19 mai 2013

Les aventures d'Aurian - par Adrien : Chapitre 5


Les Aventures d'Aurian  ©
Chapitre 5

Aurian et Kylian rejoignirent rapidement Edna qui s’était essoufflée :
  -Dis-donc les garçons, vous courrez drôlement vite ! Je suis déjà épuisée !
  -On fait ça souvent, répondit Aurian, heureux que ses heures de vagabondage lui apportent enfin un avantage. On va s’amuser dans les bois presque tous les jours !
  -Et parfois même les nuits, renchérit Kylian, les yeux pétillants de malice, des fois comme ce que l’on est en train de faire, et des fois pour aller observer les étoiles.
Edna n’avait jamais dormi dehors. Elle n’avait jamais regardé les étoiles pendant des heures. Elle n’avait jamais essayé de vivre une aventure comme celle qu’ils s’apprêtaient à vivre. Elle n’avait jamais quitté la maison sans le dire à ses parents, et elle craignait déjà la punition qui l’attendrait à son retour. Mais elle avait laissé un mot tout à fait explicit. Elle était sûre et certaine que ses parents la comprendraient. Peut-être même qu’ils auraient insisté pour venir eux-aussi ! Mais elle n’avait pas proposé, elle voulait vivre cette folle aventure uniquement avec ses deux amis :
« Chère papa et Maman, j’espère que vous ne m’en voudrez pas trop quand vous lirez cette lettre. Je suis partie avec Aurian et Kylian pour trouver un trésor. Vous savez sûrement de quel trésor je veux parler, c’est celui dans la vallée. Je ne sais pas combien de temps ce voyage durera, mais je penserai à vous tous les jours ! J’espère que vous ne me manquerez pas trop ! Et surtout, ne vous inquiétez pas, je suis sûre qu’Aurian et Kylian me protégeront. Je vous embrasse tous les deux.
PS : si je trouve un lynx, je le ramène ! J’ai toujours rêvé d’en avoir un ! J’espère juste qu’il ne sera pas trop sauvage… »
Le petit groupe avançait à travers la pénombre. Sous les arbres qui formaient un couloir sombre, il s’enfonçait toujours plus vers les tréfonds de la forêt. Edna senti son corps tressaillir :
  -Il fait sombre non ? demanda-t-elle sans vraiment attendre de réponse. On ne peut pas s’arrêter et faire un feu ? Je commence à avoir froid, ajouta-t-elle en grelottant.
Kylian sorti une peau de loup de son sac et la posa sur les épaules d’Edna en lui assurant qu’elle n’aurait bientôt plus froid. Celle-ci se sentait à présent à moitié rassurée. Elle avait chaud, il lui fallait maintenant de la lumière. Comme si Aurian lisait dans ses pensées, elle obtint la réponse à la question qu’elle se posait :
  -Il faut que l’on trouve une clairière. Sinon, on ne peut pas faire de feu, au risque de faire brûler toute la forêt en enflammant les arbres. D’ailleurs, je crois qu’il y en a une dans cette direction, dit-il en s’engageant à l’extérieur du sentier.  
En effet, ils arrivèrent dans une petite clairière. Un trou au milieu de la forêt. Les arbres l’entouraient et formaient un cercle presque parfait. Des arbres morts jonchaient la lisière de la clairière. 
  -Ici ça me semble parfait ! déclara Kylian sans hésitations. Je commence à faire le feu, et Aurian, tu peux installer le camp, commanda-t-il. 
  -Et moi ? osa Edna. Je peux faire quelque chose moi aussi ! Elle s’avança fièrement en enlevant la peau de loup, afin de montrer qu’elle n’avait plus ni peur ni froid. 
  -Viens m’aider à tendre ces piquets, demanda Aurian, c’est toujours beaucoup plus facile à deux. 
Ils façonnèrent leur camp en quelques minutes seulement. Quand le feu commençait à crépiter, Aurian et Edna tendaient une peau d’ours entre deux piquets, solidement plantés dans le sol. Quand Kylian arriva vers eux pour leur dire qu’ils pouvaient venir se réchauffer, ils étaient entrain de disposer de la paille, des draps et de petites peaux sur le sol. 
  -Vous pouvez venir, le feu est bien lancé à présent.
  -Allez-y, répondit Aurian, j’ai une petite surprise pour vous, annonça-t-il le sourire aux lèvres.
Il fouilla dans son sac tandis que les autres s’asseyaient au coin des braises. Il tira triomphalement une des pipes-bambou d’Abraham. Il prit ensuite du tabac, des herbes prises au hasard dans la cuisine de Pénélope, et un peu de papier. Puis il alla rejoindre ses amis qui parlaient :
  -C’est beau le feu, tu ne trouves pas ? dit Edna, en contemplant les braises rougeoyantes. 
  -C’est ce que je me dis à chaque fois que j’en fais un, répondit Kylian. C’est comme si chacun d’eux pouvait t’hypnotiser pendant des heures. 
Alors qu’Aurian s’approchait, Edna continuait de s’émerveiller. Puis elle leva la tête, et vit que les mèches dorées d’Aurian scintillaient à la lumière du feu, et que sa pupille droite était brillante comme le soleil. Il s’approcha encore, et ses doigts commencèrent à briller lorsqu’il leva les mains :
  -He les amis ! dit Aurian, regardez ce que j’ai apporté ! C’est une des pipes-bambou d’Abraham ! Il en fume toujours, mais je ne sais pas quel goût ça a. Je me suis dit que vous voudriez peut-être tester avec moi, continua-t-il en allumant le papier, qu’il avait préalablement roulé autour du tabac.
  -Laisse-moi tirer ! demanda Kylian. Je veux souffler de la fumée ! s’écria-t-il joyeusement.
Aurian inspira à l’embouchure du bambou, et une grosse quantité de fumée pénétra dans sa gorge :
  -Pouaaa ! Qu’est-ce-que c’est fort ce truc ! Je vous conseille de ne pas inspirer trop fort, dit-il en toussant à n’en plus finir. 
Kylian inspira, mais en prenant compte du conseil amical d’Aurian, ce qui lui épargna le même supplice. IL trouvait même que cela avait un bon goût. Il inspira à nouveau et passa la pipe-bambou à Edna. Il allait lui conseiller de ne pas y aller trop fort quand elle inspira à pleins poumons. Les deux garçons éclatèrent de rire, en pensant qu’elle allait partir dans une quinte de toux incontrôlable, mais ils furent pris de stupeur quand elle se mit à recracher la fumée en faisant des petits cercles.
  -Où as-tu appris à faire ça ? demandèrent-ils en cœur, les yeux écarquillés de stupeur.
  -Si vous voyiez vos têtes vous n’en reviendriez pas, ricana-t-elle. C’est mon père qui m’a appris, lui aussi il fume. Je l’embêtais tellement, qu’un jour, il a craqué, et il m’a laissé essayer. Puis il m’a appris, et j’y ai pris goût moi aussi. 
  -Apprend-nous comment faire, supplièrent les deux garçons, réduits à l’état de jeunes innocents.
L’idée d’apprendre à des garçons comment faire des bêtises donnait à Edna une impression de toute puissance. Elle allait commencer sa leçon peu commune lorsque son ventre commença à gargouiller :
  -On devrait manger d’abord vous ne pensez pas ?
  -Tu as raison, prenons des forces, s’exclama Kylian en se jetant vers ses provisions.
Aurian quant à lui alla chercher de la nourriture dans son sac. Il ramena du pain, de la viande séchée, et des fruits frais. Ils mangèrent au coin du feu en se racontant des histoires, en continuant à fumer. Tandis qu’Aurian et Kylian essayaient de ne pas tousser, Edna soufflait ses ronds de fumée, en essayant de ne pas pouffer de rire à chaque fois que ses deux amis s’étouffaient à moitié :
  -Il faudra vraiment que je vous apprenne, dit-elle en éclatant de rire.
En guise de réponse, Aurian lui décocha un sourire éclatant, ce qui dévoila une rangée de belles dents dorées qui luisaient au rythme des flammes. 
  -Tu as raison, ce n’est vraiment pas commun que ce soit la fille qui sache fumer et pas les garçons ! finit-il par admettre.
Il laissa son regard sur Edna un court instant, puis il leva les yeux vers le ciel étoilé :
  -Regarde, tu vois cette étoile ? dit-il en pointant du doigt un astre plus brillant que les autres. C’est l’étoile polaire. Elle indique le nord, et elle aide les marins à se repérer en plein océan. 
  -Et elle peut aussi nous aide si jamais nous nous dirigeons vers une mauvaise direction, ajouta Kylian.
Toujours en écoutant les explications de ses deux amis, Edna plongea son regard dans la voûte céleste. Elle ne l’avait jamais regardé comme ça. Depuis une clairière au beau milieu de la nuit. Alors elle commença à fermer les yeux. Elle ne se rappelait pas avoir veillé aussi tard de toute sa vie, et elle sentait la fatigue l’envahir :
  -Vous ne pensez pas qu’il est temps d’aller dormir ? demanda-t-elle.
  -Edna a raison, répondit Aurian. Demain, nous aurons une longue journée ! 
Chacun repris ses affaires et alla jeter ses restes de nourriture dans un petit pot prévu à cet effet. Edna organisa la couchette alors que Kylian remettait quelques bûches dans le feu. Puis, ils se couchèrent tous les trois, Edna se mit au centre. Elle se justifia en prétextant vouloir être sûre de ne pas avoir froid. Les trois aventuriers commencèrent à s’apaiser, et le calme retomba sur la clairière.

*

Les parents de Kylian avaient cherché dans tout le village : pas la moindre trace de leur fils. Ils ne s’étaient pas inquiétés et avaient commencé le repas sans lui. Comme d’habitude, il reviendrait après avoir fini de jouer avec Aurian. Ces deux-là étaient réellement inséparables. Mais alors que la noirceur de la nuit s’épaississait, leurs espoirs s’amenuisaient. Et petit à petit, ils commençaient à avoir peur. C’est alors qu’à l’autre bout du village les pleurs d’une mère s’élevèrent vers le ciel. Elle avait trouvé la lettre de sa fille
  -Qu’allons-nous faire ? demanda-t-elle à son mari entre deux sanglots. Qu’allons-nous faire pour la retrouver saine et sauve ? 
Alors qu’elle n’obtenait aucune réponse, tellement le pauvre homme était dépité, elle sortit de la maison en courant. Puis elle se dirigea vers le centre du village. Un peu plus loin, dans l’arbre-maison,  Abraham et Pénélope ainsi que les parents de Kylian étaient entrain de discuter pour savoir ou pouvaient être leurs fils. Soudain, la mère d’Edna pénétra en pleurs dans le salon :
   -Où est ma fille ? sanglota-t-elle. Où est Aurian ? Ce garnement est-il avec elle ?
Abraham se leva, rassuré à l’idée d’avoir de nouvelles informations, et répondit :
  -Du calme, nous allons trouver une solution !
  -Une solution ? Mais enfin vous n’avez pas conscience du danger ? dit la mère d’Edna en tournant en rond comme un lion en cage, et en agitant les bras dans tous les sens.
  -Mais de quoi parlez-vous ? demanda Pénélope, de plus en plus anxieuse. Où sont nos enfants ?
La mère d’Edna tendit la lettre de sa fille et Abraham la saisit. Après quelques secondes, il releva son regard vers sa femme :
  -Je crois qu’Aurian a de nouveau une idée derrière la tête… Dit-il, à la fois soulagé et quelque peu paniqué. 
  -Fais-moi voir ça ! dit Pénélope en arrachant la lettre des mains d’Abraham. 
Elle lut le petit manuscrit et blêmit.
  - Quoi ? s’exclama-t-elle. Un trésor ? Mais où est-il allé chercher ça ?
  -Nous n’en avons aucune idée, répondit le père d’Edna, totalement décomposé.
Le pauvre homme alla s’asseoir dans un fauteuil en osier, et il enfoui son visage dans ses mains. Abraham le vit, et pensa, compatissant, qu’il devait agir :
  -Allons bon, écoutez-moi, dit-il, nous allons attendre une nuit. Aurian et Kylian sont déjà partis très souvent pendant une nuit. Ils seront sûrement là demain matin.
  -Abraham ? Avez-vous perdu la mémoire ? demanda la mère de Kylian. Avez-vous oublié leur escapade de 3 jours ?
  -Je ne vais pas vous mentir en vous disant que non. Je vous avoue aussi que j’avais moi-même eu très peur pour eux. Mais soyez compréhensive : ils ont besoin de s’amuser ! Si ils faisaient ce que je faisais moi à leur âge, vous les enfermeriez ! 
  -Mais ils ne sont pas vous ! Ils ne savent pas vivre seuls dans la nature !
  -J’ai appris à Aurian tout ce qu’il faut savoir, soyez sans craintes, dit-il presque blasé. Et Kylian le côtoie tellement qu’il en sait au moins autant que lui ! 
Alors que la mère d’Edna s’apprêtait à reprendre la parole, il prit les devants :
   -Je vous assure que votre fille n’encourt aucun risque. Notre vallée est sure, et Aurian sait comment dormir à la belle étoile.
LA mère d’Edna commença à se calmer, et ses gestes devinrent moins brusques. Elle s’arrêta au milieu de la pièce, et, en laissant retomber ses bras le long de son corps, elle demanda :
  -Alors que devons-nous faire ? 
  -Nous allons attendre demain matin. Et si jamais ils ne reviennent pas pendant la nuit, nous irons voir leur maître d’école. Il saura nous donner d’autres informations.
Le père d’Edna sorti sa tête de ses puissantes mains. Il leva vers le vieil homme un regard entre haine et espoir :
  -Comment pouvez-vous en être aussi sûr ? demanda-t-il surpris. Vous lisez dans les esprits ?
  -Non, bien sûr que non voyons, répondit-il en prenant une voix calme. J’ai simplement vécu plus longtemps que vous, et je sais qui peut aider dans telle ou telle situation. Faites-moi confiance, dit-il à l’intention de tous.
Les parents d’Edna se résignèrent à la décision du doyen et repartirent chez eux. Ceux de Kylian restèrent un peu :
  -Êtes-vous certains qu’ils ne courent aucun risque ?
  -On ne peut plus, assura Abraham, le regard emplit de sagesse.

*

Au milieu de la clairière, les trois enfants étaient allongés sans bruit. Mais aucun d’eux ne dormait. Edna, entre ses deux amis, réfléchissait. Elle réfléchissait à ce qui pouvait arriver. Et si un loup les attaquait ? Et s’ils se perdaient ? Et s’ils manquaient de nourriture ? Et s’ils ne trouvaient aucun indice ? Elle pensait à tous les incidents qui pouvaient survenir, et cela l’empêchait de s’endormir. Kylian de son côté, pensait aux anciens guerriers. Il s’imaginait arborant une armure flamboyante portant une longue épée à la lame effilée, s’appuyant sur son lourd bouclier de métal. Il se voyait  au sommet d’une colline. Il examinait le champ de bataille et évaluait les forces ennemies, qui s’entassaient en masse de l’autre côté de la plaine. Des hommes armés jusqu’aux dents. Nombreux. Nombreux mais peu entraînés. Il s’imaginait en train de se retourner, de contempler ses fiers compagnons. Il s’imaginait entrain de crier l’ordre de charger, de courir aux côtés de ses frères d’armes, équipés de la même armure que lui, de la même lame et du même bouclier. Il se voyait déjà arborant le casque du chef ennemi, vaincu et gisant à terre. Il s’imaginait marchant vers la cité dorée qui s’élevait déjà au coin de l’horizon. Kylian était en marche vers elle quand il s’endormit. Aurian quant à lui réfléchissait aux méthodes à utiliser le lendemain matin. Ils devaient rester près de la rivière, comme le lui avait appris Abraham, afin d’avoir un point d’eau à proximité en toutes circonstances. Il leur fallait également chercher des recoins susceptibles d’abriter une cachette. Combiner marche rapide et observation, analyse sérieuse des environs et cueillettes de fruits, conjectures sur l’emplacement probable du trésor et bagarres avec ses amis. Il arriva au pays des rêves en pensant à tous les tours qu’il pourrait faire à Kylian et Edna. Alors, il n’y eut presque plus aucun bruit dans la petite clairière, et le calme crépitement du feu ainsi que la respiration posée des garçons rassurèrent Edna, qui sombra à son tour dans un profond sommeil.
Alors qu’ils dormaient depuis déjà plusieurs heures, le hululement d’une chouette, les couinements des rongeurs et les craquements des branches réveillèrent Edna. Prise de panique, et croyant voir des ombres dans tous les coins, elle secoua Kylian. Celui-ci ne bougea pas d’un pouce et se mit à parler en dormant :
  -Non… Laisse-moi dormir encore un… encore un… encore un peu…
Attristée par le manque chronique de soutient de la part de Kylian, elle se tourna vers son second compagnon:
  -Aurian ! Réveille-toi ! J’ai peur…
En sortant de sa torpeur, Aurian réussi à balbutier quelques mots :
  -Mais qu’est-ce qu’il y a ? Tu n’arrives pas à dormir ? demanda-t-il inquiet.
  -Ce n’est pas ça, répondit –elle, j’ai entendu du bruit.
Aurian regretta alors de ne pas avoir fait d’excursion d’entraînement avant. Edna ne savait rien de la nature, et il comprenait tout à fait le fait qu’elle puisse avoir peur. Lui-même avait était effrayé toute la nuit lors de sa première expédition avec Abraham, il y a quelques années de cela. Il se leva et alla remettre du bois dans le feu. Les flammes repartirent, et firent briller la chevelure du jeune garçon. Puis, il s’assit en tailleur à côté de son amie :
  -Je vais monter la garde si tu veux, dit-il. Je n’ai plus trop sommeil.
Edna, très touchée par cette attention, ne savait plus trop quoi répondre :
  -C’est vrai ? Mais tu n’es pas obligé ! Je ne vais pas t’empêcher de dormir ! Après tu seras fatigué demain et ça sera ma faute…
Aurian sourit à cette idée :
  -Ecoute, de toute façon je ne pourrai pas dormir si je te sais paniquée. Alors dors sereinement pendant que je surveille les alentours, dit-il en saisissant la pipe-bambou de sa main droite. J’ai de quoi m’occuper, ajouta-t-il en mimant des ronds de fumée.
Edna se mit à rire, ce qui manqua de réveiller Kylian. Elle reposa sa tête sur le sol et chuchota quelques mots :
  -A demain alors…
Et Aurian répondit la même chose, en allumant le bout de la pipe avec les braises encore rouges.

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