5 mai 2013

Les aventures d'Aurian - par Adrien : Chapitre 3


Les Aventures d’Aurian ©

Chapitre Trois



 Abraham fut réveillé à l’aube par les pleurs d’Aurian. Il accouru dans sa chambre, et il le vit en train de se tordre le dos en criant. Il s’approcha de lui :
   -Aurian ? Où as-tu mal ?
   -Au dos, sanglota-il entre deux hoquets.
Abraham le consola, et il regarda la cause du malheur du petit garçon. Une petite tâche dorée encore liquide au milieu de sa colonne vertébrale.
   -Rendors toi mon petit, c’est fini, le rassura-t-il. Ça ne te fera plus mal.
   -Est-ce-que c’est la même chose que sur mes mains ? demanda Aurian. Est-ce-que ça restera pour toujours ?
   -Je pense que oui, admit le vieil homme. Le regard fuyant l’évidence. Maintenant retourne te coucher.
Et Ils repartirent dans leurs lits. Mais aucun des deux ne se rendormit. Quand le coq chanta le matin en réveillant le village, Aurian était à la fenêtre. Il regardait le village encore endormi. La vieille femme entra dans la chambre et fut très surprise de voir qu’elle était la dernière levée :
   -Qu’est-ce-que tu fais debout ? demanda-t-elle.
Aurian s’approcha d’elle, son pouce dans la bouche :
   -Je n’arrivais plus à dormir, déclara-t-il.
   -Aller, viens prendre ton petit-déjeuner, ordonna-t-elle, on a une longue journée bien remplie !

Aurian avala son lait et sa salade de fruits en quelques instants seulement. Il demanda s’il pouvait aller jouer, et la vieille femme accepta en souriant. Elle se revoyait arpentant les chemins et les collines. Traversant les ruisseaux, les rivières. Grimpant dans les arbres, faisant des cabanes. Elle revivait tous ces instants en regardant Aurian. Elle finit de ranger les pots et les petits pains pour le repas de midi et elle sortit. Comme à chaque fois, elle se fit une frayeur en arrivant au bord du plancher donnant sur le vide. « Décidément, jamais je ne me ferai à cette maison perchée dans un arbre ». Elle descendit les escaliers, et se mit à chercher Aurian. Il ne lui fallut que quelques secondes pour identifier les cris de détresse d’une poule. Aurian la poursuivait en agitant un bâton et en riant aux éclats.
    -Aurian ! Reviens ici ! cria-t-elle. Nous allons être en retard !
Le petit garçon répondit de sa petite voix aiguë :
   -Mais maman, j’allais l’attraper !
   -Tu en trouveras d’autres ! Et il ne faut pas attaquer les poules du voisin, je te l’ai déjà dit.
Le petit garçon retourna vers sa mère adoptive, en jetant un dernier coup d’œil à la pauvre poule qu’il avait martyrisé une matinée durant.
   -Dis maman ? On pourra avoir des poules ? demanda-t-il tout sourire.
   -Pour qu’elles meurent de stress au bout de deux jours ? Non merci !
Aurian fut un peu triste d’apprendre cette nouvelle. Les poules ne vivaient donc que deux jours ? Voilà  quelque chose de surprenant. Il était pourtant persuadé de revoir les mêmes poules pendant plusieurs semaines. Peut-être que les poussins ressemblaient exactement à leur mère ?
La vieille femme pris Aurian par la main, et ils partirent vers le centre du village. C’est devant une petite maison en bois qu’ils s’arrêtèrent. Il y avait deux poutres verticales autour de la porte qui soutenaient un balcon au premier étage. La maison était ornée de fleurs, devant la façade comme sur le balcon. Il y avait même des petits arbres qui poussaient sur le toit.
   -Bonjour Pénélope, comment vas-tu?
   -Je vais bien merci, je t’apporte un nouvel élève.
Aurian restait caché derrière la robe de Pénélope. Son pouce dans la bouche, et la tête baissée, il n’osait pas regarder l’homme qui venait de sortir. Soudain il sortit de sa cachette :
   -Maman ! Je ne veux pas y aller ! dit-il. Je veux continuer à jouer avec les poules et Abraham.
   -Mais ici tu pourras jouer, répondit l’homme. Il y a plein d’autres enfants, tu verras.
   -Est-ce-que les autres enfants savent faire comme les poules qui ont peur ? demanda-t-il, plein d’espérance.
   -Non, mais vous pourrez chasser les poules ensembles, dit l’homme avec un sourire.
En apprenant cette nouvelle, Aurian lâcha sa mère et partit immédiatement à l’intérieur de la maison en rigolant. Pénélope alla vers l’homme, et lui demanda :
   -Tu n’étais pas sérieux j’espère, à propos des poules.
   -Je crois bien que c’était un des seuls moyen pour le faire entrer. Et comme ça la rupture n’a pas été trop difficile.
   -Je ne dirai pas ça… Il est partit sans même me dire au revoir, dit-elle le regard triste.
   -Je comprends ce que tu ressens, mais ne t’inquiète pas ! Il sera soulagé de te retrouver tout à l’heure.
Pénélope sourit et le remercia :
   -Je suis désolée, mais je dois y aller. Encore merci !
Et elle partit, non sans jeter un dernier regard à la petite maison. « J’espère qu’il s’amuse bien ».

Aurian courrait dans le couloir. Il entendit du bruit dans une pièce, et il décida de  s’y engouffrer. Là, il vit d’autres enfants, une douzaine tout au plus. Ils jouaient tous ensemble : un jeune garçon était au milieu, les autres étaient en cercle autour de lui, et ils imitaient tous ses gestes. Aurian n’avait encore jamais vraiment joué avec les autres. Il s’avança en prenant une grande bouffée d’oxygène pour se donner du courage :
   -Je peux jouer ? demanda-t-il un peu inquiet. Inquiet pour lui mais aussi pour les autres. Il savait qu’il était un peu différent. Il savait qu’il avait de l’or sur les mains. Abraham lui avait dit que sa différence pourrait effrayer quelques personnes. Mais maintenant, il ne pouvait plus reculer. Tous les enfants se retournèrent, impatients de savoir qui serait leur nouvel ami. Mais au lieu d’obtenir une réponse, Aurian ne reçut que des regards le fixant intensément. Tous les enfants inspectaient son menton.
   -Qu’est-ce-que c’est ? demanda un garçon prénommé Kylian. Une tâche ?
   -Ça brille trop pour être une tâche, répondit une fillette.
   -Ça te fait mal ? renchérit le petit garçon, qui paraissait fasciné par le menton doré.
Aurian ne savait pas quoi répondre. Il ne savait pas que sa tâche se voyait aussi bien.
   -Non, je n’ai jamais rien senti. Mais c’est pareil avec mes mains, déclara-t-il en levant les bras.
Tous les enfants s’approchèrent de lui, et ils regardèrent attentivement ses paumes. Ils étaient tous émerveillés :
   -On dirait de l’or, déclara une fillette, Ça brille ! Elle avait les yeux qui pétillaient d’admiration.
Aurian, au milieu du groupe, se sentait écrasé par tous ces regards, et toutes ces questions. Les autres enfants l’avaient entouré, et il ne pouvait presque plus bouger.
   -On joue maintenant ? demanda-t-il dans l’espoir qu’ils le laissent tranquille.
Tous les enfants partirent se remettre en cercle en sautillant. Et Kylian s’approcha d’Aurian :
   -Je t’explique : tu vas au milieu, et tu fais des gestes. Celui qui n’y arrive pas est éliminé. Tu verras c’est très drôle, surtout quand c’est les filles qui perdent.
   -Pourquoi ? demanda Aurian en souriant.
   -Parce qu’elles ne font que de dire qu’on est des tricheurs ! On commence ? demanda-t-il en arborant un sourire qui lui montait jusqu’aux oreilles.
Alors qu’ils se mettaient en cercle, un adulte entra dans la salle :
   -Pas tout de suite les enfants, dit la voix grave du maître d’école. Vous jouerez après la classe. Nous allons juste faire les présentations.
Tous les élèves se présentèrent les uns après les autres. Arriva le tour d’une petite fille aux cheveux châtains. Elle paraissait très timide, et elle n’arrêtait pas de tordre et retordre un bout de sa robe.
   -Je m’appelle Edna… Et toi ? demanda-t-elle en le regardant de ses yeux noisette.
Aurian n’avait pas réfléchi à la manière dont il comptait se présenter. Mais il pensait que son nom suffirait :
   -Aurian. Je m’appelle Aurian !
Les présentations se finirent ainsi et les enfants se mirent alors en demi-cercle autour du maître, et celui-ci commença la leçon. Aurian l’écoutait avec attention, et il essayait de ne pas perdre une miette de ce qu’il disait.

Pendant ce temps, dans sa grotte, Abraham pris sa plume et ouvrit son carnet :
« Sur ses paumes, son menton, ses orteils, et maintenant son dos. Je ne sais pas où ça sera la prochaine fois. Mais une chose est sûre, on ne pourra bientôt plus passer à côté. Il faut à tout prix que cela ne le gêne pas. »

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