2 juin 2013

Les Aventures d'Aurian - par Adrien : Chapitre six

Les Aventures d'Aurian  ©
Chapitre 6


Les premiers rayons du jour commencèrent à percer le feuillage des arbres entourant la clairière. Ils arrivèrent dans le visage d’Edna, qui dormait depuis plusieurs heures. Elle cligna des yeux et essaya de se repérer. Où était-elle ? Autour d’elle, de l’herbe, rien que de l’herbe. Au-dessus d’elle, le ciel. Où était passé le toit de sa maison ? C’est alors que tout lui revint : la légende, le trésor, Kylian Aurian, et leur escapade nocturne. Elle tourna sur elle-même mais ne vit aucune trace d’Aurian. Elle se demanda alors où il pouvait bien être allé. Les avait-il abandonnés ? Elle remua encore, et elle  sentit soudain qu’elle était trempée. Elle releva son buste, et vit que la couverture était devenue sombre à cause de l’eau qui l’imprégnait.
  -C’est la rosée, annonça Kylian, qui émergeait de son sommeil. L’humidité de la nuit qui reste sur le sol.
  -Ce n’est pas très agréable, répliqua Edna. Comment va-t-on se sécher ?
Un bruit les fit soudain sursauter, et Aurian surgit de derrière les fourrés, et annonça gaiement :
  -En t’installant au coin du feu pardi !
Il portait un lapin dans une main et un petit panier dans l’autre, et marchait d’un pas assuré.
  -J’ai trouvé des baies sur des buissons pas loin d’ici. La journée s’! Dit-il en se réjouissant.
Edna sentait qu’elle avait un petit creux,  et elle se leva d’un bond. Puis elle se tourna vers Kylian et tira sa couverture, pour aller la faire sécher au soleil. Ce dernier pris soudainement froid :
  -Ah non, supplia-t-il, pas ce coup là ! dit-il en essayant de s’agripper à sa couverture.
  -He si gros fainéant, il est l’heure de se lever ! Donne-moi cette peau que j’aille la faire sécher.
Kylian se résigna, et fini par se lever en grommelant que c’était trop rude pour un premier réveil. De son côté Edna étalait consciencieusement les peaux sur l’herbe, bien au soleil. Puis, elle alla rejoindre Aurian en sautillant :
  -Je meurs de faim ! s’exclama-t-elle en tapant dans ses mains. Qu’est-ce qu’on mange ?
Aurian dévoila le contenu de son panier : des myrtilles, des framboises et des fraises des bois : 
  -On va se régaler, dit-il l’eau à la bouche.
Ils s’installèrent en cercle autour des vestiges du feu de la veille et ils commencèrent leur festin matinal : des œufs, des fruits, du jus de fruit, et de la viande séchée.  À peine eurent-ils fini qu’Aurian pris solennellement la parole :
  -Aujourd’hui commence notre grande aventure, et nous devons nous concentrer sur notre unique but : trouver le trésor !
Kylian, le regard malicieux, ne se priva pas d’ajouter son grain de sel :
  -Tu oublies de dire que nous devons aussi nous amuser !
  -Et moi j’aimerais bien trouver un lynx pour le ramener chez moi, renchérit Edna en mordant dans son morceau de viande. 
Presque vexé que ses deux amis ne le prennent pas au sérieux, Aurian capitula :
  -Bon d’accord, on va s’amuser croyez-moi ! dit-il en arrachant des touffes d’herbe. Je commence !
Et il se jeta  sur ses deux amis en les bombardant de brindilles, bouts de pailles, et autres végétaux proches. Kylian lâcha sa pomme et essaya tant bien que mal de faire une roulade sur le côté afin d’esquiver les tirs incessants de son ami. Peine perdue... Ce dernier continuait de lui jeter des touffes d’herbe sans interruptions. C’est alors qu’Edna, qui avait disparu depuis la déclaration de guerre, arriva avec une énorme quantité de mousse. Elle l’abattit sur la tête d’Aurian en explosant de rire :
  -Prends-toi ça vil gredin ! s’exclama-t-elle !
  -C’est bon je me rends ! Je me rends ! dit Aurian, en essayant de se dégager de toute cette mousse.  J’en ai partout ! s’exclama-t-il en se secouant frénétiquement. Il gratta la terre qui s’était déposée sur sa chemise avec ses ongles dorés, et il reprit la parole :
  -Il est temps de partir maintenant. Essayez de tout remettre en ordre. Moi je vais reboucher le trou du feu et nettoyer nos déchets, c’est Abraham qui m’a dit de toujours faire ça. Et il faut aussi ranger les peaux, dit-il en les voyant du coin de l’œil.
Edna se leva d’un bond et parti en courant :
  -Je vais voir si elles sont sèches !
  -Je vais enlever les peaux d’ours des piquets et je vais refaire les sacs, dit Kylian. On devrait pouvoir partir dans quelques minutes.
Aurian mit les restes de nourriture dans son sac à dos, et rangea soigneusement la pipe-bambou entre deux peaux afin de ne pas la tordre. Désormais, il arrivait presque à faire de beaux cercles en recrachant la fumée et il comptait bien le prouver à ses amis le soir venu. Quand Edna et Kylian arrivèrent avec leur sac sur le dos, Aurian finissait de recouvrir les cendres. Il vit que ses deux amis étaient près, et il proposa de se mettre en route. Ils acquiescèrent tous les deux d’un signe de tête et ils commencèrent à marcher. Ils sortirent de la clairière et s’enfoncèrent de nouveau dans la forêt.

*

Au village, l’ambiance n’était pas de tout repos. Les enfants n’étaient pas revenus, et les parents commençaient à s’inquiéter sérieusement. La veille, ils avaient convenu de se retrouver à l’école pour parler au maître. C’est ce qu’ils firent tous dès le lever du jour. Alors que les parents d’Edna et de Kylian étaient déjà là depuis longtemps, Pénélope et Abraham arrivèrent un peu avant l’heure du début de la classe. 
  -Où étiez-vous passés vous deux ? demanda la mère d’Edna. Le sort d’Aurian ne vous intéresse peut-être pas ? 
Alors qu’elle commençait à s’énerver, le maître sorti de l’école. À la vue des 6 adultes, il fût si surpris qu’il rata la marche. Alors qu’il se redressait, il demanda, interloqué :
  -Mais voyons, que faîtes-vous là ? Quelque chose ne va pas ?
La mère d’Edna parti sur ses grands chevaux et commença à expliquer la situation. Quand elle eût fini, le maître devint livide. Il s’assit sur la marche et releva les yeux en secouant la tête :
  -Je suis vraiment navré. Ce… C’est moi qui leur ai raconté cette histoire. Elle entrait dans le cadre de l’étude des fables et des légendes, mais celle-ci est différente des autres : personne n’a jamais prouvé qu’elle était infondée. 
  -Mais enfin cela ne tient pas debout ! s’emporta le père d’Edna. Comment Aurian et Kylian ont pu croire à une histoire pareille ? C’est insensé !
  -Pour vous mais par pour eux, le coupa Abraham. Leurs esprits ont besoin d’évasion, comme le vôtre à leur âge. Le plus important n’est pas de savoir ce qu’ils ont fait, mais ce qu’ils vont faire, dit-il en se tournant vers le maître d’école. Que leur avez-vous raconté au juste ?
  -Je leur ai lu la légende comme elle est écrite dans les livres, je n’ai rien inventé, répondit-il dépité. Avez-vous remarqué que des sacs manquaient dans vos maisons ?
Le père de Kylian eût comme un déclic, et il prit la parole :
  -Maintenant que vous m’y faites penser, il y a bien ce gros sac en cuir qui traînait toujours dans le corridor. Et ce matin en me levant, j’ai vu qu’il n’y était plus ! Sur le coup cela ne m’a pas frappé, mais maintenant ça sonne comme une évidence…
Sa femme, attristée et de plus en plus inquiète, continua sur un ton descendant :
  -Nos enfants sont partis pour un long périple.
Tous les adultes restèrent de marbre pendant un court instant. Puis les reproches fusèrent. Le maître d’école tentait tant bien que mal de se défendre, mais Abraham coupa court à la conversation :
  -Ecoutez-moi. Nous avons tous quelqu’un de cher qui en ce moment même est peut-être en danger. Je vais essayer de les retrouver, et de les protéger.
La mère d’Edna fondit en larmes :
  -Mais voyons Abraham ! Vous commencez à vous faire vieux ! Jamais vous ne les retrouverez !
Sérieusement vexé par cette remarque, Abraham lui jeta un regard noir. Il embrassa sa femme, tourna les talons, et commença à remonter la pente qui venait vers l’arbre-maison sans dire un mot. 
  -Ainsi donc, nous confions les vies de nos enfants à votre vieillard de mari ? demanda la mère d’Edna, totalement dépitée. J’étais sûre que ma fille n’aurait jamais dû devenir amie avec vos enfants, dit-elle à l’intention de Pénélope et des parents de Kylian.
  -Voyons, Abraham va les retrouver. Dit la mère de Kylian. C’est un homme plein de ressources, je suis certaine que tout ira bien, dit-elle compatissante.
La discussion se termina par un soupir de Pénélope, et tous rentrèrent chez eux.

3 commentaires:

  1. Waw. Je n'étais jamais venu sur ce blog et... j'ai été idiot ! En plus, j'adore le décor !!

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    Réponses
    1. Merci beaucoup ! Et bienvenue :D

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    2. Kakav Kurac : toi tu es sur JB ! ;)

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