
J'ai trouvé ce livre parfait. Flavia est un personnage dotée d'un fort caractère, une jeune fille très humaine et à laquelle on peut s'identifier. Les personnages sont différents, tous très réalistes, on peut volontiers les imaginer.
Et les descriptions m'ont littéralement soufflées : une telle finesse, une telle précision, l'image du voilier scindant les flots déchaînés s'est imposée d'elle-même, tout comme ces Etats-Unis futuristes encerclés par une immense digue sombre. Les aventures des personnages s'enchaînent très vite, on découvre au fil des pages des secrets enfouis, des pistes mystérieuses, des dangers menaçants : je n'ai pas lâché ce livre, du début à la fin, tellement j'étais plongée dans le roman.
Il y a également cette romance entre Chris et Flavia (bon, je vous le dis, mais on part du fait que vous lirez le livre ^^), décrite avec subtilité, avec "pudeur et amour" comme dirait Joseph Kessel. Les deux jeunes gens se découvrent, et c'est le coup de foudre. C'est fort et très beau. Une tétralogie (une saga de quatre tomes) prometteuse ! Je suis partie pour lire toute la saga, et vous tiens au courant !

Océania : Tome 1 : La prophétie des oiseaux, Hélène Montardre, Editions Rageot, 331 pages
« Ils étaient là, dans l'immense cuvette protégée par la dune et par la pinède, prenant possession des lieux comme s'ils avaient toujours niché à cet endroit précis. Ils s'affairaient, transportant brindilles et mousse, piaillant, criant et se disputant, pour édifier le nid qui les abriterait. Alors Flavia oublia le grondement des vagues. Aigrettes, hérons, pluviers, barges, courlis, chevaliers, bécassiers, canards... Anatole lui avait appris le nom des espèces qui évoluaient sous ses yeux. Et quand elle les observait, elle passait dans un autre monde, comme si un mystérieux courant la reliait aux oiseaux, comme si un fil invisible se tendait soudain entre elle et chacun d'eux.
[…]
Mais pourquoi, cette année-là, leur arrivée était-elle aussi tardive ? Cela avait-il un rapport avec la montée des eaux ? Pendant des jours et des jours, ils avaient survolé l'océan, qu'avaient-ils vu ? Est-ce que, de l'autre côté, les vagues gagnaient aussi sur les terres ?
Longtemps Flavia observa le manège des oiseaux. Elle se sentait apaisée. « Tant que les oiseaux reviendront, nous ne risquons rien. » avait affirmé son grand-père.
Et les oiseaux étaient venus.
Cette année encore. »