19 mai 2013

Interview - Timothée de Fombelle répond à nos questions !

Je pense que c'est la publication que vous attendiez le plus dans cette semaine. Sans vous faire attendre plus longtemps, voici  l'interview réalisée auprès de Timothée de Fombelle !


 

Suite à une demande d'interview, j'ai contacté la maison d'édition Gallimard Jeunesse et ai pu poser quelques questions à l'auteur de Vango et de Tobie Lolness. Les voici :

Coffee & Books : Dans quelles circonstances aimez-vous écrire ? De quelle ambiance avez-vous besoin ?
Timothée de Fombelle : J’ai longtemps écrit dans des bibliothèques. Je partais le matin pour rejoindre ces lieux calmes et remplis de livres. Je ne consultais rien, mais je profitais des bonnes ondes des bibliothèques ! Depuis quelques mois, j’ai un atelier. Un peu comme un artisan, je suis heureux d’avoir cet espace qui me ressemble et où je peux écrire, bricoler, inventer mes univers. Mais le comptoir d’un café me sert souvent à sortir de mon ermitage.

C&B : Quel est le premier roman que vous ayez écrit (sans que celui-ci soit forcément publié) ?
T. de F. : Enfant et adolescent, j’écrivais surtout du théâtre. Mes premiers textes se sont donc envolés dans des représentations éphémères… Je me souviens de quelques titres : Fifre et tambour, ou Un ange passe.

C&B : Sur quoi travaillez-vous en ce moment ? 
T. de F. : C’est un véritable grand écart entre différents projets. Je termine un scénario de bande dessinée qui se passe dans les années 50 ainsi qu’une adaptation pour un orchestre symphonique de mon roman Céleste ma Planète. Mais je suis surtout dans un grand roman autour des Contes de fées, pour lequel j’ai encore beaucoup de boulot.

C&B : Quelle relation avez-vous avec vos personnages ? De qui vous inspirez-vous pour les écrire ? 
T. de F. : Mes personnages deviennent mes intimes, mais je ne crois pas qu’ils sont inspirés de mes proches. En tout cas, quand il s’agit de les quitter à la fin d’un projet, je suis terriblement nostalgique. Vango et Ethel, par exemple, ne m’ont toujours pas quitté.

C&B : Comment vous est venue votre vocation/métier d'écrivain ?
T. de F. : Par le jeu. Enfant, j’écrivais des livres comme on bâtit des cabanes. Et puis, en prenant l’habitude d’écrire, nos outils se perfectionnent. Mais j’ai mis longtemps à me dire que c’était un métier.

C&B : Quel a été le "livre-déclic" ? 
T. de F. : Difficile de me souvenir… Je crois qu’un petit livre comme Mon Bel Oranger (José Mauro de Vasconcelos), lu vers 10 ou 11 ans, a énormément marqué mon imaginaire.

C&B : Quel est actuellement votre livre de chevet ?
T. de F. : Ce n’est pas très moderne ni très original : Les Mémoires d’Outretombe, de Chateaubriand. Voilà une vie qui est pleine de tant de vies ! 

C&B : Si vous deviez partir précipitamment et emporter seulement trois livres, quels seraient-ils? 
T. de F. : Oh la la ! Quelle question piège ! Si c’est pour toujours, j’emporterais des livres qui sont des réservoirs infinis de vies et d’histoires, Les Essais de Montaigne ou la Bible, tout simplement. Je prendrais aussi les œuvres complètes de Rimbaud. Mais si je partais pour un mois, je relirais trois livres de Dumas : les Trois Mousquetaires, Vingt ans après, et le Vicomte de Bragelonne.

C&B : Ecrivez-vous plutôt avec un stylo ou sur l'ordinateur ? Avez-vous un carnet avec vous pour noter les idées qui jaillissent ? 
T. de F. : J’écris assez vite sur un ordinateur en lâchant mes cahiers, mais l’aventure commence toujours sur du papier. Des petits carnets, puis des plus grands, au fur et à mesure que mon projet se construit. 

C&B : Qu'est-ce qui qualifie selon vous un écrivain ? 
T. de F. : Un mélange de doute et de confiance en soi. Il faut plonger en soi pour y puiser de la matière, mais il faut être sans arrêt dans une autocritique qui va aiguiser l’écriture, balayer les clichés.

C&B : Que vous a permis votre métier ? 
T. de F. : Je pensais que c’était un métier sédentaire et solitaire, et ma grande surprise c’est que l’écriture m’a conduit au contraire à beaucoup de voyages et beaucoup de rencontres. Tobie Lolness, par exemple, m’a conduit, grâce à ses 29 traductions, de Prague à Rio, en passant par Helsinki, Londres, Milan. Et les plus belles rencontres, en dehors de celles avec des lecteurs, sont artistiques. Mon travail avec François Place, l’illustrateur de Tobie, est un grand bonheur. La découverte de libraires magnifiques, d’éditeurs, de bibliothécaires m’apporte aussi beaucoup.

C&B : Quel a été votre parcours professionnel (bac, études...) ?
T. de F. : J’étais un élève plutôt littéraire, mais j’ai voulu prendre le risque de mettre quelques chiffres dans ma formation en passant un bac économique. Puis retour aux lettres par l’hypokhâgne et la khâgne, et je suis devenu enseignant quelques années tout en continuant à écrire.

C&B : Faites-vous lire vos premiers jets à votre famille, vos amis ? 
T. de F. : Je fais lire une version qui me semble assez achevée. Jamais trop tôt… Et je suis très à l’écoute des remarques de mes plus proches.

C&B : A quelles occasion rencontrez-vous vos lecteurs ? (Prochainement ?)
T. de F. : Il m’arrive de me balader entre collèges, salons et bibliothèques. Mais j’essaie de mettre l’écriture au cœur de mon activité. Je serai par exemple pour la première fois aux Imaginales, à Epinal en mai. Au salon de Nice en juin, je crois. Le reste du temps, j’écris !

C&B : Que conseillez-vous à des jeunes qui veulent écrire ? 
T. de F. : De chercher leur chemin d’écriture, leur propre voie. De ne pas oublier le lecteur en route, d’essayer d’entraîner ce lecteur dans leur aventure. Et puis d’essayer de faire en sorte que l’intensité de l’écriture existe à l’échelle du livre, du paragraphe, de la phrase.

C&B : Avez-vous un mot pour les lecteurs de Coffee & Books ?
T. de F. : Etant donné que j’aime exactement autant le café et les livres. Le mot que je leur dis tient en neuf lettres : CONTINUEZ !



Merci à Timothée de Fombelle et à Mme Cuissot !



4 commentaires:

  1. Génial ! Merci beaucoup Safran pour ce (ou cette ? ("interview" est-il un mot masculin ou féminin ?)) super(be ?) interview et merci à Timothée de Fombelle d'avoir répondu aux questions posées.
    Une adaptation pour un orchestre symphonique de "Céleste ma Planète" ? Wa, ça doit être impressionnant et magique !
    Merci pour tous ces conseils, ces réponses. Et pas de problèmes, je vais continuer à lire, à écrire, à aller sur C&B ! J'adore ça !

    Au fait, merci Safran pour cette belle semaine consacré à Timothée de Fombelle. De très belles chroniques ont été publiées. Merci et bravo !

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  2. Très bel interview, qui me donne encore plus envie de lire un livre de l'auteur =)

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  3. Une interview super intéressante ! Merci !

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