonjour Carina Rozenfeld, pourriez-vous vous présenter ? J'ai horreur de ça ! (Sourire) Je suis un auteur jeunesse et pour tous les âges, et j'écris des romans jeunesse, de la science-fiction, de la fantasy et du fantastique. 
Pour vous, qu'est-ce qu'un héros ? Un héros est quelqu'un comme tout le monde, qui se surpasse. Le héros suit une belle vie, ils est droit et n'accomplit pas forcément des choses extraordinaires. (...) La tolérance est une forme d'héroïsme.
Qui sont vos héros ? Je n'ai pas vraiment de héros, ou ce sont mes amis. 
Cette auteur souriante est vraiment fantastique, et ce fut un plaisir de discuter avec elle sur le monde actuel.


Le temps passe vite, et nous allons déjeuner à la cafétéria, qui surplombe les stands : un moment très sympa, et nous sortons une feuille avec les horaires et les lieux des dédicaces, afin de voir où aller ensuite. En attendant, je ne repose pas mon appareil photo, qui est accroché à mon cou depuis hier !



Après avoir mangé, nous nous rendons au stand Gallimard afin de rencontrer François Place. C'est un auteur très gentil et un dessinateur de talent qui a pris le temps de prendre le pinceau afin de nous dessiner deux magnifiques croquis ! Et sous nos yeux ébahis sont
nés de sa pensée un cheval et Tobie, qu'il a pris soin de colorer a l'aquarelle, quand même ! 
.










Nous le remercions très chaleureusement et nous promenons un peu partout, descendant l'escalator afin d'arriver à l'étage du dessous. Nous arrivons au stand Rageot, où un présentoir est couvert de livres de Pierre Bottero... Moment de nostalgie. J'aurais tellement aimé rencontré Pierre !!! Sa mort m'a marqué et continue de le faire, comme pour tous ses lecteurs. 


Nous poursuivons notre chemin, et arrivons devant le stand de Christian Grenier, le maitre incontestable du policier jeunesse. J'avais adoré sa saga des aventures de Logicielle, et nous discutons avec lui, assez longtemps d'ailleurs. C'est passionnant. Il nous dit que "la meilleure communication aujourd'hui est la communication en face : il faut un contact humain. L'écriture permet de vivre plusieurs vies, elle "prépare" la vie, et c'est un substitut fantastique ; Internet et les blogs sont des échos de la vie, et la réalité est bien mieux que la fiction."

Il se prête ensuite au jeu des questions (et ajoute que quelqu'un les lui a déjà posées ! Si Tom et Vavi passez là, est-ce vous ?)

Bonjour Christian Grenier ! Selon vous, qu'est-ce qu'un héros ? Dans la mythologie le héros est un demi-dieu. Aujourd'hui le lecteur s'y attache tout de suite, c'est un personnage central. C'est celui qui tire le fil de l'histoire.

Quels sont vos héros ? Mes héros sont Gustave Flaubert mais aussi Colette et Marcel Proust. Plus jeune, je lisais les aventures de Tintin. (Il ajoute également que Julien Sorel et Moreau, des personnages des romans (respectivement Le rouge et noir de Stendhal et L'Éducation sentimentale de Flaubert) sont ses héros fictifs préférés. Les deux sont en quête de quelque chose.
Nous surveillons l'heure pour ne pas partir trop en retard, puisque nous sommes toutes deux attendues ! Dur de se dire que le lendemain, nous sommes en cours...
En attendant, nous profitons autant que nous le pouvons du salon !

Nous nous rendons au stand d'Hélène Montardre, auteur de la saga Océania, qui était un peu pressée mais a pris le temps de répondre à quelques questions.

Bonjour Hélène Montardre ! Selon vous, qu'est-ce qu'un héros ? Un héros est quelqu'un comme tout le monde, qui va découvrir qui il est vraiment et prendre sa vie en main. Le héros place l'intérêt collectif avant son intérêt personnel. Il change le monde autour de lui, il change le monde dans son univers. 
Qui sont vos héros ? Mes lecteurs sont mes héros.

Nous faisons une petite pause, car la journée est passionnante, mais très fatiguante ! Dix minutes plus tard, nous nous promenons au milieu des stands. Il nous faut bientôt partir, aussi nous allons voir Licia Troisi, auteur des "Chroniques du Monde Emergé", qui dédicace de manière exceptionnelle ! Italienne d'origine, elle est accompagnée d'une traductrice que je remercie grandement, puisqu'elle a permis un échange passionnant ! Licia nous donne des conseils pour écrire : "Il faut lire beaucoup et de tout afin d'écrire, et il faut apprendre de tous les livres. Il faut également faire lire ses écrits, demander des critiques, et ne jamais oublier que la chose la plus importante est de raconter une histoire que l'on "sent" vraiment. Et surtout, il faut s'amuser et prendre du plaisir à écrire."


La journée se termine, riche en rencontres, en discussions et en instants partagés ! Merci du fond du coeur à A., à F., à tous les JBnautes et les intervenants, tous les auteurs et les bloggeurs, toutes les personnes rencontrées, qui ont contribué à faire de ce Salon un évènement FANTASTIQUE !!!

A l'année prochaine, Montreuil !

3 janvier 2014

Anna Karénine - "Je t'aime, et t'ai toujours aimé; quand on aime ainsi une personne, on l'aime telle qu'elle est et non telle qu'on la voudrait."


Russie, 1874.
La belle et ardente Anna Karénine jouit de tout ce à quoi ses contemporains aspirent : mariée à Karénine, un haut fonctionnaire du gouvernement à qui elle a donné un fils, elle a atteint un éminent statut social à Saint-Pétersbourg.
À la réception d’une lettre de son incorrigible séducteur de frère Oblonski, la suppliant de venir l’aider à sauver son mariage avec Dolly, elle se rend à Moscou. Au cours de son voyage, elle rencontre la comtesse Vronski que son fils, un charmant officier de la cavalerie, vient accueillir à la gare. Quelques brefs échanges suffisent pour éveiller en Anna et Vronski une attirance mutuelle.
Oblonski reçoit également la visite de son meilleur ami Levine, un propriétaire terrien sensible et idéaliste. Épris de la sœur cadette de Dolly, Kitty, il la demande gauchement en mariage, mais Kitty n’a d’yeux que pour Vronski. Dévasté, Levine se retire à Pokrovskoïe et se consacre entièrement à la culture de ses terres. Mais le cœur de Kitty est lui aussi brisé quand elle prend conscience, lors d’un grand bal, de l’infatuation réciproque d’Anna et Vronski. Anna, désorientée, rentre à Saint-Pétersbourg, mais Vronski l’y suit. Elle s’évertue à reprendre sa calme vie de famille mais son obsession pour le jeune officier ne cesse de la tourmenter.
Elle s’abandonne alors à une relation adultère qui scandalise toute l’aristocratie locale. Le statut et la respectabilité de Karénine sont mis en péril, le poussant à lancer un ultimatum à sa femme.
Dans sa recherche éperdue de bonheur, Anna révèle au grand jour l’hypocrisie d’une société obsédée par le paraître. Incapable de renoncer à sa passion, elle fait le choix du cœur. (Allociné)


Cette oeuvre est très dense. Un pan d'histoire rapporté avec une foultitude de détails. 
Mille vingt-quatre pages de vies, d'existences qui se croisent, s'unissent et se défont, une trame ayant pour décor la Russie du XIXe siècle qui subit de nombreux changements. Et nous, lecteurs, deux siècles plus tard, nous contemplons ce vaste territoire comme si nous y étions. Tolstoï a réalisé un chef-d'oeuvre incroyable, une romance passionnée et destructrice qui parvient à nous donner un aperçu de son époque.

Alors oui, j'ai mis près d'un mois à le lire, mais je ressors enrichie de cette lecture. Et mes mots virevoltent comme l'on fait les couples évoluant sur la piste de danse lors de la rencontre d'Anna et Vronski. Ces deux personnages ne sont pas les seuls principaux, puisque Tolstoï confronte leur amour trop intense à celui de Lévine, paysan peu à l'aise en société et brillant dans ses affaires à la campagne, et Kitty, petite dernière d'une riche et noble ancienne famille pétersbourgeoise, mais aussi celui, effiloché et raccommodé, d'Oblonski, bourgeois aisé, et de sa femme Dolly, lasse de l'infidélité de son mari et désabusée de son amour. Et eux six ne sont pas les seuls acteurs de leur micro-société : leurs parents, leurs proches, leurs amis, leurs connaissances forment une représentation à petite échelle de la société russe. A petite échelle et donc pas entièrement complète, mais quand même ! 

Présenter ces personnages en si peu de mots me dérange, car ils sont tellement plus que ces quelques lignes... Ce sont des personnes complexes, profondes, tellement humaines, tellement réelles, tellement authentiques et tellement nombreuses ! On se mélange parfois les pinceaux, notamment à cause de leurs noms aux consonances ressemblantes, surtout pour les hommes. Mais ça ne dérange pas tellement la lecture. Ce qui la rend longue, c'est la quantité de détails, de situations, d'informations, de lieux à assimiler. Tolstoï aborde tout. 
Tout. 
Et c'est passionnant d'avoir son avis, de voir grâce à lui la Russie qui change. A propos de la politique : il parle des juges de paix en faisant débattre ses personnages et en opposant leurs avis par des arguments pour et contre.  Le travail aux champs et les relations avec les paysans sont traités par le biais de Lévine. Ce propriétaire agricole à la nature bonne et généreuse brosse un aperçu de la vie aux champs, des comptes et des récoltes et de toute l'organisation que cela nécessite. 
Les bals et les salons sont du domaine de Kitty, d'Anna, mais aussi de Lévine (qui ne s'y plaît pas) de Vronski, de vieilles comtesses ou de jeunes filles en fleur qui font leurs premiers pas dans la société. Théâtre, moeurs, loisirs, ventes, chasse, ateliers de peintre, droits et conditions des hommes et des femmes, vie quotidienne et industrie, vie et mort… 
La liste est longue et les sujets variés. Quand on est plongé dans le livre, c'est passionnant : le tout c'est d'arriver à y plonger, parce que le livre est particulièrement complexe : je serais incapable d'en lire un par semaine ou par mois, il me faudrait faire une pause. Mais réussir à réunir autant de thèmes différents en un livre, sans que ce soit brouillon ou illogique, c'est du grand art : Anna Karénine est une fresque historique et sociale incroyable et Tolstoï est un maitre. 

J'ai été immergée dans ce récit – bien que pas tout le temps, ma lecture étant hachée – et j'en ressors séduite. Toutefois, j'ai fini par décrocher à la fin, alors que la chute aurait dû être le moment de suspense angoissant. Mais de ce livre je garde un avis très positif, dû à la plume de Tolstoï et à son talent plus qu'à l'intrigue amoureuse en elle-même. La trame est complexe et va un peu dans tous les sens, mais elle se laisse suivre. Enfin, Anna Karénine est un  roman que l'on lit mieux avec un peu d'expérience. Je le réouvrirai dans quelques années pour voir s'il m'a plu autant qu'aujourd'hui...!
                              
Anna Karénine a été écrit par Léon Tolstoï et est paru en 1877 sous le titre Анна Каренина
Son éditeur original  est Rousky Vestnik (Le Courrier russe), et il a été publié en France pour la première fois 1885 aux éditions Hachette. Il a été publié aux éditions Poche le 28 Mai 1997, fait 1024 pages et coûte 9,20 euros.



Léon Tolstoï, ou comte Lev Nikolaïevitch Tolstoï (en russe: Лев Николаевич Толстой), né à Iasnaïa Poliana , le 09 Septembre 1828 et mort à Astapovo le 20 Novembre 1910, est l'un des plus grands romanciers russes. Ses chefs-d'œuvre littéraires majeurs sont Guerre et Paix et Anna Karénine, des fresques sur la vie en Russie au XIXème siècle. Tolstoï est également connu comme essayiste, dramaturge et réformateur. (Exrait du site Babelio)

Livre lu en tandem avec Christel, du blog La tête dans les livres
Vous trouverez ici son avis.

Tout ce qui brille - "Diamonds are girls' best friends" (Marilyn Monroe)



Letty Larkspur et Cordelia Gray fuient leur petite ville du Midwest pour la métropole scintillante de New York. Tout ce que Letty désire est de voir son nom en haut de l’affiche, mais elle comprend vite que Manhattan est rempli de jolies filles prêtes à tout pour devenir des vedettes... Cordelia, elle, est à la recherche d’un père qu’elle n'a jamais connu. Du jour au lendemain, elle découvre un monde excitant mais ô combien dangereux. Heureusement, elles ont une alliée : Astrid Donal, qui semble tout avoir : l’argent, l’allure et l’amour. Mais l’apparence parfaite d’Astrid cache un lourd secret…
Bienvenue à New York en 1929 ! (Résumé de l'éditeur)


" Un Gatsby le Magnifique pour adolescents. " thebookbag.co.uk 
Dur dur... Que dire de ce bouquin qui me laisse indécise ? J'ai sur la langue une saveur douce-amère, un semblant de doute. Ce livre parle de deux étincelles qui s'embrasent et montent très haut puis redescendent très bas, le tout sur fond d'années folles dans la New York de Gatsby. Le luxe et le clinquant se mêlent à l'amour et le désir de se faire un nom qui étincellera en haut de l'affiche. 
Tout ce qui brille...

On rentre tout de suite dans l'histoire, porté par l'écriture d'Anna Godbersen. Sa plume est une pâtisserie légère et sucrée et c'est une qualité comme un défaut : on pourrait lui reprocher de manquer de profondeur et pourtant je l'ai vraiment aimée. Elle mène les descriptions et manie les mots talent, parle des années folles à grand renfort de détails et représente les scènes comme si on y était. Grâce à elle, on sent bruisser l'étoffe des robes et on perçoit l'ambiance des fêtes, on sent l'odeur d'agrume des pamplemousses sur lesquels on tire à la carabine (véridique). Vraiment, c'est le point fort du récit. Toutefois, certains passages un peu crus m'ont dérangés : presque vulgaires, ils m'ont mis mal à l'aise et faisaient tache dans ce roman girly scintillant. 

Scintillant, comme les yeux de Letty et Cordelia lorsqu'elles arrivent à New York. Ces deux personnages ne m'ont pas marquée tant que ça : ce sont deux amies inséparables, que la grande ville va changer. Elles sont attachantes, mais sans plus, et on découvre des personnalités naïves, un peu égoïstes parfois. New York les grise et on peut le comprendre, surtout à cette époque, d'autant plus que c'est un changement radical par rapport à leur Ohio natal. 
Je vais quand même nuancer mon avis : Letty est une jeune fille vraiment mignonne de par son côté un peu naïf d'adolescente au bal des débutantes : c'est dû à son caractère, mais aussi à son parcours différent de Cordelia et aux rencontres qu'elle fait. A l'inverse, son amie s'habitue très vite au monde insouciant dans lequel elle entre. On découvre un personnage quelque peu égoïste et on a moins le souci de la protéger. Quand à la troisième héroïne, la ravissante Astrid, son aisance et sa gentillesse m'ont fait l'aimer et parfois l'admirer : c'est un personnage plus complexe qu'il n'y paraît, et malgré son côté séducteur et reine de la fête, on la sent parfois fragile. Pour finir, un mot rapide sur Charlie : aimé d'Astrid, cet un individu abject m'a fait penser à Cal Hockley, le fiancé de Rose dans Titanic : même cheveux gominés et même arrogance, chaque passage parlant de lui m'agaçait et me confortait dans cette opinion.

Anna Godbersen signe un roman à la trame intéressante quoiqu'un peu simple peut-être. Les différents points de vue varient au fil des chapitres et brossent un aperçu complet de la ville dans ses différents quartiers : c'est un plus de ce roman, puisqu'on apprend beaucoup de chose sur la New York de 1929.

Scintillant comme la couverture, qui ouvre sur le livre et conclut ma chronique. La peau diaphane d'Astrid Donal se dégage sur des motifs violets. Cette couverture n'est pas extraordinaire malgré la beauté glacée et parfaite de la jeune femme. Le livre non plus n'est pas extraordinaire malgré un coup de coeur pour la plume somptueuse d'Anne Godbersen et l'intérêt que je porte aux années folles. 

C'est un vrai roman chick-lit sublimé par une jolie plume et terni par quelques passages malsains et vulgaires. Les personnages ont différentes facettes et sont relativement complexes, la trame est intéressante et romantique, et surtout les descriptions sont sublimes même lorsqu'elles sont brèves et incorporées aux actions. L'ambiance des années folles est retranscrite d'une manière plaisante et précise qui confère au roman un côté instructif sur l'époque, ses moeurs, ses fêtes somptueuses, ses bars clandestins, ses évènements et ses personnages.
Malgré un avis plutôt mitigé sur ce roman et certaines opinions que je ne partage pas avec l'auteur, j'en garde un souvenir plutôt bon. Ah bon, c'est paradoxal ^^ ?
                                                
Tout ce qui brille a été écrit par Anna Godbersen et publié le 12 Octobre 2010 sous le titre Bright Young Things aux éditions Harper Collins.
C'est le premier tome d'une trilogie, dont le deuxième volet s'intitule Une saison à Long Island et le troisième Un baiser pour la nuit.
Il a été traduit de l'anglais par Alice Seelow et a été publié aux éditions Albin Michel Wiz le 2 Avril 2012. Il fait 384 pages et coûte 16,00 €.
Roman à partir de 14 ans

Anna Godbersen a fait ses études à l’université de Barnard à Manhattan. 
L’auteure, ancienne éditrice de la revue Esquire, est critique littéraire pour le New York Times. Elle vit avec son mari à Brooklyn. Rebelles était son premier roman.


Ce livre a été lu en tandem avec Mathilde du blog Ma Malle aux Livres. 
Son avis est à venir.

Sentiment 26



2065.
Après une guerre qui a plongé le monde dans le chaos, le Guide Suprême a pris le commandement de la dernière Cité. Ce refuge, ceinturé d’une muraille fortifiée, est organisé en différentes castes : de A à D, des citoyens Admirables aux citoyens Déviants. Pour préserver l’harmonie, tous ont subi une lobotomie. C’est la garantie qu’ils n’agiront jamais contre le Système et respecteront les Sentiments, le livre qui régit leur moralité. Et surtout qu’ils ne s’aventureront pas hors de l’enceinte, chez les
Maudits -  ces odieuses créatures qui hantent la nuit de leurs cris inhumains…
Evie, 16 ans, une B, travaille pour le gouvernement et étiquette d’une lettre, jour après jour, l’ensemble des habitants. Promise à Lucas, être froid et distant, parfait A et futur haut dirigeant, elle est en fait amoureuse de son frère Raffy, infréquentable D. Et quand le Système lui ordonne de bannir Raffy sur les terres des Maudits, elle refuse de s’exécuter. Auront-ils la force de s’opposer, ensemble, à la Cité ? (Babelio)


J'ai eu beaucoup de mal a rédiger cette chronique. Pourtant le roman de Gemma Malley a frôlé le coup de coeur. Mais pas tout de suite, puisque c'est seulement à la deuxième lecture qu'il m'a conquise, alos que j'avais arrêté la première faute d'envie. 

On rentre vite mais peu profondément dans l'univers futuriste créé par l'auteur ; C'est peut-être dû à un manque de descriptions, à un décor peu défini, mais cela ne m'a pas empêché d'être proche d'Evie, et ce dès les premières pages. On se ressemble par certains côtés, mais elle n'est pas du tout mon alter ego littéraire et je l'ai trouvé parfois trop passive, à attendre et subir. Quoi qu'il en soit, le début a été fort.

 Fort, c'est aussi le caractère du ténébreux Raffi. Fort, hargneux et grognon, il m'a parfois agacé. Mais on peut lui trouver des circonstances atténuantes, lui qui a grandi exclu, incompris, très seul et aux côtés d'un frère qu'il déteste et considère comme un traître : Lucas, l'opposé de Raffi à tous points de vue, qui vient fermer le triangle amoureux de l'histoire. Ce dernier est prévisible sans être niais et est étonnamment proche de celui de Promise, la saga dystopique d'Ally Condie. 

Je n'en dis pas plus pour vous laisser savourer la lecture, mais ces trois personnages sont un point intéressant du récit. Ce ne sont pas les seuls les acteurs de l'intrigue, et le point commun à presque tous les personnages créés par Gemma est leur psychologie complexe et intéressante. En tout cas ces personnages m'ont plus marquée que l'écriture de l'auteur : sa plume est agréable à lire par sa fluidité, mais elle n'est pas exceptionnelle. Heureusement que Gemma a beaucoup d'idées et qu'elles sont intéressantes : malgré un rythme un peu trop rapide, la trame reste prenante, vraisemblable et facile à suivre. Différents angles de vue enrichissent l'histoire, et j'ai particulièrement aimé le fait que Gemma nous explique comment la société a peu à peu basculé. 

Au sein du récit, passé et présent se donnent la réplique et nous montrent comment les atrocités ont stigmatisé la société, en laissant une marque fer blanc et des vies brisées. Pas de fin vraiment heureuse après ce qui s'est passé. Et ça rend le récit plus réel. 
On reconstruit, on se reconstruit, on a le droit d'être heureux, vraiment heureux, mais pas celui d'oublier. Sans plomber son existence, sans s'arrêter de vivre, on doit prendre soin de ceux qui ont souffert. On doit honorer les victimes et travailler à ce que les horreurs ne se reproduisent plus. Oui, ça semble cliché. Mais c'est tellement facile à dire qu'à faire ! Et vu que la saga continue, je me demande si les prochains volets de cette série parleront de cette reconstruction. 

En attendant, malgré peut-être un très léger sentiment de redite, ce roman n'a fait réfléchir. Je ne partage pas certaines idées de Gemma, mais il m'a fait réfléchir. C'est un roman aux personnages majoritairement complexes et recherchés et à la trame intéressante. Les bonnes idées de l'auteur viennent rehausser une plume agréable mais sans beaucoup de caractère, et l'intrigue est prenante. 
Gemma Malley signe ici un très bon roman de science-fiction que j'ai bien -ou beaucoup ?- aimé.

                                            
Sentiment 26 est le premier tome de la trilogie The Killables, écrite par Gemma Malley et publiée en 2012 aux éditions Hodder & Stoughton en version anglaise.
 Elle a été publiée en français aux éditions Michel Lafon le 12 Avril 2012.
Le roman fait 315 pages et coûte 15 euros à la Fnac.

Gemma Malley a étudié la philosophie à l'Université de Reading (Angleterre). Elle a travaillé comme journaliste et rédacteur en chef de plusieurs revues professionnelles. avant de devenir employé d'Ofsted, l'établissement britannique de l'inspection de l'éducation.
Elle est mariée et vit à Londres.
Gemma Malley a débuté avec un roman d'anticipation pour adolescents appelé La Déclaration (2007), premier titre d'une série de dystopies. (Wikipédia)


Livre lu dans le cadre d'une Lecture en Tandem avec Miel, du blog Histoires en Vrac.
Son avis est à venir.