DERNIERES CHRONIQUES

         


25 décembre 2013

Très joyeuses fêtes ! Et quelques nouvelles...

Après un mois d'absence, je viens ranimer le feu en reprenant le blog en main ! 

Mais avant tout, je voudrais vous souhaiter à tous un très joyeux Noël et une année fantastique. 

J'espère que vous vous porterez bien et que vos examens seront couronnés de réussite. 
J'espère que vous nouerez des amitiés incroyables et que vous ferez d'excellentes découvertes livresques. 
J'espère que vous serez heureux, tout simplement 

Et maintenant, roulements de tambours... 

Découvrez le reportage-photo réalisé à l'occasion du Salon de Montreuil ! Que vous ayez pu vous y rendre ou non, j'espère partager avec vous l'ambiance incroyable qui a régné dans les locaux et les rencontres fantastiques que j'y ai faites. 

En pleine rédaction de chroniques, celles-ci devraient être toutes postées d'ici à la fin des vacances : oui oui, y compris celles en retard. Les Lectures Communes et les Services de Presse, mais aussi des découvertes littéraires faites entre temps et... oh et puis j'ai envie de vous montrer un peu les derniers livres rapportés de la médiathèque : ce sera l'occasion d'une petite vidéo, la première ! A partir de maintenant, je compte publier les rendez-vous littéraires sous la forme d'un petit montage, qu'en pensez-vous ?  

Pour ce qui est des nouveautés sur le blog, j'espère que la bannière aux teintes hivernales vous a plu ! J'ai voulu y mêler la lumière et la glace, tout en gardant l'esprit magique de Noël (le grelot vous rappelle-t-il quelque chose ? Un dessin animé... Un train... Du chocolat chaud distribué à grand renfort de chorégraphies... Le Polar Express !), mais aussi l'encre et le papier.  

Comme vous avez pu le constater, alors que se termine l'évènement sur les héros organisé par Vavi, une semaine à thème va apparaître prochainement sur le blog : elle sera consacré à l'univers d'Harry Potter, et devrait débuter mi-Janvier. 

Pendant ce temps en coulisse, le concours d'écriture avance bien ! Nous avons reçu quatre manuscrits, que le jury est en train de lire et dont il donnera un avis. Et comme prévu, le gagnant recevra son texte imprimé sous la forme d'un livre, avec une couverture unique et la mention "roman"!

Pour finir, quelques mots sur mon absence : j'ai eu besoin de faire une pause en raison de la quantité de travail donnée et d'un peu de démotivation : en effet, j'avais l'impression de ne pas écrire des chroniques agréables, structurées ou intéressantes, et je ne prenais pas de plaisir à les réaliser. Manque d'inspiration, manque de temps, un peu de flemme aussi et puis un retard monstre qui s'accumulait pour les mails et les articles... Je m'en excuse et vais faire de mon mieux pour gérer toussa ^^ 

Et pour terminer sur du joyeux, je voulais vous remercier de votre présence sur le blog, de vos mails et de votre gentillesse ! C'est très encourageant quand on est bloggeur 

15 novembre 2013

LHALH : Dossier : L'étoffe des Héros

Héros, nom masculin
Sens 1 Demi-dieu. Se distingue par ses actions [Mythologie]. Synonyme surhomme
Sens 2 Personne qui fait preuve d'un grand courage. Synonyme brave Anglais hero
Sens 3 Personne qui tient le rôle principal dans une histoire (film, théâtre, livre...). Synonyme personnage (Linternaute.com © )

C’est le dernier mot qui m’intéresse.

Un personnage. Pourquoi Harry, Ewilan, Vango, Matilda, Oksa, toutes ces personnes que nous suivons depuis toujours, sont-elles des héros et héroïnes ?


Et un héros, qu’est-ce que c’est ? Jean-Philippe Arrou-Vignoud nous confiais dans son interview que pour lui, "Un héros, [est] un personnage qui nous ressemble (et à qui, par là-même, on peut s'identifier aisément), mais doué de qualités qui ne sont pas les nôtres et qui lui permettent de réaliser des prouesses dont nous ne sommes pas capables." (Vavi Bouquine ©)

Cet auteur jeunesse a soulevé un point important : un héros est d'abord une personne "normale", sans forcément d'histoires : Harry Potter est un adolescent qui nous ressemble : il doute, n’aime pas certaines matières, tombe amoureux, s’énerve parfois, grandit et mûrit, apprend et s’amuse… mais c’est aussi un héros : malgré la peur, la mort, le danger, il choisit le bien. Il choisit la lutte contre ce qu’il sait être destruction, mal et ténèbres. Malgré le côté manichéen de cette dernière phrase, Harry est l’un des symboles de la lutte du Bien contre le Mal.

En général, nombreux sont les stéréotypes sur les héros : les super héros des Marvel véhiculent l'image de séduisants bienfaiteurs aux muscles impressionnants et au sourire ravageur, qui de plus sont dotés de pouvoirs extraordinaires. En tapant le mot “héros” sur Google Images, on tombe presqu’exclusivement sur des Wonder Woman, des Spider Man ou des Clark Kent. Mais ces héros ne sont qu'une branche des Héros. 

De gauche à droite : Hans Scholl, Sophie Scholl et Christoph Probst en 1942 : trois des fondateurs et membres de "La Rose Blanche". 
Ainsi, on peut également parler de héros de guerre, tels que les résistants lors de la Seconde guerre mondiale : Jean Moulin, torturé par les nazis sans dénoncer de résistants, Hans et Sophie Scholl, deux des fondateurs du mouvement de résistance allemand "Die weiße Rose" (La Rose Blanche) (l’un des fondateurs était Alexandre Schmorell): arrêtés par la Gestapo, ils ont été condamnés à mort avec un autre ami et résistant, membre du groupe également, Christoph Probst, alors qu’ils étaient tous trois âgés d’une vingtaine d’années. Ce sont des héros qui ont toujours servi leurs idéaux, la paix, la tolérance, le respect de l'autre...

Les héros mythologiques quant à eux ont aussi la cote, puisqu'ils sont mis à l'honneur jusque dans les romans de Rick Riordan et au cinéma. Entre parenthèse, il faut dire que la mythologie est une formidable source d’imagination. (C’est vrai, je suis passionnée par les légendes grecques !)


En parlant de héros, voici ce qu’en dit la romancière Charlotte Bousquet : ”Le principe d’héroïsme est un principe qu’on retrouve de tout temps dans la littérature. À commencer par Homère, où l’on définit les héros comme des hommes faisant preuve d’un courage hors du commun.
Le héros nous permet de nous identifier, d’être un miroir de nous-même, mais également de nous montrer une attitude à adopter. Qui ne s’est jamais demandé: «Qu’est-ce que ferait mon héros dans cette situation-là?» Un héros aide à faire des choix, il est notre double et notre altérité et il permet de mieux nous connaître.” (Charlotte Bousquet © )

Et je ne parle même pas des scientifiques (on peut citer le professeur  Jérôme Lejeune), des explorateurs (Amelia Earthart a sillonné la Terre a bord de son avion, réalisant une célèbre traversée de l'Atlantique puisqu'elle était la seule femme à l'avoir fait)...

Un héros-personnage de fiction est donc un être humain, profondément humain, qui accomplit soit à la face du monde, soit dans l’ombre, des actes pour le bien d’autrui. 

Il a des qualités pleine d'humanité : courage, abnégation, le désir d'aider et de ne rien lâcher. Mais un héros a aussi des faiblesses, des doutes, des manques de confiance en lui.  Et c'est parce que les héros sont des humains et non des surhommes qu’on s’en sent proches. Et dans les livres, on s’attache plus facilement aux héros du fait de leur humanité. Honnêtement, est-ce que lire un roman dont le héros est parfait est intéressant ? Je ne pense pas. On s’identifie à quelqu’un qui nous ressemble. 

C’est ce que souligne le journal Le Monde dans ses annales de bacs.
“Le personnage principal du roman [s'oppose au héros antique ou à celui du théâtre tragique : il n'a pas la grandeur et la noblesse des héros légendaires, il ne représente pas la lutte digne face à un destin implacable. De manière nettement moins glorieuse ou grandiose, il] incarne des sentiments et un parcours qui pourraient être ceux des lecteurs.” (Le Monde ©). Toutefois je ne partage pas le point de vue du journaliste dans le passage entre crochets. Un héros est noble. Le choix qu’il fait de se battre contre le mal, même quand c’est dur, quand sa victoire n’est pas assurée, c’est noble. Il est grand par son choix.

Lors de mes recherches, je suis tombée sur le site de Clémence Potier, consacré aux héros de fiction. Elle fait une remarque intéressant : “Un héros peut parfois prendre trop de place dans la vie de l’individu, qui cherche trop à l’imiter au risque de perdre sa propre personnalité. Le risque peut être réel pour certains adolescents de ne vivre que des rôles.” (Clémence Potier © ). 
Un héros doit nous aider à nous faire progresser dans le bon sens, et non à nous “étouffer”. 


Que fait donc un héros, et pourquoi ? Un héros réalise donc des exploits, pour le bien d’autrui, par altruisme, par amour et désir de protéger les autres (ces héros qui donnent leur vie pour que d’autres soient sauvés). Pour en revenir à Harry, il n’a pas choisi de naître et d’être l’Elu. Mais il accepte, avec difficulté parfois, dans la souffrance, le sang, le deuil, mais aussi soutenu, aimé, encouragé, épaulé, de lutter.

Les héros accomplissent des choses, des exploits, plus ou moins visibles et plus ou moins célèbres. C’est en lien avec cette idée qu’il n’existe pas un “type” spécifique de héros. Il y a des héros dans tous les domaines, y comprit dans la vie quotidienne. 

Je n’ai pas la prétention de définir ce qu’est un héros, simplement de donner quelques éléments qui selon moi caractérisent un héros, et laisser quelques pistes de réflexion. 

Et pour finir, voici quelques citations :
« La vie, le malheur, l'isolement, l'abandon, la pauvreté, sont des champs de bataille qui ont leurs héros ; héros obscurs plus grands parfois que les héros illustres”. Victor Hugo.

« Où serait le mérite, si les héros n’avaient jamais peur ? »
de Alphonse Daudet
Extrait de Tartarin de Tarascon

« Les héros aussi connaissent l'angoisse. »
de Gilbert La Rocque
Extrait de Le passager

Stéréotypée, cette image ? Et pourtant... La solidarité, l'aide aux démunis, font de nous des héros au quotidien. On peut tous faire bouger les choses. Alors allons-y !

10 novembre 2013

Black Out


Lac Gunflint, Minnesota, juin 1977. 
L’histoire en mots. 
« Les loups sont lancés à sa poursuite, galopant à travers la neige baignée par la lune, avec leur langue rouge pendante et leurs crocs blancs étincelants...» 
Ben Wilson, sourd de naissance d’une oreille, fait chaque nuit le même cauchemar… 
Mais pourquoi ces bêtes le traquent-elles ainsi ? 

Hoboken, New Jersey, octobre 1927. 
L’histoire en images. 
Rose, une fillette sourde-muette, est seule dans sa chambre. 
Ses parents lui interdisent de sortir à cause de son handicap. 
Rose contemple New York, et découpe des photos retraçant la carrière d'une star dans un magazine…

Ben vient de perdre sa mère, il est recueilli par son oncle et sa tante. 
Le garçon n’a jamais connu son père, il ignore tout de lui. 

Rose s’enfuit de chez elle et se rend à New York. Cachée derrière un paravent,
elle regarde cette actrice qu'elle admire tant...   

Ben découvre, une nuit, par temps d’orage, dans la maison de sa défunte mère, caché dans un placard, un livre sur les musées avec une dédicace : « Pour Danny, de tout mon coeur, M ». Et sur un marque page un numéro et une adresse à New York. Et si ce Danny était son père ? Il décide d’en avoir le coeur net, et saisit le téléphone… Mais, au moment où il colle son oreille sur le combiné, il est frappé par la foudre...

(Résumé tiré du site Babelio)


"Nous sommes tous au fond du trou, mais certains regardent les étoiles."
Black Out est un roman graphique réalisé par Brian Selznick, l'auteur de L'invention d'Hugo Cabret (le livre a d'ailleurs été adapté au cinéma par le réalisateur Martin Scorcese). Et dès les premières pages, on sait que les magiciens existent. Qu'ils savent nous toucher aussi bien avec leurs mots qu'avec leurs esquisses -fussent-elles en noir et blanc. 

Parce que la plume de Brian Selznick est belle et pleine de tendresse, emplie d'un brin de nostalgie et de tant d'authenticité. 
Parce que son crayon est empreint de finesse et révèle un talent immense : il confère aux dessins une vie palpable : un simple jeu de lumière fait pétiller les yeux inanimés des personnages, leur donne un air désespéré ou un sourire rayonnant, nous emmène dans les sombres ruelles new-yorkaises ou dans la salle de cinéma muet d'une petite bourgade américaine. 

L'histoire est faite de fils de vies entremêlés qui se croisent et de personnages qui se rencontrent, sans que nous connaissions les liens qui les unissent. Mais Selznick ménage le suspens jusqu'aux dénouements époustouflants. Des dénouements, et non pas un seul tomber final de rideau. Des chutes surprenantes et inattendues : un peu comme dans les Agatha Christie, où l'on pressent quelque chose sans toujours arriver à mettre le doigt dessus, et ce désir de connaître enfin la solution nous fait dévorer Black Out d'une traite.

En effet, et malgré ses apparences de pavé, surtout ne reposez pas ce bouquin. 
Vraiment. 
Vous passeriez à côté d'un livre exceptionnel, un de ceux qui vous immergent dans l'histoire et dont vous ressortez différent. Les dessins de Selznick prennent aussi une place importante, et tant mieux ! Car ils sont magnifiques : mon seul regret est qu'ils soient parfois imprimés sur deux pages, et donc pliés au centre. Malgré ça, ils nous invitent à nous pencher sur la finesse de leurs traits en regardant les formes qui naissent du graphite. Des lieux. Des visages. Ceux des personnages. Parmi eux... Rose et Ben. Deux enfants sourds et solitaires. Deux enfants débrouillards et courageux, qui malgré leur jeune âge et leur surdité, prennent leur valise et leur courage à deux mains, et affrontent la trop Grande Pomme pour retrouver ce qui leur est cher. 
On se sent assez proche d'eux. Parce que pendant toute notre lecture, on est avec eux. On en sait aussi peu qu'eux, alors on les suit, on déambule, on se perd, on rencontre et on découvre. Avec plaisir. Avec émotion. Avec bonheur. Avec eux.
Si ma chronique est très décousue, Black Out lui garde un fil conducteur et une trame pleine de réflexion et d'émotion.
Alors si vous voyez sa couverture bleu nuit se détacher sur le présentoir d'une bibliothèque ou d'une librairie... foncez ! 


Black Out (titre original : Wonderstruck), écrit par Brian Selznick (traduction faite par Danièle Laruelle), et publié en Mars 2012 aux éditions Bayard Jeunesse. 16 euros 90.


6 novembre 2013

Evénement : Les Héros à l'Honneur ! #LHALH

Un thème récurrent cette année dans l'actualité livresque est celui des héros : le Salon du Livre de Montreuil (qui se déroule du 27 Novembre au 2 Décembre 2013) a ainsi annoncé la couleur en proposant des ateliers à thèmes, avant d'être suivi par divers collectifs et publication qui ont abordé le sujet.

Et du côté de la blogosphère, Vavi, du blog Vavi Bouquine, a organisé un événement auquel Tom du blog La Voix du Livre et moi-même participons.
Au programme de la semaine, vous pourrez lire sur nos blogs respectifs des interviews d'auteurs, mais aussi de héros de fiction, un dossier sur "L'essence des héros" et divers autres articles : finalement, un reportage sur le festival de Montreuil clora l'événement.

Vous pouvez d'ores et déjà vous rendre sur les blogs de Tom et Vavi, où ont été mises en ligne deux interviews d'auteurs et dessinateurs !


26 octobre 2013

Blanche de Castille, future reine de France






 "27 Janvier 1200. La nouvelle est tombée comme un coup de tonnerre. Ce n'est pas Urraca qui va partir avec Grand-Mère pour épouser le prince Louis, mais moi, sa sœur cadette, et je dois me préparer à être reine de France." 

La jeune Blanca de Castille, princesse espagnole au cœur bon et généreux, nous raconte au fil des pages de son journal ses journées, ses pensées, les rencontres qu'elles fait... Et sa surprise lorsqu'elle apprend qu'elle sera reine de France ! Les préparatifs s'organisent tandis que le jour des adieux approche...

 Merci aux éditions Gallimard pour l'envoi de ce livre ! 

Je connaissais la collection "Mon Histoire" pour avoir lu plusieurs de ses livre. Ces journaux de personnages historiques m'avaient toujours plu et intéressé malgré leur côté très jeunesse et ce dernier tome a été à la hauteur des promesses des livres précédents !

D'une part, sa présentation est très soignée : une couverture représentant fidèlement celle d'un cahier ancien, des pages aux rebords découpés de manière rudimentaire... 
D'autre part, il est doté d'une trame historique romancée : l'auteur a réalisé un vrai travail de documentation et son livre fourmille de détails sur la vie d'une princesse au XIIIème siècle, des occupations aux divertissements en passant par les coutumes vestimentaires et la nourriture. 

Pour ce qui est des personnages, ils ne sont pas vraiment approfondis mais ils restent vivants, intéressants et sympathiques. On évolue ainsi aux côtés de personnes aux caractères bien différents, certains ayant existé et d'autres non, mais tous très réalistes. 

Quant au style de l'auteur, il est simple et agréable, et il a le mérite d'être beau. Ses mots font mouche, ses phrases n'ont pas besoin d'être longues pour nous toucher ou nous intéresser. Elle dose avec finesse l'intrigue et les informations, cette lecture est ainsi très agréable. 


Bref, cette lecture m'a vraiment plu : 
destinée à tous en raison de sa plume claire et agréable, c'est une collection que je conseille pour en savoir plus sur ces personnages historiques dont nous parlons en cours : ce livre leur donne une dimension plus humaine et plus vivante, et saura montrer que l'Histoire n'est pas qu'un amas de faits poussiéreux ! 

Blanche de Castille, future reine de France, écrit par Catherine de Lasa et paru le 19 Septembre 2013 aux éditions Gallimard. 112 pages, 9 euros 90.

Les Eveilleurs : tome 1 : Salicande


Pour lire un extrait du livre, cliquez sur la couverture !

Le bourg paisible de Salicande est situé entre les falaises abruptes de hautes montagnes. C'est au cœur de son château biscornu que vivent les jumeaux Claris et Jad : unis par un don de télépathie, ils se ressemblent et différent à la fois. En effet, Claris ne jure que par les aventures périlleuses, les dragons et les quêtes chevaleresques, alors que Jad, qui souffre d'une faiblesse cardiaque, préfère tailler ses bonsaï et pratiquer l'Unir, une discipline mêlant danse et réflexion. 
La trame du roman est fixée dans un monde post-apocalyptique, qui se remet peu à peu des Catastrophes sociales et écologiques qu'il a subit. Et c'est dans ce contexte difficile que des choses surprenantes et inespérées commencent à se produire...

Livre lu en Lecture Commune avec Goutte, du blog Rivière de Mots.


Merci Goutte d'avoir proposé cette LC ! 
Et merci aussi Marinette de l'avoir envoyé lors de notre SWAP (voir les photos) ! 
Vous m'avez toutes les deux permis de sortir ce livre de ma Liste de Livres A Lire et c'est un superbe découverte !! Un vrai coup de cœur, même. 

La couverture a commencé par me surprendre. C'est la première chose que je regarde en choisissant un livre, et là, avec sa texture de parchemin taché, froissé et déchiré, j'ai cru que le livre avait mal vécu le voyage ! Mais non, c'est juste une imitation très réaliste d'une feuille de papier abîmée. Au milieu, une tâche de vert, les ramures verdoyantes d'un arbre éclairé par le soleil, se détache et attire le regard. Et en feuilletant le livre, je remarque la texture fine et douce sous les doigts des pages. Un vrai plaisir !

Mais je me perds ! Je voudrais vous parler de la plume de l'auteur : elle est riche, unique, somptueuse. Elle est faite de mots, de paroles, de sons, d'odeurs, de couleurs, de senteurs et de saveurs, de textures et de moments uniques. On y voit des touches de peintures, on y entend des notes de musiques. Ce sont des rires, des larmes, des sentiments et des émotions, des nuits étoilées et du chocolat chaud, de la laine et d'eau soie, de la toile de jute et du coton... 
Pauline Alphen a entremêlé des fils, tous différents, pour tisser son roman, et la vie elle-même tombe de sa plume. 

Les personnages eux aussi sont vivants.  
Claris n'est pas un garçon manqué mais une fille tenace et habile an manier les armes ou à chevaucher les étalons de son père. Elle est têtue, obstinée et a un fichu caractère... mais je l'aime beaucoup ! Pas sûr toutefois que nous nous entendrions bien !
Jad est plus taciturne, posé et réfléchi, et il a des aspects enfantins aussi bien que mûrs. Ugh, ami des jumeaux, se découvre au fil des pages ; sa mère Chandra n'a pas le calme de son fils, et on imagine bien une femme imposante et néanmoins pleine de tendresse, qui s'active derrière ses fourneaux en pestant contre Blaise, un magicien bourru mais très sympathique. 

Avec ce roman, Pauline Alphen a créé tout un univers, bourré de références à d'autres romans, de personnages et de lieux vivants et chamarrés. Elle fixe un cadre très précis à son histoire, qui tarde à démarrer : l'action ne commence que dans les cinquante dernières pages. Les nombreuses descriptions pourraient également perdre le lecteur, mais ça n'a pas été mon cas : elles sont tellement belles et vivantes qu'au contraire je les ai vraiment aimées !

Avec sa plume reconnaissable entre toutes et son univers unique, Pauline Alphen signe le premier roman d'une saga pleine de promesses que j'aurais plaisir à lire et à relire !


Les Eveilleurs, tome 1 : Salicande, écrit par Pauline Alphen, paru le 24 Novembre 2010 aux éditions Hachette Jeunesse, 528 pages, 14 euros.
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Merci Goutte pour cette LC fantastique, et pardon de mon retard... Vous pourrez trouver ici la chronique de cette bloggeuse adorable !

20 septembre 2013

L'Eau des Anges : Un parfum d'Histoire




Douceline naît en au XIVe siècle à Grasse, une ville de Provence. Elle grandit au sein d'une famille aimante et entourée des effluves des parfums et des onguents que prépare son père dans l'apothicairerie. La jeune fille pénètre ainsi, jour après jour, dans le monde odorant, coloré et fascinant des remèdes et des senteurs, et se découvre une passion en même temps qu'un réel talent pour cette art subtil.

De sa rencontre avec le bel Angelo, un Gênois dont elle tombe amoureuse, naît son premier parfum, une senteur de romarin qu'elle baptise "L'Eau des Anges"... Et malgré le départ soudain d'Angelo, malgré le souhait de mariage de son père, malgré le voyage dangereux dû à la guerre de Cents Ans, Douceline se rend à la foire de Beaucaire afin d'y faire découvrir ses créations... en nourissant l'espoir secret de revoir un jour celui que son coeur a choisi.

J'ai découvert ce livre grâce au Club Lecteurs de mon collège, et il m'a beaucoup plu malgré un petit bémol dont je vais vous parler.

Mais déjà, ce qui m'a le plus plu dans L'Eau des Anges, c'est l'écriture magnifique de l'auteure. Ses phrases sont riches de couleurs, de senteurs, de textures, et de plus elle nous apprend beaucoup de termes employés en parfumerie (au Moyen-Âge), détaillant avec clarté et précision les expériences et préparations réalisées par Douceline. 
Elle décrit avec finesse, nous offrant un aperçu sur la vie au XIVe siècle. 
Bref, cette écriture fluide et belle m'a conquise. 

Toutefois, pour en revenir aux personnages, j'ai été parfois déçue : ils ont des sentiments, des émotions, leurs pensées et leurs caractères, mais j'ai trouvé qu'ils n'étaient pas le coeur et l'âme de l'histoire : ils semblent parfois figés dans leurs paroles et leurs actes, ce qui ne les rend pas toujours très attachants. Et encore une fois, cette romance entre Angelo et Douceline, malgré quelques rebondissements, est tellement prévisible ! Pas que je n'aime pas les happy ends, mais je les préfère plus complexes et plus nuancées. Néanmoins, il faut admettre que Douceline a du caractère et de la personnalité : un peu contradictoire !

Peut-être que cette impression de "figé", de réactions et de sentiments parfois mécaniques sont dus à un déséquilibre entre l'action, les dialogues et la descriptions ? Je ne pense pas, d'autant que la description est si belle qu'elle se même à l'action et ne ralentit pas l'histoire. Au contraire, elle fait découvrir au lecteur le monde des parfums et la vie à cette époque. Peut-être que les personnages n'ont pas été assez approfondi ? C'est possible, vu que le vrai sujet du livre, ce sont les parfums : en effet, l'auteure, Béatrice Egémar, est passionnée par les senteurs et leur histoire. Non seulement ça se voit, mais c'est communicatif

Il y également de nombreuses péripéties qui font avancer l'histoire : Douceline fait beaucoup de rencontres, se fraye un passage...

Ce livre m'a appris beaucoup de choses sur l'univers fascinant des parfums. Et malgré quelques déceptions en ce qui concerne les personnages, la plume de Béatrice Egémar m'a énormément plu

Pour finir, je vais vous parler de la couverture, très jolie et délicate : les tissus colorés utilisés pour les couches de vêtements, le trait précis de crayon, le visage à l'ovale délicat et le geste figé et élégant de la jeune fille... 
La couverture est particulièrement esthétique, et elle a un caractère certain (comparé à certaines couvertures tirées tout droit de Google Images, ça fait du bien de voir que celle-ci a été soignée !). 

Quant à savoir quel est cet objet qu'elle tient du bout des doigts... il suffit d'ouvrir ce roman.


L'Eau des Anges : Un parfum d'Histoire, écrit par Béatrice Egémar, publié aux Editions Galapagos, 14,70 €, paru le 11 Octobre 2011






5 septembre 2013

Jake Djones Gardien du Temps : Tome 1 - Mission Venise

(l'image est de petite taille, mais je n'ai pas trouvé plus grand en édition française)

Alors qu'il rentre chez lui sous la pluie battante après une longue journée de cours, Jack Djones est enlevé par d'étranges ravisseurs : un gentleman en costume et haut-de-forme et son chauffeur en livrée. Ceux-ci ne cessent de répéter qu'ils ne sont pas les ennemis du jeune homme, tandis qu'il l'emmènent dans leur quartier général en Normandie, et plus précisément au Mont Saint-Michel... au XIXe siècle. Mais avant de prendre le breuvage qui lui fera remonter le temps, Jack fait la connaissance de plusieurs personnes ayant comme lui la capacité de se rendre dans différents lieux et époques de l'Histoire : le mystérieux et bourru Jupitus Cole, l'original Charlie Chierveley et son perroquet, ou encore l'odieux Nathan Saint-Honoré, frère de la pétillante Topaze... Et il découvre à sa grande surprise que des membres de sa famille font partie des Gardiens du Temps : sa tante, mais aussi ses parents, qu'ils pensait adultes sans secrets ; sauf que ceux-ci se sont égarés dans les méandres du passé sans donner de nouvelles depuis plusieurs jours... et que, malgré la menace qui plane au-dessus d'eux en la personne du redoutable prince Zedt, les jeunes Gardiens vont partir à leur recherche.


J'ai accepté avec plaisir de lire et de faire la chronique de plusieurs livres dans le cadre du Club Lecteur de mon ancien collège (héhé, je suis au lycée maintenant ! J'espère que vous avez tous passé une super rentrée !) : le premier volume des aventures de Jack Djones faisait partie de cette sélection et c'est une belle découverte ! Je n'avais encore jamais entendu parler de cette saga pourtant traduite en plusieurs langues, et ce premier tome me donne envie de continuer à arpenter les chemins de l'Histoire en compagnie des Gardiens du Temps et de l'Histoire. 

Le Mont Saint-Michel éclairé de nuit.

Même si le thème de ce roman n'est pas nouveau, j'ai beaucoup apprécié ce dernier ; l'un des points positifs majeurs est la plume de l'auteur : Damian Dibben mêle avec subtilité l'action et la description (que j'aime particulièrement : elle pose le décor tout en laissant l'imagination s'évader...) et son écriture fluide et très claire et agréable (j'ai l'impression de me répéter en écrivant ces phrases, de les écrire dans chaque chronique publiée ! C'est perturbant ^^) 

Les personnages sont plutôt sympathiques... quoique pas tous. Nathan Saint-Honoré est vraiment horripilant, dans presque tous ses actes et ses paroles : c'est un personnage attaché à sa pomme, à son paraître, n'ayant aucun respect pour les sentiments des personnes. Grrr, sur le podium des héros les plus casse-pieds, il talonne Bella Swan de Twilight. Quant à la romance entre Jake et Topaze, elle est si évidente que je ne spoile même pas : je ne sais pas ce que vous en pensez, mais je finis par être lasse de ces histoires d'amour si prévisibles. Le seul personnage vraiment complexe et intéressant est le ténébreux (pour ne pas dire grognon ^^) Jupitus Cole. Damian Dibben a réussi à me faire entièrement changer d'avis à son sujet, ce qui est quand même fort. Et l'excentrique Charlie Chieverley est aussi un personnage original, sympathique et très pince-sans-rire !
Je l'ai vraiment apprécié. 

Des personnages un peu stéréotypés, un peu "vu et revu", certains parfois carrément agaçants, ils ne comptent pas entièrement comme points forts. 

La "Rain Room" de Londres

En ce qui concerne les péripéties, les divers lieux où nous nous tenons aux côtés des personnages, ils regorgent d'imagination ! Londres dont les rues pavées s'illuminent sous le feu des lampadaires et les trombes d'eau qui s'abattent. Puis le Mont Saint-Michel de l'an 1820 (ce qui m'a amusée : étant allée dans ce lieu magnifique qui surplombe une étendue sablonneuse et mouvante, j'imaginais les personnages déambulant au milieu des pierres et des maisons que j'y avais vues !), un bateau appelé L'Echappée Belle, puis la sublime Venise et ses canaux de pierre... Et encore une fois, la plume est une belle alliée de l'imagination de Damian Dibben ; le roman compte de très nombreux rebondissements qui font avancer l'histoire en même temps qu'ils nous emmènent vers d'autres lieux...

C'est donc un bon roman, malgré parfois une impression de déjà-vu. Mais je l'ai lu avec beaucoup de plaisir, me dépêchant de le reprendre là où je l'avais laissé quand je m'interrompais. C'est un roman desservi par certains personnages, malgré une belle plume, pas mal d'humour et beaucoup d'imagination.
Jake Djones Gardien du Temps, tome 1, Mission Venise, paru en 2012 aux Editions Gallimard Jeunesse, 456 pages, 15 euros 50, traduit de l'anglais par Luc Rigoureau, paru en 2011 à Doubleday (maison d'édition d'origine)



2 septembre 2013

Joyeux anniversaire, joyeux zanniversaire, joyeux anniversaire Coffee & Books, joyeux anniversaaaaaire !

Aujourd'hui, cela fait un an que Coffee & Books a été créé !


C'est incroyable de voir tout ce que vous lui avez apporté, tout ce qu'il a occasionné, tout ce qu'il m'a permis de faire
les textes et les poèmes publiés, les avis donnés toujours avec gentillesse, nos discussions sur un peu tout, les livres que nous avons découverts ou partagés en lisant et publiant les chroniques, les heures passées à peaufiner ces dernières ou à modifier le design en manipulant le code HTML ou en harmonisant les couleurs de polices et de bannière, les commentaires publiés, les conseils, les encouragements...

Tenir un blog prend du temps mais c'est un temps employé à construire quelque chose de fantastique : et Coffee & Books n'aurait jamais pu évoluer sans vous, votre présence, votre soutien

Je voudrais donc vous remercier de tout coeur : vous êtes des personnes géniales ! 
J'aimerais aussi remercier les maisons d'édition qui m'ont fait confiance, tous les partenaires du blog... Et finalement les écrivains, poètes, scénaristes, dramaturges, et leurs personnages : grâce à vous, nous voyageons, nous découvrons, nous rencontrons, nous ressentons, nous imaginons, nous rêvons... 

Alors, merci !

Et pour fêter ce premier bloganniversaire, je vous ai préparé toutes sortes de surprises... 

Comme vous avez pu le constater, depuis quelques temps Coffee & Books arbore un nouveau design et une bannière ! Des nuances de bois, des tons chauds et des couleurs tantôt vives tantôt plus sobres, de nouvelles images qui illustrent les diverses rubriques, mais aussi une police différente... 
Quant à la bannière, c'est une palette d'images évoquant la lecture, l'écriture, le voyage qu'elles permettent, les univers fantastiques qu'elles offrent... La carte du maraudeur au centre, le panneau indiquant les mondes imaginaires de romans, une lumière allumée surplombant une ville qui s'éveille, l'atmosphère chaleureuse d'un roman que l'on bouquine confortablement installé dans un fauteuil, une bibliothèque où chaque lecteur ouvre une porte en forme de livre, qui débouche sur un monde différent : l'espace, l'océan...

Mais ce n'est pas tout ! Vous pouvez désormais vous rendre ici afin de découvrir la page Facebook du blog. N'hésitez pas à la liker ou à en parler ; et vous y trouverez aussi des liens vers les derniers articles apparus sur Coffee & Books, ou encore les publications à venir et les événements prévus.

Et finalement, à l'occasion du bloganniversaire, j'organise un concours dont le prix est un livre de votre choix dans la collection Poche (néanmoins, les livres trop violents ou trop sombres dont fortement déconseillés). 
Pour participer, il suffit de publier un commentaire en précisant que vous vous inscrivez. 
Les résultats seront donnés Dimanche prochain, le 8 Septembre. En attendant, vous pouvez vous inscrire jusqu'à Samedi 7 à minuit. Le tirage au sort sera effectué via Random.org :)

D'autre part, j'ai décidé de tenir de bonnes résolutions quant aux publications sur Coffee & Books ; les articles apparaîtront donc de manière plus régulière : 
ainsi, au moins deux chroniques seront publiées chaque semaine ; je mettrai aussi en ligne un article hebdomadaire pour le rendez-vous livresque "C'est Lundi Que Lisez-Vous" ; de même, un autre rendez-vous qui avait été un peu délaissé va revenir en force ! Il s'agit du "Clin d'oeil au partenaires", que vous pourrez désormais lire une fois par mois
Dans la famille des articles mensuels, je demande encore le Bilan du Mois qui fait le point sur l'actu du blog, et un article "Vinyle et 7e art" vous faisant découvrir ou redécouvrir un morceau, une chanson ou un film.  
Un sondage mensuel sera aussi proposé, accompagné d'un article où vous pourrez discuter sur le thème du sondage.  

J'aimerais diversifier aussi mes lectures, majoritairement jeunesses, en essayant d'autres genre de lectures, poésies, policier, auteurs classiques, pièces de théâtre, auteurs contemporains, ou encore écrivains de différents pays (en plus, le CDI lycée compte nombre de ces livres du monde entier ^^)

Je compte aussi mettre en place un atelier d'écriture un peu particulier où seront dressés les portraits de personnes tels qu'un passant dans la rue, une danseuse qui s'entraîne avant sa représentation, un personnage de roman arpentant une jungle hostile et luxuriante, un peintre appliquant touche par touche les couleurs de son tableau, une sculptrice les mains maculées de glaise qui extrait peu à peu de la terre une forme, une personne attablée dans un café parisien, regardant les rues baignées de soleil... 
Des esquisses, des traits de vie, de personnes, des instants, des scènes que nous voyons au quotidien sans forcément y prendre garde, mais qui forment ce patchwork magnifique qu'est la vie. 

J'aimerais également interviewer plusieurs auteurs : j'ai déjà quelques idées, mais n'hésitez pas à suggérer des questions ou des interviews à réaliser auprès d'auteurs que vous aimez bien !

Et finalement, même si le blog s'appelle Coffee & Books, j'aimerais aussi publier un article "Littérature et Photo" à thème une semaine sur deux

Voilà, beaucoup de résolutions que je vais m'efforcer de tenir malgré mon entrée au lycée !

Et pour conclure, je vous propose de découvrir quelques chiffres concernant le blog, qui permettront de faire un bilan annuel.

Coffee & Books un après sa création, c'est... 

...49 Bookineurs, et même un peu plus sachant que tous les internautes ne se sont pas forcément inscrits via le gadget Google Friends. 

...1669 commentaires, qui ont permis de discuter, de partager ses têtes ou son avis, et qui ont grandement contribué à la vie si active du blog. 

...229 articles mis en ligne, dont 52 chroniques.

...3 "dossiers", des analyses d'oeuvres ou de genres littéraires. 

...12 rubriques, sans compter les Posts de Dernière Minutes (ou PPDM)

...4 interviews d'auteurs, qui ont accepté avec gentillesse de répondre à nos questions.

...41 074 visites à ce jour.

Merci à vous ! Et Hakuna Matata  ^^

Et en exclusivité, les résultats du sondage Que Pensez-Vous de Coffee & Books ?


4 personnes, soit 8% des votants, pensent que Coffee & Books est un blog normal n'ayant rien de plus qu'un autre blog.
Je suis profondément heureuse de constater que 37 personnes, qui forment 78% des votants, trouvent le blog fantastique !
A cette joie s'ajoute celle de voir qu'aucun votant ne l'aime pas.
5 personnes, soit 10% des votants, ne pensent pas y retourner tout de suite.
23 personnes, soit 48% des votants, veulent s'y rendre plus souvent !
Toutefois, une personne, soit 2% des votants, ne souhaite pas y retourner. 
32 personnes -ou 68% des votants- jugent les chroniques super dans l'ensemble.
J'ai le regret de constater qu'une personne les trouve mauvaises.
Et finalement, deux personnes, soit 4% des votants, ont un avis partagé sur Coffee & Books.

Merci à tous d'avoir voté !



27 août 2013

Il ne faut jurer de rien




Valentin est un jeune homme frivole qui vit à Paris dans les années 1830. Son oncle Van Buck, las d'une énième dette du jeune homme qu'il devra régler à ses frais, décide un jour de le marier à la bien élevée Cécile de Mantes. Mais Valentin a si peur d'être trompé qu'il jure de ne jamais se marier.
Mieux, il veut montrer que la jeune Melle de Mantes peut facilement être séduite par un autre et qu'elle n'est donc pas un bon parti. Mais comme l'indique le titre de la pièce, le stratagème de Valentin pourrait ne pas se passer comme prévu...


J'ai lu ce roman dans le cadre du lycée et il m'a beaucoup plu. 

La couverture est un peu sombre mais les illustrations sont plutôt bien pour une oeuvre destinée à être travaillée en cours. 
De plus, le dossier très complet que l'on peut lire avant le texte en lui-même permet de replacer la pièce dans son contexte historique et social. Cela nous permet de mieux comprendre les personnages, leurs attitudes, leurs paroles...L'auteur et la vie à son époque sont également détaillés, et une fiche de présentation de l'oeuvre est proposée. Le dossier est un peu compliqué car dense et complet, mais si on s'accroche il est très intéressant. D'autre part, à chaque fin de scène (division d'une pièce de théâtre : il y a les actes, eux-même découpés en scènes), sont placées des "Clefs d'analyse" de l'oeuvre, comprenant des questions de réflexion, de compréhension, des points à retenir... Et pour ceux qui le veulent, un dossier final permet d'approfondir l'oeuvre au moyen de photos, d'extraits de textes, de définitions, d'exercices "types Bac"... Une visée très pédagogique.

On ne peut pas dire que les personnages soient vraiment attachants, car on sait très peu de choses de leurs pensées. Malgré cela, on discerne quand même les différentes facettes de leurs personnalités : la sage Cécile de Mantes qui ruse pour parvenir à ses fins, le jeune Valentin, tantôt séducteur sans scrupule, tantôt dandy aimant le faste et les plaisirs du jeu, tantôt amoureux sincère...

L'humour est aussi très présent dans cette pièce, ce qui rend la lecture agréable : Musset le fait naître de quiproquos comiques, de situations amusantes...

Quant aux péripéties et au stratagème de Valentin, on assiste à de nombreux rebondissements qui débouchent sur un dénouement annoncé dès le début par le titre. Mais les changements de sentiments de Valentin à l'égard de Cécile sont assez plausibles et opérés en douceur, par petites touches : il est indécis, se ravise, s'emporte, nie, puis peu à peu tombe amoureux de celle qu'il ne voulait pas épouser ! Un vrai retournement de situation.

Pour ce qui est de la plume de l'auteur, elle est très lyrique, surtout à la fin de la pièce où l'on sent une tendance romantique, courant artistique et littéraire très XIXe. Musset parle de la beauté de la nature, de l'amour. Et sa plume est claire et agréable durant toute la pièce.

C'est donc un livre que j'ai bien aimé.


 Il ne faut jurer de rien, par Alfred de Musset, éditions Larousse, collection Petits Classiques, 143 pages dont enviton 60 pages d'oeuvre.

5 juillet 2013

La Voix du Livre devient partenaire du blog !


L'un des premiers blogs lectures que j'ai visité sur la toile, l'un de ceux qui m'ont marquée, qui m'ont donné encore plus envie de lire..., c'est La Voix du Livre, un blog tenu par Tom depuis bientôt trois ans (il fêtera son bloganniversaire demain !)

Il nous enchante avec des chroniques passionnées sur toutes sortes de romans, nous fait voyager avec ses mots (la sublime Encyclopédie refaite par La Voix du Livre nous parle de senteurs, de saveurs, de voyage, de grains fins de papiers, de poésie...), interviewe avec brio des auteurs et illustrateurs (je retiens particulièrement l'interview de Gilles Francescano, un dessinateur talentueux qui a mis sur papier les univers de Bottero...), et il manie les images avec talent pour créer de superbes bannières et des thèmes colorés !

Je suis très heureuse de te compter comme partenaire ! :)

4 juillet 2013

Everness : tome 1 : L'odyssée des mondes


Everett Singh est un adolescent différent des jeunes qu'il côtoie. Son père lui a donné le nom d'un savant, il organise avec lui des soirées cuisines durant lesquelles ils préparent des spécialités culinaires du monde entier, des plats thaïs aux plats mexicains, ils se rendent ensemble à des conférences de l'Institut d'Art Contemporain, s'intéressent aux nanotechnologies et à la physique quantique.
C'est justement un soir pluvieux comme offre Londres, que Tejendra Singh se fait enlever sous les yeux d'Everett par des hommes vêtus de noir alors qu'il l'emmenait à une conférence de l'ICA. Et quelques heures plus tard, Everett découvre sur Dr Quantum, sa tablette tactile,  un enchevêtrement de noeuds et de fils complexe envoyé anonymement, portant le nom d'Infundibulum, ou une structure creuse ayant la forme d'un entonnoir. Alors qu'il dénoue les fils, il ne sait pas encore ce qui tient dans cette surprenante toile d'araignée. Et devant l'incompétence des autorités policières prévenues, Everett décide de partir lui-même à la recherche de son père. Mais où est-il donc parti, et pour quel motif a-t-on enlevé le savant ?

Je remercie les Editions Gallimard pour l'envoi de ce livre.


C'est peut-être la couverture qui m'a intriguée. Une image verte, une sorte de halo fantomatique entourant un dirigeable sombre qui se découpe dans le clair-obscur pluvieux d'une ville futuriste. Ou peut-être que c'est le titre : Everness, un titre qui rappelle autant l'infini que les brumes écossaises. Mais détrompez-vous, l'histoire ne se déroule pas dans les Highlands. En fait, elle ne se déroule même pas dans notre univers. Ian Macdonald nous emmène dans un univers parallèle après nous avoir démontré la possibilité quantique du Multivers : c'est une théorie (à la mode, serais-je tentée de dire) selon laquelle il n'existerait pas un, mais plusieurs univers. Les scientifiques s'interrogent, réfléchissent à des déformations de l'espace-temps (on peut parler par exemple de la théorie d'Einstein, mais il n'est pas le seul à avoir émis cette idée, qui a été formulée dès l'Antiquité si je me souviens bien, d'après mes rapides recherches). Hypothèse science-fictionniste ? Quoi qu'il en soit, c'est le thème du roman. 

Parlons déjà d'Everett. C'est un adolescent qui doit avoir mon âge ou presque, et qui s'intéresse à des notions incroyablement complexes : plusieurs fois, j'ai du relire des passages pour les comprendre, et il y en a que je n'ai pas compris, même après plusieurs relectures ! Il parle avec aisance et même une certaine poésie de la physique quantique, d'ensembles de Mandelbrot comme celui de la photo ci-contre : c'est un algorithme compliqué trouvé aux XXe siècle, et que je ne saurais pas expliquer ! 

Mais surtout, il est très authentique : contrairement à certains "héros parfaits", il ne parvient pas à rattraper son père qui se fait kidnapper. Il réagit vite, mais comme pourrait le faire un garçon de son âge, a des réflexes très humains. Il cuisine, grommelle, court vite, fait du sport, se dispute, réfléchit... C'est un personnage auquel on pourrait s'identifier par certains côtés ; mais je me suis faite une remarque étonnante : certains personnages de romans que j'aime bien voire beaucoup, ne seraient pas forcément mes amis dans la vie réelle. C'est assez paradoxal, non ? 

La première partie du roman, qui se déroule dans le monde que nous connaissons, est une sorte de scène d'introduction, comme on trouve dans les pièces de théâtre : elle présente certains personnages, la situation de départ et le peu d'éléments en la possession d'Everett : ce mystérieux "Infundibulum", la pop star blonde et le skinhead sorti d'un autre univers (au sens figuré et au sens propre !) qui le veulent absolument, la découverte surprenante d'une Londres ensoleillée qui aurait des ressemblances avec une cité marocaine, et d'Univers E2, E3, E10... dans lesquels on peut se rendre au moyen d'une porte de Heisenberg. 

Mais le roman commence vraiment lorsqu'Everett s'enfuit dans E3, une Londre futuriste et steampunk que j'imagine grise et sombre. Un ensemble de bâtiments anciens, en brique rouge ou foncée, des lumières un peu glauques... La couverture, en fait. Nous y faisons la connaissance de Sen, une gamine vive et délurée qui évolue avec une aisance déconcertante dans les rues et sur les toits de cette deuxième Londres. Elle est très attachante, on l'imagine de petite taille, sans cesse en mouvement !

"Le Londres 'steampunk' d'Ian Macdonald nous en met plein la vue", écrit Paolo Bacigalupi : comme c'est vrai ! L'auteur nous donne plein de petits détails, décrit avec précision et finesse les rues, les personnes, le langage (parfois incompréhensible) des habitants de E3, jusqu'à la recette du délicieux chocolat chaud préparé par Everett. Son roman contient toutes ces petites choses qui font la différence avec un roman où les personnages ne feraient que vivre des aventures, avec une trame sans âme et ennuyeuse. Les personnages sont vivants, différents, ils ont du caractère et on les retient, jusqu'aux commerçants, aux badauds sur lesquels Macdonald s'attarde. 

Il a une plume très talentueuse, manie avec talent (tout du moins, le traducteur Jean Esch a réussi à rendre ou donner un style superbe au roman) les mots : détails, actions, descriptions et originalité, il intrigue le lecteur, le fait vraiment voyager, lui fait vivre les courses-poursuite, les cris, les odeurs, les saveurs, les rencontres, les atmosphères, on vit dans le dirigeable de Sen et de l'équipage, on dort dans le hamac, on boit le savoureux chocolat fondu d'Everett, on manque d'être jeté par-dessus bord... L'une des chutes (celle concernant Tejendra Singh) seule est un peu trop utilisée et réutilisée, au cinéma, dans les romans : je ne vous la raconte pas pour ne pas dévoiler des éléments de l'intrigue, mais son seul atout est qu'elle ouvre à une suite... que j'attends avec impatience !

Everness, tome 1 : L'odyssée des mondes par Ian Macdonald, traduction de Jean Esch, Editions Gallimard Jeunesse, 329 pages. 


Ian Macdonald est né en 1960 à Manchester. C'est l'un des auteurs contemporains de science-fiction les plus talentueux et les plus récompensés. Il est notamment connu pour Brasyl (prix British Science Fiction, 2007). Ian Macdonald vit à Belfast avec sa femme. (Tiré du roman Everness)

"Bona nippes, indiquait l'enseigne au-dessus de la petit boutique miteuse. "Bona : bon, brillant, désirable, cool, indispensable, chouette, se dit Everett. Nippes : fringues chic." (...) Cette boutique n'avait rien de bona en apparence. Derrière Morning Lane, dans l'ombre des dirigeables, s'étendait un dédale de ruelles et d'arcades. De minuscules échoppes, pas plus larges que leur porte d'entrée, étaient blotties les unes contre les autres sous des auvents de toile dégoulinants de pluie qui se rejoignaient presque au centre de la ruelle." (page 159)